Le Tipp-Ex

Un Bic, un Tipp-Ex, une règle (en fait ma règle ECG), ma trousse était prête.

Comptant sur mon téléphone portable, je n’avais pas emporté de montre. Je n’en porte plus depuis des années. À force de chercher la montre parfaite, je l’ai rendue idéale. Cet oubli aurait pu être pénible et suscita une petite panique lorsqu’un collègue de DIU me fit très justement remarquer, juste avant de rentrer dans la salle que nous serions probablement obligés de garder nos portables dans les sacoches.

Heureusement, en rentrant dans la salle je remarquais une grande horloge numérique à chiffres rouges.

Bref, je repassais un examen.

De toute évidence, pour les appariteurs et surveillants de cet amphi de Bichat, c’était aussi la première fois depuis des temps immémoriaux qu’ils faisaient passer un examen. Il manquait les listes des étudiants des deux autres facs et l’administrative n’avait préparé logiquement que un tiers des places. L’appariteur, de la hauteur de sa considérable importance m’a toisé et ne voulait pas me faire rentrer dans la salle car mon nom n’était pas sur la liste. Je lui ai tendu ma convocation, mais il a jugé que ce n’était pas une preuve suffisante en m’épelant bien le mot convocation, au cas où je n’ai pas compris l’énormité de ma prétention. Ce n’est qu’en constatant que je n’étais pas le seul qu’il a daigné me faire rentrer. J’ai écrit mon nom et signé en face sur une feuille blanche sans montrer une quelconque preuve de mon identité. Du travail de pros. Ils devraient passer un DIU d’examens.

La préparation de ce DIU m’a fait revenir en 2004, date de mon dernier examen écrit.

C’est quand même drôle, les examens…

C’est comme un sport, il faut s’entraîner pour réussir, et quand on s’arrête, ça fait mal avant de pouvoir « retrouver ses sensations », comme disent les sportifs quand ils veulent dire quelque chose sans avoir à réfléchir.

J’ai passé des heures devant mes diaporamas et ce qui me semblait non mémorisable l’est devenu. J’ai retrouvé le plaisir de me souvenir dans l’ordre de listes de mots qui ouvrent d’autres listes de mots, comme autant de tiroirs: intérêt psychologique, effet anti-thrombotique, antiarythmique, anti-ischémique, prise en charge des facteurs de risque (je suis quand même assez fier de m’en souvenir, dans ce TGV, sans effort, 7 jours exactement après l’examen). Je me souviens même de la diapo illustrée d’une photo avec quatre patients pédalant devant un poster montrant un paysage montagneux. Dans le cours sur l’artériopathie des membres inférieurs, j’ai appris jusqu’à une arborescence à trois niveaux. Disséquer les cours en suivant les titres et les sous-titres, écrire les listes sur une feuille de papier en faisant appel à ma mémoire vive, faire des pauses quand tout devient confus et que l’esprit vagabonde, autant de sensations qui sont devenues, durant la préparation de l’examen, ma madeleine. Avoir un objectif, rester concentré, bien dormir, mais aussi douter quand tout s’embrouille et qu’il semble impossible de trouver le bon tiroir devant la future feuille blanche, tout m’a rappelé mes examens passés.

C’était un DIU, pas l’internat. Je n’y ai passé aucune nuit, que des après-midis ou des matins. Je n’y pensais pas tout le temps non plus, et surtout j’espère bien ne pas en rêver au moins une fois chaque mois comme je le fais de mon internat depuis 1997. Mais en parlant avec les autre étudiants, comme moi sortis depuis longtemps de la course d’obstacle des examens, je me suis rendu compte que nous avions tous eu les mêmes sensations.

De l’examen lui même, j’ai retrouvé l’impression d’une série d’apnées durant lesquelles l’impression du temps qui passe disparait. Et pourtant il passe, rendant nécessaire le retour périodique à la surface pour savoir le temps qui reste. Une grande inspiration, on plonge dans une question, retour à la surface pour regarder l’heure, on replonge pour la question suivante…
Je me suis réservé les 20 dernières minutes pour me relire, sûrement le moment le plus horripilant d’un examen. On a tout donné (ou rien) et on ne pense qu’à laisser derrière soi l’épreuve (qui porte ainsi très bien son nom), mais il faut rester pour se relire.

