iDoigts, le compteur de doigts connecté

Une petite biotech française, iDoigts, a développé en partenariat avec l’université de la Treille, et son unité Inserm U13011 une technologie disruptive qui va révolutionner la santé, iDoigts, le compteur de doigts en temps réel.

Journaliste émerveillé: Je suis ce matin avec Helmut Kruger, le CEO de la biotech iDoigts, installée sur le campus incubateur de jeunes pousses de La Treille. Racontez-nous comment vous est venue cette idée révolutionnaire et e-disruptive?

HK: Tout simplement en regardant ma fille de 3 ans compter sur ses doigts! Je me suis dit qu’un capteur biométrique connecté avec un cloud pourrait automatiser cette tâche répétitive.

Journaliste émerveillé: Quelle histoire inspirante! Et cette technologie innovante et überisante! Comment cela marche-t’il?

HK: il s’agit d’un capteur de la taille d’un carambar que l’on implante en sous cutané au niveau du dos de chaque main. Ce capteur compte le nombre de doigts toutes les 30 secondes par impédancemétrie en temps réel et transmet ces données biométriques à un proxi via une connection NFC à 13.56 MHz en ISO/IEC 18000-3. Le proxi transmet les données en 3G ou Wi-Fi à un cloud sécurisé. L’information peut alors être délivrée à un serveur hospitalier ou une application iPhone/Androïd au médecin, encore une fois en temps réel. Par ailleurs, en cas de rupture du réseau, l’appareil est doté d’une mémoire  

Journaliste émerveillé: je suis vraiment émerveillé par les capacités d’innovation de la French tech! Vous voulez dire qu’un médecin pourra suivre en temps réel le nombre de doigts de ses patients, même en congés à l’autre bout du monde?

HK: Bien sûr, il pourra alors prendre toutes les mesures appropriées, en urgence. Nous allons ainsi résoudre le problème de l’accès aux soins, dont je suis passionné depuis toujours, en permettant un décompte de doigts, même dans des déserts médicaux!

Journaliste émerveillé: Incroyable, j’imagine un nombre incalculable d’applications!

HK: Nous n’arrivons même pas à toutes les lister! En pédiatrie, bien sûr, mais aussi en médecine du travail où nous pourrons surveiller en temps réel le nombre de doigts des salariés travaillant avec des machines tranchantes. Et bien sûr en neurologie et en ophtalmologie où nous pourrons faire gagner un temps considérable aux praticiens qui n’auront plus à demander sans cesse aux patients combien ils voient de doigts. Nous pensons aussi au Big Data! Lorsque notre technologie sera diffusée, nous pourrons recueillir en temps réel, j’insiste bien sur cela, des données sur le nombre de doigts de centaines de milliers de personnes. Nous pourrions ainsi bâtir des modèles prédictifs sur l’évolution du nombre de doigts au cours de l’évolution humaine avec un grand E!!

Journaliste émerveillé: On peut imaginer que cette merveille de technologie digitale, Huf huf huf, pardonnez-moi le jeu de mot, pourrait permettre la mesure d’autres données biométriques?

HK: Bien sûr, nous travaillons sur un capteur de température qui pourrait transmettre en temps réel au médecin la température intra-nasale droite et gauche, voire rectale pour encore plus de précision.

Journaliste émerveillé: Nous pouvons vraiment parler de technologie disruptive de la e-santé, même si ce terme est un peu galvaudé?

HK: Tout à fait, nous sommes en plein dans le quantified self connecté disruptif en Open Data.

Journaliste émerveillé: Merveilleux, pourra-t-on un jour payer du bout du doigt?

HK: Ce n’est pas prévu, mais oui.

Journaliste émerveillé: Merci Monsieur Kruger, pensez-vous au Nobel de Médecine en vous rasant le matin?

HK: Huhuhu, à 23 ans, je suis un peu jeune quand même, mais dans quelques années, pourquoi pas.

Journaliste émerveillé: Innovant, disruptif, mais les pieds sur terre, j’adore, vous êtes un digne représentant de la French tech! Merci et à bientôt!

(Presque fiction inspirée d’ici)

#Innovation #eSante #BigData #OpenData #hcsmeufr #hcsmeu #mSante #DigitalHealth #Biotech #DonnéesBiométriques #santéconnectée #FrenchTech #DisruptiveTechnology #QuantifiedSelf #uberisationdelatempérature #thermomètre

Une invention incroyable: la gélule connectée pour prendre la température corporelle

Je suis tombé hier sur un reportage proprement stupéfiant de BFM Business.

