Dronédarone et interactions médicamenteuses

La dronédarone (MULTAQ®) est donc commercialisée depuis quelques semaines en France, et je commence à en voir passer sur les ordonnances.

Si l’on met de côté le problème de son efficacité, reste celui des nombreuses interactions médicamenteuses, et c’est pas de chance, avec des médicaments usuels en cardiologie.

Que dit la section 4.5 du RCP?

La dronédarone est principalement métabolisée par le CYP3A4 (voir rubrique Propriétés pharmacocinétiques). En conséquence, les inhibiteurs et les inducteurs du CYP3A4 peuvent potentiellement agir sur la dronédarone. La dronédarone est un inhibiteur modéré du CYP3A4, un inhibiteur faible du CYP2D6 et un inhibiteur puissant de la glycoprotéine P (P-gp). La dronédarone peut donc potentiellement interagir sur les médicaments substrats des glycoprotéines P, du CYP3A4 ou du CYP2D6.

La dronédarone n’est pas un inhibiteur potentiellement significatif des CYP1A2, CYP2C9, CYP2C19, CYP2C8 and CYP2B6.

Une interaction pharmacodynamique potentielle peut aussi être observée avec les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques et les digitaliques.

Médicaments induisant des torsades de pointes

Les médicaments induisant des torsades de pointes tels que les phénothiazines, le cisapride, le bépridil, les antidépresseurs tricycliques, certains macrolides oraux, la terfénadine et les antiarythmiques de classe I et III, sont contre-indiqués en raison du risque arythmogène potentiel (voir rubrique Contre-indications). De plus, la co-administration de bêtabloquants ou de digoxine doit être réalisée avec précaution.

Effets d’autres médicaments sur MULTAQ

Inhibiteurs puissants du CYP3A4

L’administration de doses répétées de 200 mg par jour de kétoconazole a entrainé une exposition à la dronédarone augmentée de 17 fois. En conséquence, l’utilisation concomitante du kétoconazole, ainsi que d’autres inhibiteurs puissants du CYP3A4 tels que l’itraconazole, le voriconazole, le posaconazole, le ritonavir, la télithromycine, la clarithromycine ou la néfazodone, est contre-indiquée (voir rubrique Contre-indications).

Inhibiteurs modérés/faibles du CYP3A4: inhibiteurs calciques

Les inhibiteurs calciques, le diltiazem et le vérapamil sont des substrats et/ou des inhibiteurs modérés du CYP3A4. De plus, en raison de leur propriétés bradycardisantes, le vérapamil et le diltiazem peuvent potentiellement interagir avec la dronédarone sur un plan pharmacodynamique. Des doses répétées de diltiazem (240 mg deux fois par jour), de vérapamil (240 mg une fois par jour) et de nifédipine (20 mg deux fois par jour) ont entrainé une augmentation de l’exposition à la dronédarone respectivement de 1,7; 1,4 et 1,2 fois. La dronédarone (400 mg deux fois par jour) a également augmenté l’exposition aux inhibiteurs calciques (1,4 fois pour le vérapamil et 1,5 fois pour la nisoldipine). Dans les études cliniques, 13% des patients ont reçu des inhibiteurs calciques en association avec la dronédarone. Il n’y a pas eu d’augmentation du risque d’hypotension, de bradycardie et d’insuffisance cardiaque.

En général, en raison du risque d’interaction pharmacocinétique et d’une possible interaction pharmacodynamique, les inhibiteurs calciques avec effets dépresseurs sur le noeud sinusal et le noeud auriculo-ventriculaire tels que le vérapamil et le diltiazem, doivent être utilisés avec prudence en cas d’association avec la dronédarone. Ces traitements doivent être débutés à faible dose et toute augmentation doit être réalisée uniquement après évaluation de l’ECG. Chez les patients déjà sous inhibiteurs calciques au moment de l’introduction de la dronédarone, un ECG doit être réalisé et la posologie de l’inhibiteur calcique doit être adaptée, si besoin (voir rubrique Mises en garde et précautions d’emploi).

D’autres inhibiteurs modérés du CYP3A4 tels que l’érythromycine sont aussi susceptibles d’augmenter l’exposition à la dronédarone.

Inducteurs du CYP3A4

La rifampicine (600 mg une fois par jour) diminue l’exposition à la dronédarone de 80% sans modifications majeures sur son métabolite actif. En conséquence, la co-administration de la rifampicine et d’autres inducteurs puissants du CYP3A4 tels que le phénobarbital, la carbamazépine, la phénytoïne ou le millepertuis, est déconseillée car ils diminuent l’exposition à la dronédarone.