Finalement, ce ne sont pas les heures passées en solitaire devant un écran, les doutes, les angoisses qui m’ont laissé le pire souvenir. C’est d’écrire trois longues heures. Je n’écris quasi plus au stylo depuis bientôt 13 ans. Mes plus longs textes manuscrits sont désormais les trois lignes écrites dans les fiches d’appréciation des internes tous les six mois ou de temps en temps quelques mots laconiques sur la carte fantaisie ornée d’un illusoire « on pensera toujours bien fort à toi » d’un membre du personnel de la clinique qui part. Et comme j’ai toujours mal écrit, forcer sur le Bic pour écrire lisiblement pendant trois d’heures a été un petit supplice chinois.

A la fin de l’examen, mon vieux cal du majeur droit était rouge et douloureux.

Je me suis positionné pour un autre diplôme l’an prochain, un DU de coeur artificiel/assistance cardiaque. Mais j’ai bien veillé à ce qu’il n’y ai pas d’examen écrit à passer, seulement un mémoire.

La Disparition

Ça faisait longtemps que je voulais emmener mes deux ados à Auschwitz. Personne dans les deux familles n’a été déporté, mais ce qui s’y est passé fait partie de nous tous. J’avais finalement une notion de devoir de mémoire, mais, avant d’y être allé, cela restait assez théorique pour moi.

Et puis, j’ai croisé des oeuvres comme l’immense Shoah, La mort est mon métier, La liste de Schindler, dans une moindre mesure Le roi des Aulnes, et surtout Maus. Nous avions aussi regardé tout un tas de documentaires.

L’extermination en masse dans les camps de la mort ne m’était donc pas inconnue, ni d’un point de vue théorique, ni d’un point du vue viscéral, surtout après Shoah et Maus

Avant de partir à Cracovie, j’étais un peu inquiet de ce que la visite des camps de Auschwitz allaient nous faire, aux ados et moi. À ce jour, je ne sais toujours pas, nous ne l’avons pas encore évoqué.

En fait, j’ai été surpris de notre visite. Je ne m’attendais pas à cela. Je m’attendais à une visite émotionnellement difficile à supporter. Des moments ont en effet été difficiles, mais le côté un peu parc d’attraction de la visite a permis de prendre un peu de distance et de ne pas se retrouver seul devant l’horreur. Même avec les écouteurs, entourés de touristes et de guides, certains moments sont difficiles à supporter. La salle des cheveux de femmes, qui montre derrière une grande vitrine les 2 tonnes de cheveux retrouvés par les libérateurs soviétiques est terrible. Le guide nous a demandé de ne pas prendre de photos, par respect, mais je pense que cette consigne était inutile. Les monceaux d’objets personnels, lunettes, chaussures, brosses, blaireaux, ustensiles en émail, les photos anthropométriques des déportés, les cellules du sous-sol du bloc 11, et tant d’autres choses sont poignants, mais les cheveux, c’est au-delà de tout.

Visiter Auschwitz I et Auschwitz-Birkenau (Auschwitz II) nous a permis de toucher du doigt un moment terrible de l’histoire humaine commune et de nous rendre compte. Par exemple, je connaissais la rampe et le processus de sélection à l’entrée des convois pour l’avoir lu et vu dans des films des dizaines de fois. Mais je n’arrivais pas à me rendre compte de ce que c’était, et finalement, je ne connaissais rien. La visite m’a permis de toucher la rampe, et c’est poignant. Certains visiteurs touchaient les chambranles des portes des blocs, je l’ai fait aussi.

Je vous conseille de regarder ce web documentaire qui explique la solution finale par le prisme des deux extraordinaires albums de clichés (l’album d’un officier nazi et celui de Madame Lili Jacob) qui sont de rares témoignages photographiques de ce qui s’est passé. Il faut avoir Firefox pour accéder au site, que j’ai trouvé un peu fouillis, mais j’y ai retrouvé ce que j’avais vu. Je vous conseille aussi ce site qui se concentre sur l’album de Madame Lili Jacob.

