iDoigts, le compteur de doigts connecté

Une petite biotech française, iDoigts, a développé en partenariat avec l’université de la Treille, et son unité Inserm U13011 une technologie disruptive qui va révolutionner la santé, iDoigts, le compteur de doigts en temps réel.

Journaliste émerveillé: Je suis ce matin avec Helmut Kruger, le CEO de la biotech iDoigts, installée sur le campus incubateur de jeunes pousses de La Treille. Racontez-nous comment vous est venue cette idée révolutionnaire et e-disruptive?

HK: Tout simplement en regardant ma fille de 3 ans compter sur ses doigts! Je me suis dit qu’un capteur biométrique connecté avec un cloud pourrait automatiser cette tâche répétitive.

Journaliste émerveillé: Quelle histoire inspirante! Et cette technologie innovante et überisante! Comment cela marche-t’il?

HK: il s’agit d’un capteur de la taille d’un carambar que l’on implante en sous cutané au niveau du dos de chaque main. Ce capteur compte le nombre de doigts toutes les 30 secondes par impédancemétrie en temps réel et transmet ces données biométriques à un proxi via une connection NFC à 13.56 MHz en ISO/IEC 18000-3. Le proxi transmet les données en 3G ou Wi-Fi à un cloud sécurisé. L’information peut alors être délivrée à un serveur hospitalier ou une application iPhone/Androïd au médecin, encore une fois en temps réel. Par ailleurs, en cas de rupture du réseau, l’appareil est doté d’une mémoire  

Journaliste émerveillé: je suis vraiment émerveillé par les capacités d’innovation de la French tech! Vous voulez dire qu’un médecin pourra suivre en temps réel le nombre de doigts de ses patients, même en congés à l’autre bout du monde?

HK: Bien sûr, il pourra alors prendre toutes les mesures appropriées, en urgence. Nous allons ainsi résoudre le problème de l’accès aux soins, dont je suis passionné depuis toujours, en permettant un décompte de doigts, même dans des déserts médicaux!

Journaliste émerveillé: Incroyable, j’imagine un nombre incalculable d’applications!

HK: Nous n’arrivons même pas à toutes les lister! En pédiatrie, bien sûr, mais aussi en médecine du travail où nous pourrons surveiller en temps réel le nombre de doigts des salariés travaillant avec des machines tranchantes. Et bien sûr en neurologie et en ophtalmologie où nous pourrons faire gagner un temps considérable aux praticiens qui n’auront plus à demander sans cesse aux patients combien ils voient de doigts. Nous pensons aussi au Big Data! Lorsque notre technologie sera diffusée, nous pourrons recueillir en temps réel, j’insiste bien sur cela, des données sur le nombre de doigts de centaines de milliers de personnes. Nous pourrions ainsi bâtir des modèles prédictifs sur l’évolution du nombre de doigts au cours de l’évolution humaine avec un grand E!!

Journaliste émerveillé: On peut imaginer que cette merveille de technologie digitale, Huf huf huf, pardonnez-moi le jeu de mot, pourrait permettre la mesure d’autres données biométriques?

HK: Bien sûr, nous travaillons sur un capteur de température qui pourrait transmettre en temps réel au médecin la température intra-nasale droite et gauche, voire rectale pour encore plus de précision.

Journaliste émerveillé: Nous pouvons vraiment parler de technologie disruptive de la e-santé, même si ce terme est un peu galvaudé?

HK: Tout à fait, nous sommes en plein dans le quantified self connecté disruptif en Open Data.

Journaliste émerveillé: Merveilleux, pourra-t-on un jour payer du bout du doigt?

HK: Ce n’est pas prévu, mais oui.

Journaliste émerveillé: Merci Monsieur Kruger, pensez-vous au Nobel de Médecine en vous rasant le matin?

HK: Huhuhu, à 23 ans, je suis un peu jeune quand même, mais dans quelques années, pourquoi pas.

Journaliste émerveillé: Innovant, disruptif, mais les pieds sur terre, j’adore, vous êtes un digne représentant de la French tech! Merci et à bientôt!

(Presque fiction inspirée d’ici)

#Innovation #eSante #BigData #OpenData #hcsmeufr #hcsmeu #mSante #DigitalHealth #Biotech #DonnéesBiométriques #santéconnectée #FrenchTech #DisruptiveTechnology #QuantifiedSelf #uberisationdelatempérature #thermomètre

Une invention incroyable: la gélule connectée pour prendre la température corporelle

Je suis tombé hier sur un reportage proprement stupéfiant de BFM Business.

Les biotechs françaises sont encore à l’honneur et montrent une capacité d’innovation et une (im)puissance (beau lapsus du journaliste) tout à fait remarquables.