Effets de MULTAQ sur d’autres médicaments

Interactions avec les médicaments métabolisés par le CYP3A4

• Statines

La dronédarone peut augmenter l’exposition aux statines qui sont des substrats du CYP3A4 et/ou de la P-gp.

La dronédarone (400 mg deux fois par jour) a augmenté respectivement par 4 et 2 fois l’exposition à la simvastatine et à la simvastatine acide. On peut s’attendre à ce que la dronédarone augmente également l’exposition à la lovastatine et l’atorvastatine dans la même proportion que la simvastatine.

L’interaction de la dronédarone avec les statines transportées par l’OATP, telles que la fluvastatine et la rosuvastatine, n’a pas été étudiée. Dans les essais cliniques, il n’y a pas de signal suggérant un problème de tolérance lors de la co-administration de la dronédarone avec des statines métabolisées par le CYP3A4.

Les statines à doses élevées augmentant le risque de myopathie, la co-administration des statines doit être réalisée avec précaution. Une posologie initiale et d’entretien plus faible doit être considérée en fonction du résumé des caractéristiques du produit en vigueur des statines avec une surveillance pour détecter l’apparition éventuelle de signes cliniques de toxicité musculaire (voir rubrique Mises en garde et précautions d’emploi).

• Inhibiteurs calciques

L’interaction de la dronédarone avec les inhibiteurs calciques est décrite ci-dessus (voir rubrique Mises en garde et précautions d’emploi).

• Sirolimus, tacrolimus

La dronédarone pourrait augmenter les concentrations plasmatiques du tacrolimus et du sirolimus. La surveillance de leurs concentrations plasmatiques et un ajustement approprié de leur posologie est recommandée en cas de co-administration avec la dronédarone.

• Contraceptifs oraux

Aucune diminution de l’éthinylestradiol et de lévonorgestrel n’a été observée chez les sujets sains recevant de la dronédarone (800 mg deux fois par jour) et sous contraceptif oral.

Interaction avec les médicaments métabolisés par le CYP2D6 : bêtabloquants, antidépresseurs

• bêtabloquants

La dronédarone peut augmenter l’exposition aux bêtabloquants métabolisés par le CYP2D6. De plus, les bêtabloquants peuvent interagir avec la dronédarone sur un plan pharmacodynamique. La dronédarone à la posologie de 800 mg par jour a augmenté l’exposition du métoprolol de 1,6 fois et celle du propranolol de 1,3 fois (soit un niveau bien inférieur que la différence de 6 fois observée entre les patients métaboliseurs lents et rapides du CYP2D6). Dans les essais cliniques, il a été observé une fréquence des bradycardies plus élevée lors de la co-administration de la dronédarone avec des bêtabloquants.

En raison de l’interaction pharmacocinétique et d’une possible interaction pharmacodynamique, les bêtabloquants doivent être utilisés avec précaution lors de la co-administration avec la dronédarone. Ces médicaments doivent être instaurés à faible dose et une augmentation posologique doit être réalisée seulement après une évaluation de l’ECG. Chez les patients déjà sous bêtabloquants au moment de l’initation de la dronédarone, un ECG doit être réalisé et la posologie de bêtabloquant doit être ajustée si nécessaire (voir rubrique Mises en garde et précautions d’emploi).

• Antidépresseurs

La dronédarone étant un faible inhibiteur du CYP2D6 chez l’homme, une interaction limitée sur les antidépresseurs métabolisés par le CYP2D6 est attendue.

Interaction avec les substrats de la P-gp

• Digoxine

La dronédarone (400 mg deux fois par jour) a augmenté l’exposition à la digoxine de 2,5 fois par inhibition du transporteur gp-P. De plus, les digitaliques peuvent potentiellement interagir avec la dronédarone sur un plan pharmacodynamique. Un effet synergique sur la fréquence cardiaque et la conduction auriculo-ventriculaire est possible. Dans les essais cliniques, une élévation des taux de digitaliques et/ou des troubles gastro-intestinaux, indiquant une toxicité des digitaliques ont été observés lors de la co-administration de la dronédarone avec les digitaliques. La dose de digoxine doit être diminuée d’environ 50%, la digoxinémie doit être étroitement surveillée, un suivi clinique et électrocardiographique est recommandé.