Pour finir, le guide était vraiment remarquable de précision et de justesse. En nous quittant, ils nous a dit quelques mots: Il est important de venir voir les camps d’Auschwitz, car il y a de moins en moins de déportés qui peuvent encore témoigner. Dorénavant, nous pouvions le faire et ainsi prendre leur relais afin d’assurer le rôle de passeurs.

La charge est trop lourde, et je ne m’en sens pas digne. Voici quelques clichés qui reflètent ma visite. Allez-y, la visite est difficile, mais elle me paraît indispensable pour comprendre et ne pas oublier.

Je commence volontairement par cette image prise à Cracovie d’un panneau « Auschwitz Tours » (avec le pack mine de sel) qui m’a choqué et qui fait peur pour l’avenir du site. 

Le vieux quartier juif de Kazimierz. Bâtiments laissés en l’état et cafés branchouilles s’y côtoient.

Le parking du site de Auschwitz I, des milliers de touristes (dont nous).

L’entrée de Auschwitz I et l’alignement des blocks.

J’ai recherché ce qu’était devenu Monsieur Daniel Pinette. Il est arrivé à Auschwitz par le convoi 62 du 20/11/43 et il est décédé à Dachau le… 11/04/45. C’était un être humain.

 Une copie des minutes de la conférence de Wannsee, avec le tableau des objectifs. Un coin de ciel bleu au dessus.

Le couloir qui montre quelques centaines de photos anthropométriques (parmi des dizaines de milliers) de déportés est éprouvant. Regardez les dates d’arrivée et de décès.

Ce cliché, pris dans le fameux couloir montre parfaitement ce qu’est parfois une visite à Auschwitz.

Une chambrée avec les lits d’origine, et les fantômes qui nous entourent.

La chaussure rouge qui m’a fait penser à la robe rouge de la petite fille dans le film La liste de Schindler. Les valises sur lesquelles les déportés marquaient consciencieusement leurs noms pour pouvoir les récupérer après la douche. Monsieur Karel van Gelderen était musicien. Ce site regroupe quelques informations sur sa vie. L’histoire de sa famille s’est arrêtée à la Shoah. Monsieur Hermann Wetzler , né le 26/10/1881 est décédé fin octobre 1944.

Des boites de Zyclon B.

Le block 10, dans lequel s’est déroulé une partie des expériences réalisées par des médecins de Auschwitz sur des déportés. C’est à la suite de ces horreurs que le Code de Nuremberg a été rédigé en 1947.

Le block 11, autre enfer dans l’enfer. C’est ici, dans une cellule disciplinaire , qu’est mort le Père Maximilien Kolbe. C’est aussi dans ces sous-sols qu’a été testé pour la première fois le Zyclon B le 03/09/41.

Le lieu d’exécution de commandant du camp.

Le corps de garde de l’entrée de Auschwitz II (Auschwitz-Birkenau). L’image, connue entre toutes est tellement écrasante que j’ai été très surpris de voir le bâtiment, si petit, écrasé lui même par la taille du camp.

L’intérieur du Block de la mort, qui est un enfer dans l’enfer de Auschwitz-Birkenau. Pas par son emménagement qui est identique aux autre blocks, mais car les femmes, jugées initialement aptes pour le travail lors de la sélection initiale, qui y étaient conduites étaient vouées à la chambre à gaz ou à y mourrir de faim. 

Les rangées de baraques en pierre. Des baraques en bois, il ne reste que les cheminées.

Au bout de la voie ferrée, juste à côté des chambres à gaz/crématoires II et III.

Encore un autre enfer dans l’enfer, mais il y en a tant…

Pour finir, la rampe de sélection, simple espace de terre battue, mais c’est exactement ici que tout se jouait dans l’espoir et le soulagement des déportés d’être enfin arrivés quelque part après un terrible voyage dans les wagons à bestiaux. Derrière moi l’entrée des trains sous l’arche du corps de garde. À ma gauche, la « vie », l’entrée dans le camp après être passé à l’épouillage. Tout droit les chambres à gaz/crématorium II et III. À ma droite, les chambres à gaz/crématoriums IV et V.

