La mort d’un blog.

Peu parlent de la fin de leur blog, hormis dans un laconique mot de la fin avec en général une allusion qui reste impénétrable pour l’immense majorité des lecteurs. Par définition, un mot de la fin n’entraîne pas de longs développements…

Le plus souvent, les auteurs laissent leurs blogs à l’abandon, ce qui, si j’en crois mon agrégateur est de plus en plus fréquent (et encore, j’enlève assez régulièrement des flux non mis à jour depuis plus de 6 mois). C’est pourquoi l’article du NYT dont je vous propose la lecture est intéressant.

L’article cite quelques raisons, les « endogènes »: plus le temps, plus l’envie, et aussi les « exogènes »: celles de ceux qui ont cru transformer leur blog en tiroir caisse, ou en tremplin vers l’infini et au-delà. Il ne faut pas non plus sous-estimer le glissement de l’intérêt médiatique vers Twitter ou les réseaux sociaux. Et encore, j’ai un pronostic réservé pour ces derniers. Qui parle encore de Second Live Life (merci Otir!) ?

Je vois aussi le phénomène de dominos dont ne parle pourtant pas le NYT, et qui accélère pourtant le mouvement: moins il y a de blogs, moins ceux qui restent ont envie de continuer. Moins de diversité de lecture, moins d’occasions de rebondir sur son propre blog, et en général ceux qui arrêtent ne commentent plus non plus; l’arrêt d’un blog paupérise la blogosphère. Pas de quoi lancer une campagne de sensibilisation mondiale, mais c’est ainsi.

Je pense aussi que le système des flux RSS y est pour quelque chose. Quand vous n’écrivez rien, plus personne vient vous lire. Alors bien évidemment, vous pouvez en imaginer deux effets pervers opposés: écrire pour meubler pour continuer à avoir des visiteurs, ou au contraire de moins en moins écrire car vous avez le sentiment que plus personne ne vous lit. Dans les deux cas le blog va dans le mur.

C’est aussi je vois d’un œil curieux un nouveau type de blogs, les commensaux des grands médias dont un excellent exemple est le journal « Le Monde ». Si vous lisez la page d’accueil du site de ce journal, vous remarquerez que beaucoup d’articles sont en fait des notes de blogs écrites par des personnes extérieures au journal. Parmi eux j’adore Martin Vidberg et Transnet.

Bon moyen pour un journal de remplir une page à moindre coût, mais surtout très paradoxale évolution d’un media qui se voulait différent des medias traditionnels…



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Blogs Falling in an Empty Forest, by Douglas Quenqua. The New York Times, published: June 7, 2009.