Une biotech a passé un cap historique dans le monde de la santé après avoir mis au point une gélule, dont les dimensions exactes sont de quelques millimètres, qui permet de prendre la température interne et d’émettre cette information dans un rayon de 1 mètre. Cette info pourra être transmise à l’avenir sur les serveurs de l’hôpital, dans les services d’urgence et sur le téléphone portable des médecins, en temps réel. Cette gélule est capable non seulement de transmettre la température en temps réel, mais elle peut aussi la stocker dans sa mémoire interne.

Ce sont des données de santé, les applications peuvent donc être colossales: en post-opératoire, chez les sportifs, chez les patients à domicile, par exemple en post chimiothérapie. Ce capteur qui ne prend que la température peut en effet recueillir énormément d’informations biométriques et stocker votre numéro de carte bleue (même si elle n’est pas faite pour cela).

Quelqu’un peut leur dire que les thermomètres (et les sondes thermiques en réanimation) existent depuis longtemps, et que tout le monde, y compris à la maison est capable de s’en servir?

Nous sommes encore devant l’effet cannabique typique, mais ici particulièrement impressionnant, que les mots « santé connectée », « données biométriques » et « biotech » provoquent chez les non-médecins.

#Innovation #eSante #BigData #OpenData #hcsmeufr #hcsmeu #mSante #DigitalHealth #Biotech #DonnéesBiométriques #santéconnectée #FrenchTech #DisruptiveTechnology #QuantifiedSelf #uberisationdelatempérature #thermomètre

Grange Blanche ne sera plus certifié HON

Mon blog est certifié depuis 2007 par l’organisme HON à qui la HAS avait donné la mission d’auditer les sites de santé français qui en faisaient la demande.

Puis en 2013 la HAS a estimé dans ce document (page 33) que la certification HON ne répondait pas à ses attentes:

Depuis 2007, la fondation HON (Health On the Net) assurait pour le compte de la HAS la mission de certification des sites internet dédiés à la santé français mais le bilan de cette certification s’est avéré contrasté : la certification HON/HAS est utile pour les éditeurs de site Internet, mais elle apparaît comme peu utile pour les internautes.

Fort de ce constat, la HAS n’a pas souhaité reconduire ce partenariat. HON voit les choses un peu différemment, mais comme tout le monde le sait, dans un divorce, il y a rarement une seule version:

Veuillez comprendre que notre approche a été mise place car, en raison de l’instabilité économique récente sur le plan mondial, nos sponsors gouvernementaux nous ont encouragés à développer notre indépendance financière. Afin de faire perdurer le vaste réseau HONcode pour une information fiable dans le domaine de la santé accessible à tous, nous avons décidé de solliciter votre participation financière lors de la réévaluation de votre site.

(Extrait d’un échange de mail avec HON)

La HAS a-t-elle viré HON car elle était trop dispendieuse ou pas aussi bien qu’elle l’avait imaginée? Hors de l’alcôve personne ne le saura jamais.

Cela n’a pas tellement d’importance, mais ce divorce a eu pour conséquence de rendre la certification HON payante.

La cotisation annuelle est établie selon le barème suivant:

Capture d'écran 2016-03-20 16.21.20(source)

Pour Grange Blanche, cela faisait 50€ par an. Pour un site non commercial, tenu par plaisir, et pour un intérêt très relatif dont je vais discuter plus loin, j’ai trouvé cela un peu raide. Après un premier mail de ma part signifiant que je ne souhaitais plus être certifié, HON m’a proposé une reconduction gratuite de la certification si j’arborais sur Grange Blanche une bannière destinée à promouvoir HON. Par principe, et pour garder une indépendance la plus totale possible, je refuse les bannière publicitaires (je paye bien assez cher WordPress pour éviter cette plaie), j’ai donc décliné.

Je ne pense pas que cet arrêt de certification change quoique ce soit. Sur notre territoire, même au cours de sa période d’exposition optimale, le label HON restait en effet assez confidentiel. D’après un sondage CNOM/IPSOS en 2010,  3 ans après le début de son partenariat avec la HAS, 71% des internautes ne reconnaissaient pas un site certifié HON d’un site non certifié:

Capture d'écran 2016-03-20 16.34.29Entre hier et aujourd’hui, je me suis amusé à faire un tout petit sondage parmi les lecteurs de mon blog (je n’ai pas participé).

J’ai posé 3 questions simples sur le HONcode.

Q1. Connaissez-vous la certification HON des sites de santé?

  • 88 réponses, 65 oui (74%), 23 non(26%).

Q2. Savez-vous comment reconnaître un site certifié HON?