Les biotechs françaises sont encore à l’honneur et montrent une capacité d’innovation et une (im)puissance (beau lapsus du journaliste) tout à fait remarquables.

Une biotech a passé un cap historique dans le monde de la santé après avoir mis au point une gélule, dont les dimensions exactes sont de quelques millimètres, qui permet de prendre la température interne et d’émettre cette information dans un rayon de 1 mètre. Cette info pourra être transmise à l’avenir sur les serveurs de l’hôpital, dans les services d’urgence et sur le téléphone portable des médecins, en temps réel. Cette gélule est capable non seulement de transmettre la température en temps réel, mais elle peut aussi la stocker dans sa mémoire interne.

Ce sont des données de santé, les applications peuvent donc être colossales: en post-opératoire, chez les sportifs, chez les patients à domicile, par exemple en post chimiothérapie. Ce capteur qui ne prend que la température peut en effet recueillir énormément d’informations biométriques et stocker votre numéro de carte bleue (même si elle n’est pas faite pour cela).

Quelqu’un peut leur dire que les thermomètres (et les sondes thermiques en réanimation) existent depuis longtemps, et que tout le monde, y compris à la maison est capable de s’en servir?

Nous sommes encore devant l’effet cannabique typique, mais ici particulièrement impressionnant, que les mots « santé connectée », « données biométriques » et « biotech » provoquent chez les non-médecins.

#Innovation #eSante #BigData #OpenData #hcsmeufr #hcsmeu #mSante #DigitalHealth #Biotech #DonnéesBiométriques #santéconnectée #FrenchTech #DisruptiveTechnology #QuantifiedSelf #uberisationdelatempérature #thermomètre

Grange Blanche ne sera plus certifié HON

Mon blog est certifié depuis 2007 par l’organisme HON à qui la HAS avait donné la mission d’auditer les sites de santé français qui en faisaient la demande.

Puis en 2013 la HAS a estimé dans ce document (page 33) que la certification HON ne répondait pas à ses attentes:

Depuis 2007, la fondation HON (Health On the Net) assurait pour le compte de la HAS la mission de certification des sites internet dédiés à la santé français mais le bilan de cette certification s’est avéré contrasté : la certification HON/HAS est utile pour les éditeurs de site Internet, mais elle apparaît comme peu utile pour les internautes.

Fort de ce constat, la HAS n’a pas souhaité reconduire ce partenariat. HON voit les choses un peu différemment, mais comme tout le monde le sait, dans un divorce, il y a rarement une seule version:

Veuillez comprendre que notre approche a été mise place car, en raison de l’instabilité économique récente sur le plan mondial, nos sponsors gouvernementaux nous ont encouragés à développer notre indépendance financière. Afin de faire perdurer le vaste réseau HONcode pour une information fiable dans le domaine de la santé accessible à tous, nous avons décidé de solliciter votre participation financière lors de la réévaluation de votre site.

(Extrait d’un échange de mail avec HON)

La HAS a-t-elle viré HON car elle était trop dispendieuse ou pas aussi bien qu’elle l’avait imaginée? Hors de l’alcôve personne ne le saura jamais.

Cela n’a pas tellement d’importance, mais ce divorce a eu pour conséquence de rendre la certification HON payante.

La cotisation annuelle est établie selon le barème suivant:

Capture d'écran 2016-03-20 16.21.20(source)

Pour Grange Blanche, cela faisait 50€ par an. Pour un site non commercial, tenu par plaisir, et pour un intérêt très relatif dont je vais discuter plus loin, j’ai trouvé cela un peu raide. Après un premier mail de ma part signifiant que je ne souhaitais plus être certifié, HON m’a proposé une reconduction gratuite de la certification si j’arborais sur Grange Blanche une bannière destinée à promouvoir HON. Par principe, et pour garder une indépendance la plus totale possible, je refuse les bannière publicitaires (je paye bien assez cher WordPress pour éviter cette plaie), j’ai donc décliné.

