Pour le foie, c’est le Tennesse.

Le WSJ a révélé hier que Steve Jobs avait bénéficié d’une transplantation hépatique il y a deux mois.

Pour ce faire, il a déménagé de Californie au Tennesse.

Pas parce que l’air y est plus pur, mais parce que le délai d’attente sur liste y est plus court (48 jours, contre 306 au niveau national en 2006).

Je ne connais pas du tout les modalités d’inscriptions aux EU, mais en France, le choix des candidats se fait localement, ce qui explique la grande disparité entre les régions. Par contre, l’attribution d’un organe se fait, sauf exception technique, sur un plan national.

Je me suis bien sûr intéressé au cas des transplantations cardiaques.

La médiane d’attente sur liste était de 3.5 mois entre 2003 et 2007.

La mortalité sur liste d’attente, en 2007 a été de 9.3%, soit une incidence de 27.72 pour 100 malades, par an.

La médiane du délai d’attente en mois varie beaucoup entre les centres, de 1.3 à Rennes à 28.2 à Toulouse.

Comme le rapport le précise, il faut bien se garder d’en tirer des interprétations hâtives, puisque ces chiffres sont influencés par des tas de paramètres, comme le groupe sanguin, les critères d’inscription sur la liste, l’activité chirurgicale, le bassin de population drainé, l’épidémiologie des cardiopathies…

Notamment, un centre qui sera très restrictif aura un délai très court (avec probablement une mortalité annuelle élevée), puisque la demande sera faible. Par contre, il y aura bien plus de patients hors liste, sans espoir de greffe. Un centre « laxiste » aura, lui un délai très long avec une  mortalité annuelle relativement faible.

Comme toujours, la vérité est probablement médiane.



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Le rapport « Bilan des activités de prélèvements et de greffes en France » pour 2007 (dernières données disponibles) est disponible en téléchargement ici (Pdf 6.91 Mo).

Un portail permet d’en consulter plus facilement les chapitres.

Matt and Kim

(merci Nine)

Angel Heart.

Post-opératoire

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce patient que j’avais un peu « molesté » en mars.

Il vient d’être opéré de son anévrysme et de sa bicuspidie.

Avant de relire mon compte rendu de consultation pour le côté médical et ma note pour le côté humain, je ne me souvenais plus du tout de lui.

Pas lui. Quand je suis entré dans sa chambre, il se souvenait de mon nom et était très content de me voir.

Sa chirurgie s’est très bien passée, et comme beaucoup de patients, il a le sentiment de s’être très largement « sur-inquiété » avant une chirurgie, certes lourde, mais qui se passe très bien dans la grande majorité des cas. Il est sorti de réa à j3, et aujourd’hui, à j10, il gambade dans les couloirs. Seule une petite douleur le taraude un peu au niveau de sa cicatrice de sternotomie.

Je suis content de l’avoir secoué un peu quand je vois le résultat actuel.

Par contre, je crois que je vous l’ai déjà dit, mais j’ai une mémoire dramatique des noms et des visages des patients.

Ce monsieur dont je n’avais plus aucun souvenir en est un exemple. Ce matin, la fille d’un monsieur X désire me parler au téléphone. Je demande à la cantonade dans quelle chambre il se trouve. L’un de mes confrères hausse les épaules, l’autre me dit gentiment que c’est un de mes patients du cabinet.

Uhmm uhmm, je prends, passe la moi…

Le premier qui a haussé les épaules m’a alors trouvé le surnom parfait: Doris Dory.

Vous vous en souvenez?