  • 89 réponses, 61 oui (69%) et 28 non (31 %).

Q3. Avez-vous plus confiance en un site certifié HON?

  • 88 réponses, 19 oui (22%), 67 non (78%)

La dernière réponse est assez surprenante mais reflète assez bien le sentiment général du groupe d’internautes que je fréquente (je reste très modeste dans la représentativité de mon échantillon): certains sites certifiés par HON ne sont pas dignes de confiance car HON n’est pas en mesure (et personne ne lui reprochera cela) de vérifier l’honnêteté des contenus.

Le critère 5 pourrait correspondre à cette quête d’honnêteté, mais vous savez tout comme moi qu’il est simplissime de choisir les « bonnes » études, et les « bons » critères pour démontrer tout et son contraire. Sur la foi de BEAUTIFUL, et d’une dizaine d’études post-hoc bien choisies, je pourrais vous écrire une note dithyrambique sur l’efficacité de l’ivabradine chez les patients porteurs d’une cardiopathie ischémique. Et l’équipe de HON n’y verrait que du feu, malgré toute sa bonne volonté.

Il faut néanmoins se garder d’enterrer HON.

En effet, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, HON m’a aidé à améliorer la forme de Grange Blanche, à rendre mon blog plus lisible, plus carré, plus net. Si cette certification paraît peu utile, pour reprendre les termes de la HAS, pour l’internaute, elle reste intéressante pour les éditeurs de sites désireux de s’améliorer.

A ce jour, il n’existe donc aucun label pouvant garantir la qualité et la véracité d’un site internet en santé. HON a posé sa petite pierre en codifiant un début d’analyse critique, c’est très bien, mais l’essentiel reste à faire pour l’internaute en quête d’informations médicales.

Dernière remarque importante, HON privilégie l’autorité des rédacteurs d’un site:

Tout avis médical fourni sur le site sera donné uniquement par du personnel spécialisé (diplômé) du domaine médical et des professionnels qualifiés, à moins qu’une déclaration explicite ne précise que certains avis proviennent de personnes ou d’organisations non médicales.

Quid des sites de santé tenus par des patients? Ils sont donc implicitement suspects? Les soignants ne sont pas les seuls détenteurs de connaissances pertinentes sur la santé, loin de là.

C’est donc sans aucun regret que j’ai certifié ce blog durant 9 ans, et sans regret non plus que j’abandonne cette certification.

Sceau HON et TinEye

Cela peut paraître curieux d’associer en une même note le sceau HON et le moteur de recherche d’images TinEye, mais en combinant les deux, on peut obtenir des résultats intéressants.

Je vous rappelle que le sceau HON permet de repérer sur la toile les sites qui ont fait la démarche de respecter les 8 critères (bientôt 9 pour les médecins) reflétant les principes éthiques développés par la Fondation HON.

Malheureusement, selon les chiffres d’une enquête récemment commanditée par le CNOM (diapo 10/17), près de 71% des internautes ne sont pas capables de différencier un site de santé certifié ou non.

Les causes de cette méconnaissance sont probablement multiples: manque de diffusion, manque de communication, difficulté relative pour un internaute de base de discerner un sceau authentique d’un sceau frauduleux.

Ce dernier point qui est souvent minimisé semble trivial, et difficile à cerner, mais cette histoire assez récente montre qu’il faut toujours cliquer sur le logo ou sur les liens qui lui sont associés pour vérifier que le sceau n’est pas frauduleux.

Combien d’internautes, notamment parmi ceux qui estiment savoir différencier un site certifié font cette vérification?

Je vais faire une petite expérience qui montre que les choses sont encore moins simples qu’il n’y paraît et que 71% c’est déjà un bon résultat.

Pour cette expérience, que vous pouvez réaliser vous aussi, nous avons besoin de 3 choses:

Faisons une recherche TinEye sur un sceau HON pris au hasard (j’ai pris le mien):

Photobucket

J’obtiens donc 209 résultats, sur les milliers d’occurrences du sceau sur la toile. Pourquoi ces pages et pas les autres, mystère et boule de gomme…

Regardons d’un peu plus près un résultat pris au hasard:

Photobucket

TinEye précise l’URL de l’image et celle du site où elle est hébergée.

Le plus souvent, le sceau est un sceau actif et il est hébergé directement par HON. Dans ces cas, bien entendu, pas de souci d’authenticité.

Dans certains cas, toutefois, le logo est hébergé par le site lui-même. Et dans ces cas, pour lesquels le caractère frauduleux du sceau est possible, l’URL donnée par TinEye ne commence pas par « HONConduct… ».

