Patriotisme

Vous le savez, je suis toujours prêt à aider mon pays. J’y pense tous les matins quand je me rase.

J’ai découvert récemment avec émerveillement le nouveau portail public du médicament, MedicFrance.

A l’heure où j’écris cette note, ce site vient juste d’ouvrir, il est donc à un stade initial d’un développement qui s’annonce déjà fulgurant.

Mais une crainte m’a assailli hier au soir. Et si l’afflux des « cibles » (mot employé par le ministère pour désigner les différents types d’usagers, en bas de la page 10) venait à congestionner le serveur, et rendre l’accès au site impossible, comment ferions-nous pour continuer à soigner nos patients?

Cette éventualité grave ne m’a pas permis de trouver le sommeil. Mais au petit matin, la lumière s’est faite.

Il me suffit de créer un clone de cet admirable site sur Delicious, que nous pourrions utiliser en cas de défaillance du serveur original  !

Après mon labeur, je me suis reposé la septième minute.

J’ai donc la joie et la fierté de vous annoncer la naissance de « MedicFrance Delicious » qui reprend l’intégralité des fonctionnalités de MedicFrance (hormis le blabla sur le DGS, DSS et le DHOS, dont la défaillance n’entrainerait, je pense, aucune gène insupportable). Vous y trouverez même l’indispensable discours de notre Ministre (ici).

Vous devez vous dire que tout cela est bien inutile, et que les serveurs du ministère sont à même de supporter le tsunami de connexions attendu. Que nenni. Dès ce matin, la fonctionnalité « Analyse de prescription » du GIE SIPS répond obstinément à chaque requête que leur string est trop serré, ou quelque chose comme ça:

Photobucket

(c’est probablement un coup tordu de la BCB ou du Vidal 😉 )

Informatisation médicale

Je ne parle bien sûr pas du chantier sisyphien du DMP qui a besoin d’être réanimé tous les semestres (Quand arrêtera t’on l’acharnement thérapeutique ?), mais de l’informatisation des médecins à titre individuel.

Les choses n’avancent finalement pas si rapidement que cela aux EU (Cf. les excellentes notes que Denise Silber consacre au sujet, ou les péripéties du DMP racontées dans i-Med).

Sauf qu’un paramètre nouveau stimule un peu plus les praticiens à s’équiper, et ce paramètre est la mobilité.

Par une connexion internet, via un portable  ou un iPhone/BlackBerry, ces logiciels permettent de consulter partout les dossiers de ses patients (imagerie comprise), mais aussi de facturer ses actes, voire de « e-prescrire » (voir ici, ici et ici).

Deux articles du NYT s’intéressent à ce mouvement de fond.

Le premier du point de vue des praticiens, et le second observe l’émergence d’une nouvelle catégorie professionnelle: des « médecins informaticiens ».

Ces médecins d’un nouveau genre sont de plus en plus recherchés pour assurer le développement de systèmes informatiques destinés aux médecins, ou faire l’articulation entre ce dernier, et le praticien qui l’utilise.

De mon point de vue, cela représente encore un nouvel échappatoire pour les médecins à la pratique médicale qui devient de plus en plus contraignante pour des centaines de raisons dont le nombre augmente chaque jour.

Impensable il y a quelques années pour un diplômé en médecine, il me semble que la tentation de Venise touche de plus en plus mes confrères.

« La Médecine mène à tout, à condition d’en sortir« .

Moi même, parfois, au cours de phases dépressives per-certifications, per-consultations hospitalières, ou pré-T2A, je suis tenté de faire autre chose.

(mais là, ça va)

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As Medical Charts Go Electronic, Rural Doctor Sees Healthy Change by Milt Freudenheim. The New York Times, published: April 11, 2009.


Connecting the Dots of Medicine and Data by Christine Larson. The New York Times, published: April 12, 2009.

Medpedia

Medpedia est un projet très « Médecine 2.0 ».

Il s’agit en fait d’un wiki sur le berceau duquel se sont penchées plein de bonnes fées.

Éditer ou créer un article est réservé aux médecins ou aux docteurs dans la sphère biomédicale (je présume les pharmaciens, biologistes…).  Si vous ne l’êtes pas, vous pouvez suggérer une modification qui doit d’abord être approuvée par le comité de lecture avant d’être publiée.

Chaque article a deux onglets: un pour le public, un autre pour les professionnels de santé.

Comme le projet a été ouvert au public aujourd’hui, il n’y a bien sûr pas beaucoup d’articles disponibles.

A voir et à suivre…


Télémédecine

Le San Francisco Chronicle relate une histoire qui illustre ce que pourraient être les dérives de la télémédecine (qui sera de toute façon incontournable dans 10-15 ans, étant donné la démographie médicale).

Un jeune homme de 19 ans, étudiant à Stanford,  se suicide en Californie en août 2005. Il avait commandé quelques semaines auparavant un générique du prozac sur un site web basé en Inde après avoir rempli un questionnaire succint sur le motif de sa demande. La commande est relayée à une société au Texas, qui elle même, la transmet à un médecin au Colorado. Le médecin, qui a un contrat avec la société texane, effectue la prescription sans avoir vu examiné ou écouté le jeune homme. La prescription est envoyée à une pharmacie au Mississipi qui adresse les boites de fluoxétine au jeune homme.

Cette affaire va passer en jugement début 2009. Les parents du jeune homme attaquent le médecin car il n’a pas de licence pour pratiquer en Californie et qu’il a fait la prescription sans l’examiner.

Ils n’attaquent pas sur le lien de causalité entre la prise des médicaments et le suicide de leur fils. Aucune question n’est non plus posée sur la qualité de ces médicaments (l’article ne précise pas où, et par qui ils ont été fabriqués).

Cette histoire pointe néanmoins plusieurs problèmes:

  • Peut-on soigner à distance?
  • Qui fabrique les médicaments (cette question se pose d’autant plus que l’industrie pharmaceutique externalise à tour de bras cette activité)
  • Comment réguler un tel phénomène qui est de toute évidence mondialisé?

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Father blames son’s suicide on « telemedecine »

By Bob Egelko

The San Francisco Chronicle

Tuesday, December 30.