Interaction avec la warfarine et losartan (substrats du CYP2C9)

La dronédarone (600 mg deux fois par jour) a augmenté de 1,2 fois la S-warfarine sans changement sur la R-warfarine avec seulement une augmentation de l’INR d’un facteur 1,07.

Aucune interaction n’a été observée entre la dronédarone et le losartan et une interaction entre la dronédarone et les autres ARAII (inhibiteurs des récepteurs à l’angiotensine II) n’est pas attendue.

Interaction avec la théophylline (substrat du CYP1A2)

La dronédarone 400 mg deux fois par jour n’augmente pas la concentration à l’équilibre de la théophylline.

Autre information

Le pantoprazole (40 mg une fois par jour), un médicament augmentant le pH gastrique sans aucun effet sur le cytochrome P450, n’a pas modifié de façon significative la pharmacocinétique de la dronédarone.

Jus de pamplemousse (inhibiteur du CYP3A4)

Des doses répétées de 300 ml de jus de pamplemousse trois par jour ont augmenté de 3 fois l’exposition à la dronédarone. En conséquence, les patients traités par la dronédarone devront être informés d’éviter de prendre des boissons à base de jus de pamplemousse (voir rubrique Mises en garde et précautions d’emploi).

 

Elle dit donc beaucoup de choses…

Pour résumer en trois mots: prudence, prudence, prudence.

D’autant plus que j’ai testé aujourd’hui BCB Hôpital et la base Thériaque, qui sont deux systèmes répandus d’analyse d’ordonnances et ils n’ont pas détecté ces interactions, même les contre-indications.

(Capture d’écran BCB Hôpital, tous les voyants sont verts)

(Par contre, la BCB iPhone les signale, va comprendre, Charles…. Sur Vidal Expert®, ça donne quoi?)

(capture d’écran BCB iPhone, là, le voyant est rouge…)

L’Afssaps a répercuté un « Plan de Gestion des Risques » européen au niveau français. Les professionnels de Santé ont donc reçu un courrier qui est aussi disponible sur un site administré par Sanofi-Aventis (uhmmmm…).

Donc malgré l’existence d’un système de transmission/échange de données qui fonctionne pas trop mal en 2010, je parle d’internet, il est toujours peu commode à un professionnel de Santé français de déclarer un effet indésirable grave ou inattendu:

L’Afssaps rappelle que tout effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être lié à l’utilisation de Multaq® doit être déclaré par les professionnels de santé au CRPV de rattachement géographique (coordonnées disponibles sur le site Internet de l’Afssaps http://www.afssaps.fr ou dans les premières pages du Dictionnaire Vidal ®).

Toujours pas de déclaration en ligne (surtout pour l’initier, en fait), pas d’adresse unique…

Back to The Trees!

On peut quand même trouver un formulaire de déclaration ici, et les coordonnées des centres français de pharmacovigilance.

Même sur le site internet de l’Afssaps, le rédacteur de la page concernant la déclaration, probablement désabusé, a fait un lapsus révélateur (dans Comment déclarer):

Il est recommandé de transmettre ces informations par écrit ou au moyen du après contact téléphonique préalable le cas échéant.

Au moyen du quoi?

  • télégraphe Chappe?
  • message par signaux de fumée?
  • télégraphe sans fil?
  • pigeon réglementaire de l’Armée de Terre?
  • fax?

Et pendant ce temps, en Grande-Bretagne, la NHS permet aux professionnels de santé et aux patients de faire des e-déclarations sur cette page.

Sancta Simplicitas…

Auteur : Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

30 thoughts on “Dronédarone et interactions médicamenteuses”

  1. Merci pour toutes ces précisions.
    Que je sache elle n’est pas encore commercialisée ici au Portugal.
    Ici non plus nous ne pouvons pas déclarer les effets indésirables en ligne, mais les feuilles de déclarations sont téléchargeables et sortent avec l’adresse d’envoi. Il n’y a plus qu’à remplir, plier et envoyer.
    Depuis quelque mois on reçoit par email les avis de pharmacovigilance.