Il suffit alors de parcourir la liste et de rechercher les sites qui hébergent leur sceau et de vérifier leur présence dans la base de données HON grâce au module HON de Firefox.

Le plus souvent, les sites qui hébergent leur sceau sont authentiquement certifiés, mais parfois, on obtient des choses un peu bizarres:

Ce site (g-i-n.net) arbore un sceau HON a priori valide et en cours, mais en fait il est en « réexamen » depuis une durée indéterminée. Le sceau devrait être différent, comme indiqué ici:

Photobucket

Mais comme le sceau de g-i-n.net n’est pas actif, et est hébergé par le site (http://www.g-i-n.net/HONCode.jpg), la Fondation ne peut pas le modifier à distance.

Cette page arbore elle aussi un sceau valide (http://imgs.psychcentral.com/hon08badge.gif) et lorsque l’on clique, on obtient ce certificat. Pourtant Firefox dit obstinément que le site n’est pas accrédité. En fait, l’adresse précisée dans le certificat (http://www.psychcentral.com/) n’est pas la même que la racine de la page: http://forums.psychcentral.com.

Alors, ce forum de ce site accrédité l’est-il ou non?

Même problème pour ce blog du célèbre Martin Winckler, hébergé par passeportsanté.net. Le blog arbore le sceau (http://www.passeportsante.net/img/HONConduct612352_s.gif), mais c’est le site qui propose bien d’autres pages que ce blog qui est accrédité.

Alors ce blog l’est-il ou non?

Difficile comme question, n’est-ce pas?

Autre page dont je ne donnerai pas l’URL mais qui est apparemment maintenue par un confrère urologue parisien qui a particulièrement bien choisi son URL pour attirer le chaland. On trouve ce sceau:

Photobucket

Là, c’est facile, nous sommes devant un administrateur qui s’est certifié lui-même: le logo est « hébergé maison », le lien dirige sur une erreur 404 et Firefox est catégorique, c’est donc un faux que j’ai signalé à HON.

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Dix euros que l’administrateur va plaider une méconnaissance de la procédure de certification.

Autre page, autre difficulté d’interprétation. Ce site très populaire a un sceau en bas et à gauche (http://www.guerir.org/++resource++anticancer.skin.images/home_page/ico-bas-hon.jpg), avec un certificat valide. Pourtant Firefox dit non. L’explication tient là aussi à une différence entre l’URL certifiée (http://www.guerir.fr/) qui dirige vers l’URL effective du site (http://www.guerir.org/). C’est fort dommage que le certificat ne précise pas l’URL de ce site miroir (dans certains cas, il le fait).

Enfin dernier cas, et non des moindres, celui de ameli.fr, le site de l’Assurance Maladie.

Par exemple, au niveau de la page « assurés« , on trouve un logo apparemment valide (http://www.ameli.fr/fileadmin/gabarits/images/logoHON.jpg):

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Firefox dit pourtant que la page n’est pas certifiée, la raison est indiquée par le certificat: « réexamen ».

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Là aussi, le logo n’a pas pu être modifié par la Fondation car il est hébergé directement par le site, ici ameli.fr:

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Ces exemples montrent que dans un certain nombre de cas, minoritaires il est vrai, il existe une ambiguïté qui rend difficile pour l’internaute de base que je suis l’identification d’un site de santé de confiance. Avec l’expérience, je trouve que la solution la plus simple pour séparer le bon grain de l’ivraie reste le module complémentaire pour Firefox (ou IE). Cela évite une nécessaire analyse méticuleuse du certificat du site (état de la certification, vérification de l’URL et des éventuels sites miroirs).

L’éventail de ces cas est large, puisque l’on passe du certificat carrément frauduleux à une certaine incertitude liée à une différence entre l’URL certifiée et l’URL qui porte effectivement le sceau ainsi qu’à l’hébergement du logo HON sur des sites de santé, ce qui rend impossible sa modification par la Fondation HON en fonction de l’avancement de la certification.

Vous allez me dire qu’il existe une solution simplissime.

Il suffit tout simplement d’interdire tout hébergement du logo HON en dehors des serveurs de la Fondation.

Et vous aurez d’autant plus raison que HON interdit déjà explicitement cette pratique:

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Cette capture d’écran est issue du lien qui me permet d’insérer le logo actif HON sur ce blog. Vous comprendrez donc que je ne vous en donne pas l’URL.

L’ensemble des sites que j’ai évoqués, notamment celui de l’Assurance Maladie, ameli.fr, contreviennent à cette directive stricte du HONcode et devraient donc logiquement se voir retirer ipso facto leur certificat HON. La formulation your certification will be withdrawn ne laisse en effet nulle place à l’équivoque.