Messieurs et Mesdames,
Nous savons que vous êtes très fatigués, que vous avez eu un voyage
très long et épuisant.
Aucune nourriture ni eau n’abondait.
Nous sommes désolés, mais ce n’est pas notre faute.
Maintenant, c’est du passé.
Nous allons vous mettre dans un camp.
Tous vivront dans des conditions normales.
Nous sommes désolés de devoir vous donner quelques mauvaises nouvelles. Vers le camp, où vous allez vivre et travailler, il y a environ 3 km et il se trouve qu’aujourd’hui nous n’avons pas de transport. Aussi nous vous demandons maintenant que :
Toutes les femmes, mères avec leurs enfants en dessous de 14 ans, tous les hommes malades ou handicapés se placent à gauche.
Le reste, capable de travailler, et donc capable de marcher jusqu’au camp, restera placé sur la droite du quai.


Source.

Annonce de service importante.

Je comptais vous le dire lundi, mais finalement, je ne vois pas trop d’intérêt à attendre plus. Je vais bientôt supprimer Grange Blanche.

Ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête, j’y reviendrai plus tard. Depuis quelques temps, je me suis un peu retiré des réseaux sociaux en supprimant mon compte Facebook, en passant temporairement mon compte Twitter en compte privé…

Il y a quelques mois, j’ai rencontré des gens formidables, dynamiques, qui m’ont donné envie de changer d’orientation professionnelle. Pourtant, on partait de loin, car ces gens ont souvent fait l’objet de mes sarcasmes. À force de les critiquer, j’ai commencé à comprendre leur point de vue, et que c’est moi qui étais dans l’erreur.

Finalement, une opportunité professionnelle fabuleuse s’est présentée juste à ce moment là. La vie est pleine de cercles rouges…

Çakyamuni le Solitaire, dit Sidarta Gautama le Sage, dit le Bouddah, se saisit d’un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit
« Quand des hommes, même s’ils l’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge.»
RAMA KRISHNA

Je les ai contactés, ils m’ont pardonné, et ils ont accepté ma candidature, je serai bientôt (à la fin de mon préavis), un futur chef de département biostatistique chez Servier.

Pourtant, je n’étais pas très confiant initialement. D’abord ma formation de cardiologue, car ils n’ont jamais développé de traitement dans ce domaine. Au contraire, ils ont dit, nous comptons créer un département cardio-vasculaire afin de commercialiser des molécules open-innovantes issues de la recherche Servier.

Ensuite, je leur ai dit que je n’avais comme bagage biostatistique qu’un DU de lecture critique des essais cliniques, et 2-3 MOOC. Encore mieux, ils ont répondu, on va te nommer en plus rédacteur en chef de Cardiologie Pratique, puis ils ont éclaté de rire en me tapant dans le dos et en entonnant il est des nôôôtres…

Un dernier tour à Tours (elle était facile)

Ma semaine de DIU de réadaptation cardio-vasculaire à Tours se termine dans quelques heures. J’ai passé une excellente semaine et j’ai découvert des gens formidables. En premier lieu les organisateurs du DIU et l’équipe de réadaptation du Centre Bois-Gibert.

Ce centre, un des tous premiers en France, construit sous l’impulsion de Mireille Brochier, reste pionnier depuis sa création. Leur travail auprès des patients, mené de pair avec une activité soutenue de publication scientifique modifie la perception de la réadaptation.

La réadaptation cardio-vasculaire n’est pas une maison de repos à la fois pour patients et cardiologues désadaptés. C’est un véritable traitement actif qui dans certaines indications, notamment les cardiopathies ischémiques est aussi efficace qu’un IEC ou un bêta-bloquant.

Ils cherchent un cardiologue d’ailleurs, si vous êtes intéressés, contactez-les.

Je me suis glissé discrètement dans le ventre de Gargantua pour revivre ce qu’est le PACES:

Encore quelques photos de la très belle ville de Tours.