Je ne pense pas que cet arrêt de certification change quoique ce soit. Sur notre territoire, même au cours de sa période d’exposition optimale, le label HON restait en effet assez confidentiel. D’après un sondage CNOM/IPSOS en 2010,  3 ans après le début de son partenariat avec la HAS, 71% des internautes ne reconnaissaient pas un site certifié HON d’un site non certifié:

Capture d'écran 2016-03-20 16.34.29Entre hier et aujourd’hui, je me suis amusé à faire un tout petit sondage parmi les lecteurs de mon blog (je n’ai pas participé).

J’ai posé 3 questions simples sur le HONcode.

Q1. Connaissez-vous la certification HON des sites de santé?

  • 88 réponses, 65 oui (74%), 23 non(26%).

Q2. Savez-vous comment reconnaître un site certifié HON?

  • 89 réponses, 61 oui (69%) et 28 non (31 %).

Q3. Avez-vous plus confiance en un site certifié HON?

  • 88 réponses, 19 oui (22%), 67 non (78%)

La dernière réponse est assez surprenante mais reflète assez bien le sentiment général du groupe d’internautes que je fréquente (je reste très modeste dans la représentativité de mon échantillon): certains sites certifiés par HON ne sont pas dignes de confiance car HON n’est pas en mesure (et personne ne lui reprochera cela) de vérifier l’honnêteté des contenus.

Le critère 5 pourrait correspondre à cette quête d’honnêteté, mais vous savez tout comme moi qu’il est simplissime de choisir les « bonnes » études, et les « bons » critères pour démontrer tout et son contraire. Sur la foi de BEAUTIFUL, et d’une dizaine d’études post-hoc bien choisies, je pourrais vous écrire une note dithyrambique sur l’efficacité de l’ivabradine chez les patients porteurs d’une cardiopathie ischémique. Et l’équipe de HON n’y verrait que du feu, malgré toute sa bonne volonté.

Il faut néanmoins se garder d’enterrer HON.

En effet, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, HON m’a aidé à améliorer la forme de Grange Blanche, à rendre mon blog plus lisible, plus carré, plus net. Si cette certification paraît peu utile, pour reprendre les termes de la HAS, pour l’internaute, elle reste intéressante pour les éditeurs de sites désireux de s’améliorer.

A ce jour, il n’existe donc aucun label pouvant garantir la qualité et la véracité d’un site internet en santé. HON a posé sa petite pierre en codifiant un début d’analyse critique, c’est très bien, mais l’essentiel reste à faire pour l’internaute en quête d’informations médicales.

Dernière remarque importante, HON privilégie l’autorité des rédacteurs d’un site:

Tout avis médical fourni sur le site sera donné uniquement par du personnel spécialisé (diplômé) du domaine médical et des professionnels qualifiés, à moins qu’une déclaration explicite ne précise que certains avis proviennent de personnes ou d’organisations non médicales.

Quid des sites de santé tenus par des patients? Ils sont donc implicitement suspects? Les soignants ne sont pas les seuls détenteurs de connaissances pertinentes sur la santé, loin de là.

C’est donc sans aucun regret que j’ai certifié ce blog durant 9 ans, et sans regret non plus que j’abandonne cette certification.

Sceau HON et TinEye

Cela peut paraître curieux d’associer en une même note le sceau HON et le moteur de recherche d’images TinEye, mais en combinant les deux, on peut obtenir des résultats intéressants.

Je vous rappelle que le sceau HON permet de repérer sur la toile les sites qui ont fait la démarche de respecter les 8 critères (bientôt 9 pour les médecins) reflétant les principes éthiques développés par la Fondation HON.

Malheureusement, selon les chiffres d’une enquête récemment commanditée par le CNOM (diapo 10/17), près de 71% des internautes ne sont pas capables de différencier un site de santé certifié ou non.

Les causes de cette méconnaissance sont probablement multiples: manque de diffusion, manque de communication, difficulté relative pour un internaute de base de discerner un sceau authentique d’un sceau frauduleux.

Ce dernier point qui est souvent minimisé semble trivial, et difficile à cerner, mais cette histoire assez récente montre qu’il faut toujours cliquer sur le logo ou sur les liens qui lui sont associés pour vérifier que le sceau n’est pas frauduleux.

Combien d’internautes, notamment parmi ceux qui estiment savoir différencier un site certifié font cette vérification?

Je vais faire une petite expérience qui montre que les choses sont encore moins simples qu’il n’y paraît et que 71% c’est déjà un bon résultat.