  2. L’absence de réaction de la BCB ou de THERIAQUE lorsque tu simules une ordonnance avec MULTAQ est « normale ». L’explication tient à la mise à jour du thesaurus des interactions de l’Afssaps qui est l’outil qui sert aux BDM pour l’analyse des interactions. La dernière mise à jour date du 30/06/2009 :

    http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/91686025dcbabd76df6d917c10bd199f.pdf

    J’avais posé la question à la BCB à propos de l’hétérogénéité des RCP des CLOPIDOGREL génériques qui n’ont pas suivi la mise à jour du CLOPIDOGREL princeps concernant les interactions (je pense aux IPP). La réponse de la BCB fut que les BDM suivent le thesaurus de l’Afssaps (donc l’interaction est prise en compte dès lors qu’elle figure avec la DCI dans le thesaurus et ce que la monographie de la spécialité le signale ou pas).

    Tu peux essayer par exemple : MULTAQ°, TAHOR° et NIZORAL°. Tu ne verras comme interaction que TAHOR° et NIZORAL° alors qu’effectivement il devrait y avoir aussi MULTAQ° et NIZORAL°. La BCB répond :

    « ASSOCIATION CONTRE INDIQUEE :
    NIZORAL 200 mg Comprimé (KETOCONAZOLE)
    TAHOR 40 mg Comprimé pelliculé (ATORVASTATINE)
    Kétoconazole Potentialise l’effet de Atorvastatine
    Risque majoré d’effets indésirables (concentration-dépendants) à type de rhabdomyolyse (diminution du métabolisme hépatique de l’atorvastatine).
    Source Thesaurus AFSSAPS du 30/06/2009 »

    Le thesaurus dit la même chose et classe l’association en « contre-indication ».

    MULTAQ° n’existe pas dans le thésaurus de l’Afssaps donc aucune interaction et aucune association contre-indiquée avec ce produit! Super pour les parts de marché, ça évitera d’affoler les prescripteurs!!!

    Pourquoi l’Afssaps remet-elle à jour si peu souvent le THESAURUS des interactions ? Les BDM ont l’obligation dans la charte de qualité de la HAS d’être à jour par rapport à l’Afssaps mais l’Afssaps n’a probablement pas cette obligation d’être en temps réel par rapport au marché ! Je poserai la question à mon CRPV de proximité très prochainement.

    Concernant les déclarations en ligne, certains CRPV le proposent :
    Région Centre : http://www.pharmacovigilance-tours.fr/nous-contacter.html.
    Celui de Toulouse : http://www.bip31.fr/declarationenligne.php
    Plein d’info sur ces deux sites…
    Il y en a sûrement d’autres mais je ne connais que ces deux-là pour le moment.

      1. Je ne suis pas (encore) équipé iPhone donc je n’en ai aucune idée…
        Au bout du lien ci-dessous le référentiel de certification des LAP:
        http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/referentiel_certif_lap.pdf
        Plus particulièrement l’item 37 page 16:
        « Les contrôles de sécurité de la prescription produisent un signal d’information en cas d’interaction médicamenteuse d’après les données de référence disponibles sur l’ensemble des traitements médicamenteux en cours chez le patient. Le LAP donne accès au(x) mécanisme(s) biologique(s) et à la conduite à tenir dans le thésaurus des interactions de l’Afssaps. Les niveaux de sévérité sont ceux mentionnés dans le référentiel des interactions médicamenteuses de l’Afssaps si l’interaction concernée y est référencée. »

        Normalement hors du Thesaurus, point de salut, car c’est le Thesaurus qui définit le niveau de sévérité d’une interaction selon le référentiel. On imagine que le Thesaurus est le plus exhaustif et le plus à jour sur ce thème à la réserve près des nouvelles monographie parues depuis sa dernière mise à jour. Comment BCB iPhone s’en arrange??? Bonne question. Je ne trouve pas normal que la qualité de l’information puisse varier en fonction du canal de diffusion utilisé….

        1. Euh en fait, j’ai une réponse partielle.
          Le Thésaurus donne en effet le la et sa dernière version date effectivement du 30/06/2009.
          Donc évidemment, pour tous ce qui est plus récent, souci…
          Maintenant, il semble que les bases se complètent elles-même en se servant du RCP, par exemple.
          Très nébuleux, tout ça…

          1. J’ai posé la question à BCB, THERIAQUE et THESORIMED. Si tu n’as la pas déjà fait j’apporterai la réponse obtenue.
            Je trouve que le manque d’avertissement sur le caractère incomplet de l’analyse par rapport à l’information de la monographie est très problématique… Une analyse faussement négative peut inciter le prescripteur de bonne foi à ne pas consulter le roman de la monographie…

              1. J’ai obtenu une réponse qui conforte notre idée sur la problématique de la mise à jour du THESAURUS de l’Afssaps. Le prochain est attendu pour janvier 2011.
                Je reviens pour être plus précis lorsque j’aurai obtenu plus d’informations.