Tours est très belle, et très tranquille. Le contraste avec l’agitation brouillonne de Marseille est saisissant. Ici, les voitures respectent les passages piétons, même de loin. Je suis assez mauvaise langue, car dans certains coins de Marseille, les voitures ralentissent aussi aux passages piétons; c’est souvent une Audi A3 noire, une vitre teintée se baisse, et…

Tours semble aussi s’être figée dans les temps, quelque part entre le moyen-âge, colombages et gothique flamboyant, le XIXème, sa gare et ses riches demeures, le début XXème avec de beaux vestiges d’art-nouveau. Après, pas grand chose, hormis des horreurs années 70-80 (l’UFR Rabelais, rue des Tanneurs…). Pas de biotech, de fintech, pas de e-healthmachin, nous sommes dans la ville des vénérables « Maisons ». Maison Hardouin, Maison Lelong… A propos de cette dernière, j’ai cru comprendre qu’elle était à l’origine de la dernière innovation majeure enregistrée à Tours depuis la fin de la guerre: l’ajout de pépites de chocolat sur ses fabuleuses brioches.

Je suis très taquin, je suis certain que Tours est le berceau de tas d’innovations, mais en si peu de temps je n’ai pas pu les entrevoir. (Pour mes lecteurs marseillais, je suis aussi un peu moqueur: quand une Audi noire ralentit à un passage piétons, c’est parfois pour réellement vous permettre de traverser-il paraît…-).

Bords de Loire. Curieux choix de nom de rue. C’est quand même à Proudhon que l’on doit le fameux La propriété, c’est le vol. Assez étonnant dans la très bourgeoise Tours.

La photo est nulle, mais la scène m’évoquait un Brueghel. J’aurais appelé cette photo « instabilité ».

Drôle de nom pour un restaurant universitaire…

En marchant vite, j’ai cru lire L’expérience Macron. La drogue…

Poursuite de mon DIU de réadaptation à Tours (2)

La semaine s’écoule tranquillement et j’aime de plus en plus cette ville. J’en viendrais presque à la comparer à l’incomparable Lyon. Je la traverse matin et soir en variant les itinéraires pour aller suivre les cours de DIU. Voici quelques photos glanées ça et là.

Les hôtels particuliers du Boulevard Beranger. On s’imagine volontiers que les notables tourangeaux y organisent des messes noires orgiaques. Depuis l’ancien régime où les nobles devaient en effet occuper leurs très longues journées d’oisiveté par des parties fines (le cabinet érotique de Catherine II est éloquent) les gens s’imaginent cela, surtout dans les petites villes. Je pense plutôt qu’ils doivent passer leurs journées à ouvrir et fermer leurs volets.

J’ai toujours aimé le charme mélancolique des vieilles enseignes qui devaient faire la fierté du patron dont le nom s’affichait si grand, petit Ozymandias de quartier, ou des écorchés de maisons. Qu’avait-il sous ce toit? Qui a peint ces fleurs qui décoraient un couloir, qui allait où? Qui déambulait dedans? Ces images me rendent la mort très présente.

Juste à côté de Bretonneau à la limite de Tours et de La Riche. L’affiche doit rendre les habitants de cette dernière assez nerveux.

Suivez les pointillés. Que donne la figure vue de haut?

Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas (Alphonse Allais).

Les énormes Gargantua et Pantagruel.

Quelques diapos en vrac des souvent excellents cours. Parfois y a des trucs un peu bizarres mais le niveau est vraiment top. Je trouve des tas de bonnes idées à appliquer afin d’apporter aux patients la meilleure réadaptation possible. Entre les cours je téléphonais ma liste de courses à mon directeur (cycloergomètre à bras, doppler crayon…).

Ma très sympathique voisine kiné s’est parfois un peu perdue en route (je n’ai pas fait mieux, je twittais à ce moment). Je crois me rappeler qu’elle m’a dit que c’était un zentangle.

Je pense à toi.

Une autre vue du superbe jardin botanique de la ville.

Je ne suis pas facilement influençable, je n’ai pas regardé. (peut-être demain). Tours a par ailleurs une forte tradition compagnonnique.

Franc-maçonnerie et filles à poil, ce libraire aime le mélange des genres. C’est typiquement tourangeau?

Tours, c’est la ville où le passé fit tellement partie du présent qu’on y trouve des plaques de médecins morts depuis des lustres.

La tour Charlemagne.