Pour cette expérience, que vous pouvez réaliser vous aussi, nous avons besoin de 3 choses:

Faisons une recherche TinEye sur un sceau HON pris au hasard (j’ai pris le mien):

Photobucket

J’obtiens donc 209 résultats, sur les milliers d’occurrences du sceau sur la toile. Pourquoi ces pages et pas les autres, mystère et boule de gomme…

Regardons d’un peu plus près un résultat pris au hasard:

Photobucket

TinEye précise l’URL de l’image et celle du site où elle est hébergée.

Le plus souvent, le sceau est un sceau actif et il est hébergé directement par HON. Dans ces cas, bien entendu, pas de souci d’authenticité.

Dans certains cas, toutefois, le logo est hébergé par le site lui-même. Et dans ces cas, pour lesquels le caractère frauduleux du sceau est possible, l’URL donnée par TinEye ne commence pas par « HONConduct… ».

Il suffit alors de parcourir la liste et de rechercher les sites qui hébergent leur sceau et de vérifier leur présence dans la base de données HON grâce au module HON de Firefox.

Le plus souvent, les sites qui hébergent leur sceau sont authentiquement certifiés, mais parfois, on obtient des choses un peu bizarres:

Ce site (g-i-n.net) arbore un sceau HON a priori valide et en cours, mais en fait il est en « réexamen » depuis une durée indéterminée. Le sceau devrait être différent, comme indiqué ici:

Photobucket

Mais comme le sceau de g-i-n.net n’est pas actif, et est hébergé par le site (http://www.g-i-n.net/HONCode.jpg), la Fondation ne peut pas le modifier à distance.

Cette page arbore elle aussi un sceau valide (http://imgs.psychcentral.com/hon08badge.gif) et lorsque l’on clique, on obtient ce certificat. Pourtant Firefox dit obstinément que le site n’est pas accrédité. En fait, l’adresse précisée dans le certificat (http://www.psychcentral.com/) n’est pas la même que la racine de la page: http://forums.psychcentral.com.

Alors, ce forum de ce site accrédité l’est-il ou non?

Même problème pour ce blog du célèbre Martin Winckler, hébergé par passeportsanté.net. Le blog arbore le sceau (http://www.passeportsante.net/img/HONConduct612352_s.gif), mais c’est le site qui propose bien d’autres pages que ce blog qui est accrédité.

Alors ce blog l’est-il ou non?

Difficile comme question, n’est-ce pas?

Autre page dont je ne donnerai pas l’URL mais qui est apparemment maintenue par un confrère urologue parisien qui a particulièrement bien choisi son URL pour attirer le chaland. On trouve ce sceau:

Photobucket

Là, c’est facile, nous sommes devant un administrateur qui s’est certifié lui-même: le logo est « hébergé maison », le lien dirige sur une erreur 404 et Firefox est catégorique, c’est donc un faux que j’ai signalé à HON.

Photobucket

Dix euros que l’administrateur va plaider une méconnaissance de la procédure de certification.

Autre page, autre difficulté d’interprétation. Ce site très populaire a un sceau en bas et à gauche (http://www.guerir.org/++resource++anticancer.skin.images/home_page/ico-bas-hon.jpg), avec un certificat valide. Pourtant Firefox dit non. L’explication tient là aussi à une différence entre l’URL certifiée (http://www.guerir.fr/) qui dirige vers l’URL effective du site (http://www.guerir.org/). C’est fort dommage que le certificat ne précise pas l’URL de ce site miroir (dans certains cas, il le fait).

Enfin dernier cas, et non des moindres, celui de ameli.fr, le site de l’Assurance Maladie.

Par exemple, au niveau de la page « assurés« , on trouve un logo apparemment valide (http://www.ameli.fr/fileadmin/gabarits/images/logoHON.jpg):

Photobucket

Firefox dit pourtant que la page n’est pas certifiée, la raison est indiquée par le certificat: « réexamen ».

Photobucket

Là aussi, le logo n’a pas pu être modifié par la Fondation car il est hébergé directement par le site, ici ameli.fr:

Photobucket

Ces exemples montrent que dans un certain nombre de cas, minoritaires il est vrai, il existe une ambiguïté qui rend difficile pour l’internaute de base que je suis l’identification d’un site de santé de confiance. Avec l’expérience, je trouve que la solution la plus simple pour séparer le bon grain de l’ivraie reste le module complémentaire pour Firefox (ou IE). Cela évite une nécessaire analyse méticuleuse du certificat du site (état de la certification, vérification de l’URL et des éventuels sites miroirs).