Poursuite de mon DIU de réadaptation à Tours

Quelques impressions glanées ça et là à Tours et en cours (désolé pour les rediffusions pour ceux qui me suivent sur twitter).

La Briocherie en face de la gare de Tours. Institution dont le décor n’a pas changé depuis pffff des lustres. Pas grave, au contraire, une bonne partie du charme de cette petite boutique vient de là. Sinon les brioches sont délicieuses. J’ai tweeté dessus ce matin en partant, et l’effet madeleine de Proust a joué à fond:

J’étais au départ du 4 foi-sans ce matin à St Gatien.

Promenade dans le vieux Tours.

Le monstre a des choses à dire…

La plaque du sixième centenaire dira que Jeanne d’Arc a été hébergée à ces coordonnées GPS. En 1929, ils voulaient vraiment associer la sainte et Tours.

Quetzalcóatl a lui aussi fait une halte à Tours. Tours, une Citée d’Or?

Des internes marchant d’un pas très caractéristique dans une coursive de Bretonneau. Comment définir le pas de l’interne? Difficile à dire mais quand je l’étais je marchais ainsi.

Le jardin des simples du superbe parc botanique de la ville. J’ai repéré quelques plantes sympas: millepertuis, colchique…

Le nom des 2 énormes amphis de PACES est étonnant. Quels meilleurs noms que ceux de deux dévoreurs pour une année qui dévore ses étudiants?

Les cours sont été très intéressants et variés cette première journée. On passe du pratique à des points beaucoup plus techniques.

Sujet capital pour les patients. Comme toujours dans les cas complexes, le bon sens prévaut. Un des messages à faire passer aux patients: l’activité sexuelle est une activité physique comme une autre. Un sédentaire qui n’a aucune activité physique ne peut que favoriser une situation d’échec.

Pour conclure, si vous vous intéressez à la réadaptation cardio-vasculaire, je vous conseille la lecture de ce BEH de décembre 2016. On y lit que la réadaptation, malgré toutes les recommandations est encore trop largement sous-utilisée en France, que la situation est très hétérogène selon les régions, et on voit enfin une claire montée en puissance de l’HDJ.

Carryology

J’aime beaucoup le terme anglais de carryology, que j’ai emprunté à un fabuleux site qui s’intéresse donc à la science du portage.

Je cherchais depuis quelques temps un moyen de porter mes affaires professionnelles et un Mac Book Air.

Mon sac à Dépêches est toujours aussi somptueux après 4 ans d’utilisation intensive, mais l’intérieur est beaucoup trop délicat pour transporter un ordinateur portable avec des tranches, des arrêtes et des coins. D’ailleurs, vivre avec un sac à dépêches nécessite tout un tas de petites habitudes ou rituels difficiles à suivre consciencieusement en voyage.

1En effet, pas question de le poser par terre ou même hors de vue. Au restaurant, par exemple, je le pose à plat sur une chaise, sinon entre mes mollets, reposant sur mes chaussures, ou entre le dossier et mon dos. Je dois toujours penser à ne pas le faire frotter contre une surface rugueuse quand je marche, je mets mes clefs et tout objet agressif dans des trousses… Bref, parfois, l’étiquette à la cour de mon cartable est un peu difficile à suivre.

2Ce sac à dépêches reste une merveille, un chef d’oeuvre intemporel, qui ne cesse de me plaire, malgré une utilisation continue depuis 4 ans et quelques servitudes quotidiennes. Avec l’âge, il a pris de l’embonpoint, comme moi, mais lui, il a vieilli magnifiquement.

Revenons à ma recherche du sac parfait pour mon utilisation.

Je me suis mis en quête d’un sac secondaire pouvant transporter sans inconvénient un ordinateur portable et mes affaires, solide, et peu exigeant. Enfin, ce n’est pas le plus important, si possible pas trop moche.

3J’aurais pu prendre n’importe quelle sacoche en nylon, mais je préfère largement les matières naturelles. J’avais aussi envie de sortir des sentiers battus en évitant les grandes marques. Et puis, qu’est-ce qui est plus excitant qu’une chasse à l’objet parfait? 

8 9(Le rabas à pression est très pratique lorsque l’on ne veut pas fermer constamment son sac avec la (très) grosse fermeture éclair.)

Après quelques clics, je suis tombé sur un fabricant comme Bleu de chauffe. J’ai été séduit par le « Fabriqué en France », mais l’artificialité de la marque et son absence d’histoire m’ont un peu rebuté. Je suis peut-être passé à côté de quelques chose, car les quelques revues sur leurs produits sont plutôt positives. Je cherchais un objet utile, avec si possible une légitimité et une histoire qui font que cet objet soit plus qu’un simple assemblage de matériaux. Or, pour toutes les marques, la fausse patine se voit rapidement et on ne peut pas s’inventer une histoire centenaire du jour au lendemain. Je me suis un peu plus arrêté sur Ruitertassen, puis sur Delvaux mais je ne cherchais pas un nouveau cartable.

Puis après quelques recherches supplémentaires, j’ai trouvé une marque américaine, Filson qui est encensée par tous ses utilisateurs qui forment même une petite communauté d’afficionados. Il s’échangent notamment leurs clichés de sacs qui restent superbes au bout de 20 ans d’utilisation qu’on imagine intense (ici 5 ans, et son propriétaire l’a ciré).

1472244346768(Celui-ci a 20 ans d’âge. Tous les américains qui parlent de leur Filson ont une larme à l’œil en précisant qu’ils sont fabriqués aux EU. Trump a su toucher juste.)

Filson existe depuis 1897, la société fournissait les mineurs des différentes ruées vers l’or, et s’est taillée une solide réputation dans la confection d’objets résistants, pratiques et rustiques. Tous leurs objets sont garantis à vie, et Filson possède un département réparation qui est tout à fait la négation de l’obsolescence programmée. (ici et ici)

filson-restoration(Les sacs hors d’âge, restaurés par Filson sont vendus le double du prix du neuf sur Ebay…)

Ils se sont beaucoup développés ces dernières années, grâce à la terrible mode Hipster, qui impose aux urbains de porter une barbe et de s’habiller en bucherons canadiens chasseurs d’ours, en plein cœur du Marais (uhuhu) ou de Wall Street. Ce développement a néanmoins un intérêt, c’est de pouvoir dorénavant acheter leurs articles sans avoir à aller à Londres, ou aux US.

7 10(Ce sac accueille largement un MacBook Air et ses accessoires. Le nombre de poches et de compartiments est largement suffisant pour mon utilisation)

En France, deux distributeurs dominent les recherches Google: WannAcess et RoyalCheese. Pour aller voir des sacs Filson « en vrai », j’ai fait un saut chez RoyalCheese. La qualité des sacs dépasse largement ce que laisse imaginer les photos que j’avais vues sur la toile.

4Mais comme je ne voulais pas acheter un sac au prix du Marais, j’ai poursuivi mes recherches jusqu’à tomber sur la boutique en ligne de Franck Mourareau de Pyrene Bushcraft. C’est de toute évidence un passionné de nature  (d’Outdoor pour ceux qui ne sont pas des badgers), de contact très sympathique et pro, accessible aux questions, et pour ne rien gâcher, ses prix sont très raisonnables.

5(Le petit plus, un porte-clés intégré dans une poche extérieure, très pratique quand on utilise souvent ses clés)

6(Serge de coton très résistante et hydrofuge, développée par Filson)

Il est possible de commander des articles absents de son site à condition qu’ils soient présents sur le catalogue Filson Europe, qu’ils soient payés d’avance, et enfin les retours ne sont pas acceptés.

Comme son Original Briefcase me convenait parfaitement, je l’ai commandé et reçu sans souci 2 jours ouvrés plus tard. Donc service parfait.

Ce cartable Filson est aussi américain que mon sac à dépêches est français. Ils représentent chacun dans leur genre un certain aboutissement de la carryologie. Le premier est rustique, pratique, pragmatique, construit pour durer, une Jeep en somme, le second est somptueusement discret (et discrètement somptueux).

J’espère que cette petite revue vous a été utile et vous donnera envie de découvrir les produits Filson.

Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, j’ai payé intégralement mon sac au prix indiqué, et je n’ai aucune autre relation avec Filson ou les entreprises commerciales citées dans cette note.