L’éventail de ces cas est large, puisque l’on passe du certificat carrément frauduleux à une certaine incertitude liée à une différence entre l’URL certifiée et l’URL qui porte effectivement le sceau ainsi qu’à l’hébergement du logo HON sur des sites de santé, ce qui rend impossible sa modification par la Fondation HON en fonction de l’avancement de la certification.

Vous allez me dire qu’il existe une solution simplissime.

Il suffit tout simplement d’interdire tout hébergement du logo HON en dehors des serveurs de la Fondation.

Et vous aurez d’autant plus raison que HON interdit déjà explicitement cette pratique:

Photobucket

Cette capture d’écran est issue du lien qui me permet d’insérer le logo actif HON sur ce blog. Vous comprendrez donc que je ne vous en donne pas l’URL.

L’ensemble des sites que j’ai évoqués, notamment celui de l’Assurance Maladie, ameli.fr, contreviennent à cette directive stricte du HONcode et devraient donc logiquement se voir retirer ipso facto leur certificat HON. La formulation your certification will be withdrawn ne laisse en effet nulle place à l’équivoque.

Bravo!!

Ça y est, le site de la « Fédération des Spécialités Médicales » (FSM) vient d’obtenir le 27 janvier son certificat HON.

Son authenticité est garantie par cette page, et le plugin HON de Firefox:

Photobucket


Bon, ils sont encore un peu timides, ils n’osent pas arborer fièrement le sceau HON sur leur site:

Photobucket


Mais ça ne devrait pas tarder.

Maintenant, vous avez le droit de le faire!

Faites-vous plaisir!

Je tiens donc à leur faire part de toutes mes félicitations constructives transversales et subsidiaires pour la vitrine fédérative certifiée de leurs registres multidisciplinaires au service de la méthodologie et de la qualité des pratiques professionnelles.

En un mot, bravo!



°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°

J’y ai fait allusion dans un commentaire, mais pour que les choses soient bien claires, un des co-concepteur du site de la FSM, un distingué confrère cardiologue d’ailleurs, m’a confirmé que cette lamentable mais très drôle histoire de faux certificat HON n’est due qu’à l’initiative malheureuse d’un lampiste de l’équipe de la plateforme technique.

Ce n’est donc pas une fraude, mais la simple méconnaissance profonde d’une procédure de certification HAS.



°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°

Mise à jour du 03/02/2010: ça y est, le logo HON a été rajouté sur le site de la FSM:

Photobucket

Pour mémoire, çi-dessous, une copie d’écran du 28/12/2009 qui montre le faux certificat HON qui a orné un moment le site de la FSM:

Photobucket

On s’y tromperait, non?

Something is rotten in the state of Denmark (2).

Mouhahahahahhahahaha, je viens de me rendre compte que la « Fédération des Spécialités Médicales » (FSM) dont le site web porte toujours une fausse certification HON (le début de l’histoire ici et ici), dénoncée par HON elle-même comme étant frauduleuse a une longue histoire de partenariat privilégié avec la HAS.

Photobucket
Le faux certificat visible en bas et à gauche de la page d’accueil (copie d’écran faite le 28/12/09) du site de la FSM.


PhotobucketLe lien « En savoir plus » dirige vers une page d’informations du site de HON au sommet de laquelle la Fondation a pris le soin d’insérer un message d’avertissement dénonçant le caractère frauduleux du certificat.


Or, je vous rappelle que justement, HON a été mandatée par la HAS pour certifier les sites internet de santé en France.

La HAS et la FSM marchent pourtant fièrement main dans la main pour améliorer les pratiques professionnelles, comme l’atteste cette copie d’écran d’une page du site de la HAS qui se félicite chaleureusement d’un tel partenariat:

Photobucket


C’est certain que copier/coller une fausse certification sur son site internet de santé permet considérablement de « Simplifier la politique d’amélioration (FMC, EPP, Accréditation), le rôle des Collèges professionnels » comme l’annonçait l’alléchant programme de cette table ronde qui a eu lieu en 2008.

Mais quid de la « responsabilisation des professionnels de santé« ? La FSM nous montre-elle ainsi la voie à suivre?

La Novlangue de la certification utilisée par la HAS et reprise sans retenue sur le site de la FSM prend évidemment un sens tout à fait délicieux dans ce contexte surréaliste.

Par exemple la première des missions auxquelles s’est assignée la FSM:

« développer les relations transversales entre les différentes spécialités afin d’harmoniser la réflexion et les actions sur des sujets communs, en particulier l’Evaluation des Pratiques Professionnelles et l’Accréditation,« 

Pour les Évaluations des Pratiques Professionnelles, je ne sais pas où on en est avec la transversalité, mais pour l’accréditation (avec un A majuscule, s’il vous plait, comme les pronoms du Créateur), je dirais qu’on n’est pas vraiment dans les clous.

Mais peut-être excluaient-ils de cette mission l’accréditation des sites internet de santé pourtant tant vantée par la HAS?

L’éditorial du Président de la FSM annonce par ailleurs la hauteur des ambitions de leur nouveau site:

« Un acteur clé pour une médecine qualitative. Ce nouveau site internet de la FSM confirme son renouveau et sera sa vitrine.« 

(…)

« Emanation des structures fédératives, la FSM se veut transversale et subsidiaire. Sa transversalité permet de mener une réflexion constructive sur des thèmes communs, notamment la méthodologie et l’évaluation. »

(…)

« C’est pour cette raison que la FSM est en cours de reconnaissance d’Utilité Publique, pour améliorer encore sa lisibilité. Ce nouveau site internet s’intègre dans cette dynamique au service des professionnels et se tourne vers les autres intervenants du monde de la santé, en France, en Europe et dans le Monde. Nous comptons absolument sur vous et vos structures pour l’alimenter, le faire connaître et le développer comme vitrine du savoir et de la connaissance au service de la qualité. »


Superbe vitrine au service de la qualité, en effet ; le certificat est magnifiquement bien imité, on s’y tromperait.

Pas certain que les gens qui sont en charge de l’accréditation des sites internet de santé à la HAS, ou ceux qui travaillent à la Fondation HON rient autant que moi à la lecture de ces lignes fleuries par un langage si délicieusement médico-technocratique.

La HAS a pourtant largement mis en avant ses liens privilégiés avec la FSM, notamment dans ce diaporama, au cours de ses dernières rencontres qui ont eu lieu les 10 et 11 décembre 2009.

J’en retiens notamment cette phrase du Président de la HAS: « Dans le domaine de la qualité, pour faire en sorte qu’elle soit au cœur d’une action concertée, la HAS joue un rôle clef pour la mobilisation et la coordination des acteurs ».

Ben, pour le coup, on ne peut pas réellement parler de coordination entre HON et la FSM.

Mouhahahahahhahahaha.

Je ris quand même jaune car, ce qui est terrible dans cette farce, c’est que les acteurs sont tous honnêtes et sincères quand ils disent œuvrer pour le bien de la santé de nos concitoyens.

(L’efficacité réelle des mesures prises est un autre débat dans lequel je ne rentrerai pas.)

J’ai envisagé un instant une fraude à la petite semaine, digne des Pieds-Nickelés, mais je penche maintenant franchement pour l’incompétence d’un lampiste de la société qui a créé le site de la FSM.

Mais comme je l’ai déjà dit, cette lamentable histoire est préjudiciable à tous:


  • Pour HON que j’aime beaucoup, mais qui se retrouve à devoir faire la grosse voix (faute de mieux?) pour faire respecter une accréditation prometteuse, mais qui n’a pour l’instant trouvé sa place que dans les congrès Santé 2.0. Je l’ai déjà dit, mais la persistance du logo sur le site de la FSM est un échec en soi, car ce n’est pas le texte d’avertissement (qui n’apparait pas sur iPhone soit dit en passant) qui change quoi que ce soit à la perte de crédibilité externe engendré par une telle situation.


  • Pour la HAS par répercussion, et aussi car la FSM et HON sont quand même censées être dans son camp.


  • Pour la FSM en premier lieu, bien entendu, qui voit toutes ses belles intentions ridiculisées et décrédibilisées par la présence de cette fausse certification sur leur « vitrine du savoir et de la connaissance au service de la qualité« .

°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°


Modifications du 28/12/09: Quelques ajouts, liens et modification stylistiques mineures.

Entrepreneuriat santé 2.0

Ouaiis, bonjour, on est des jeunes diplômés d’une école de commerce, et on voudrait se lancer dans un truc internet qui intéresse les gens et génère du trafic et du cash-flow.

Les slides que tu vas voir formalisent notre business plan et sont destinées à des capital-risqueurs qui en ont (des dollars).

On a étudié plusieurs business models, l’éthique 2.0, le durable 2.0, le micro-crédit 2.0, l’éco-business 2.0, l’éco-sexe 2.0, et on s’est finalement décidé pour une thématique en plein Zeitgeist, la santé 2.0.

Le process est so easy…

Tu utilises une plateforme de blog qui coûte peanuts, et tu trouves un nom débile et/ou qui comporte le terme santé dedans. Tous ces noms de sites en santé-quelque chose, ça fait un peu restos chinois, mais c’est pas grave, ça n’empêche pas qu’on vende chaque année de plus en plus de nems et de soupes à la citronnelle.

Dans le « à propos », tu ne dis surtout pas que tu as fait ça pour des dollars, mais pour le bien de la santé de l’humanité. Si tu as beaucoup de culot, tu dis que tu fais ça bénévolement (mouhahahahaha).

Puis tu fais une revue de presse quotidienne en paraphrasant bien tout ce qu’y z’ont dit, les journalistes qui savent, parce que, vu que tu y understand nothing, il faudrait pas à faire des contre sens.

Laisse de côté les trucs trop compliqués, concentre-toi sur les trucs de nénettes, les ragnagnas, la beauté, un peu de sexo, le bien-être, les anti-oxydants, quelques sujets sur les gosses et le mal de dos…

Un peu de grippe A, c’est vendeur en ce moment.

T’inquiéte pas pour les commentaires, y en a jamais. Quand tu seras un peu plus self-confident, lance toi dans le commentaire d’articles scientifiques décryptés dans Santé Magazine. Ne cite pas Santé Magazine, dummy, mais directement la référence, ça fait top classe.

Ensuite tu dis que tu es le blog santé 2.0 le plus visité en France et en Francophonie (c’est un gros pays en Afrique), vu qu’il n’y a pas de chiffres, personne peut te contester le leaderat. Éventuellement, tu graisses un peu la patte à Google pour qu’il te fasse passer devant.

Tu crées un account sur Tweeter et Facebook pour raconter ce que tu fais en backstage et faire de la corporate communication. Ça sert à rien, mais ceux qui n’en n’ont pas sont des blaireaux 2.0.

Tu proposes à d’autres sites des échanges de liens, surtout si ils sont plus importants. Et tu insistes bien sur le fait que ça va augmenter leur trafic (plus c’est gros, plus ça marche, les cons 2.0…).

Tu colles des pubs contextuelles un peu partout, mais pas de bandeaux, ça fait trop commercial, limite tasteless. Les liens, c’est plus mieux bien. Tu cibles les assurances santé, les produits de beauté/santé-nature. Au mieux, au tout début, tu ne mets pas de pub et tu dis que tu es indépendant et impertinent (juste ce qu’il faut), que ton point de vue sur la santé 2.0 est unique et que tu n’as pas de conflits d’intérêts. Tout ça, petit, c’est ce qui est bankable ++ dans les blogs.

Plus tu seras indépendant 2.0, et plus tu seras bankable, c’est une loi physique.

Essaye d’obtenir un certificat HON, il paraît que ça fait mieux, et surtout que ça augmente la bankabilité. Si tu n’y arrives pas (par exemple, si tu ne trouves pas leur mail), « clic droit-enregistrer l’image sous » sur un logo sur un autre site, et hop, tu es certifié poulet label rouge. Personne y sait ce que c’est et encore moins y verront la différence.

Tu proposes ensuite à des agences de communication de publier leurs communiqués de presse. Vu que tu as dit que tu es le premier, ça ne peut que les intéresser, et elles vont cracher le cash.


Tu vois, Charles-Yves, la santé 2.0, c’est finger in the nose…

On se fait une bouffe et on en talk?


°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°


« Les personnages et les sites internet de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des URL existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

L’auteur tient à remercier très chaleureusement la Supergélule qui lui a donné l’idée de cette note au cours d’un échange impromptu de tweets.