  3. « je commence à en voir passer sur les ordonnances. » Dans ce cas que dites vous à vos patients ?

    1. Bah, rien…
      Il n’y a pas grand chose à en dire, en fait.
      Je vérifie les interactions pour voir si il n’y a pas de souci.
      Même si je ne prescris pas de dronédarone à mes patients, et sauf nouvelles données, je ne le ferai pas, je ne vais pas faire du prosélytisme, surtout via un patient.
      Qui serais-je pour en faire? Ai-je raison d’avoir cette attitude devant ce produit?
      Je doute déjà pour moi, alors je n’ai aucune raison d’aller critiquer les ordonnances des autres😉

      1. Je pensais plus au volet informatif que critique de la communication. C’est nous qui détenons l’information de santé, si le patient l’apprend par un autre moyen que nous (une bête recherche google par exemple), j’imagine que nous perdons en crédibilité. A l’extrême on en arrive à des affaires Médiator. Le patient peut légitimement se demander pourquoi personne ne lui a dit qu’il expérimentait un nouveau médicament dont « l’historique du développement […] est exemplaire de la manière dont certaines firmes finissent par obtenir des AMM à l’usure, face à des agences du médicament défendant trop faiblement les patients » (c) Prescrire. Ma question était donc, comment donner une information au patient sans que le message ne se résume pour lui à « ça aurait été moi je ne vous aurais jamais prescrit ça ».

          1. hum, et en étant infirmiere libérale, comment fait-on pour conseiller à sa patiente à qui on vient de prescrire Multacq et TAHOR!!! surtout que la mise en place du traitement est houleuse douleur aux genoux crampes et episode d’arythmie ? est ce de la dépression ?
            Je lui dit quoi , moi ???
            Réponse : vous seriez ma mère, ma soeur ou mon père j’éviterai de prendre ceci et regarder sur internet !!!!! :))
            En fait à la crise suivante , elle a été aux urgences elle y est restée de 15 heure à minuit et arret du traitement !!!!
            En bref, maintenant, j’arr^te de vous lire et je me contente de regarder vos articles hors médecine!

  4. @ JM VAILLOUD suite de « Raconte! »

    Réponse de THESORIMED :
    « Le module de recherche d’interactions de notre base s’appuie sur les informations officielles publiées dans le Thésaurus des Interactions AFSSAPS (dont la dernière publication date du 30 juin 2009), et non pas sur celles publiées dans le RCP. Or la dronédarone (MULTAQ) n’est pas référencée dans le Thésaurus actuel, c’est pourquoi, les interactions que vous nous avez communiquées ne sont pas détectées.
    Nous attendons la prochaine publication du Thésaurus AFSSAPS (annoncée en janvier 2011) qui tiendra certainement compte de ces interactions afin de mettre à jour notre base en conséquence. »

    Que ce soit pour THERIAQUE (ci-dessous )ou THESORIMED, l’analyse « MULTAQ° + NORVIR° » produit le texte suivant :
    Alerte(s) patient(s)
    0 HYPERSENSIBILITE
    0 CONTRE-INDICATION
    0 MISE EN GARDE, PRECAUTION D’EMPLOI

    Interaction(s) médicamenteuse(s)cliniquement significative(s)
    Pas d’interaction cliniquement significative décrite ou en cours d’élaboration par le GTIAM.
    Se reporter aux interactions RCP.
    Interaction(s) alimentaire(s)
    0 CONTRE-INDICATION
    0 MISE EN GARDE, PRECAUTION D’EMPLOI

    Redondance(s)
    0 REDONDANCE

    Pour la BCB en ligne le résultat est dans ton texte.
    Si THESORIMED et THERIAQUE s’entourent de la précaution de renvoyer sur le RCP, il faut bien avouer que ce n’est pas pratique ni satisfaisant…

    Il faudrait un warning sur les médicaments non pris en compte dans l’analyse… C’est même indispensable à mon sens pour avoir confiance dans les analyses produites.
    Les délais semblent franchement longs dans les mises à jour du THESAURUS et ça c’est aussi un problème pour fiabiliser les analyses…

    Reste à comprendre la spécificité de la BCB iPhone qui indique au moins la contre-indication (c’est déjà très bien!). Là je n’ai pas encore de réponse… un abonné devrait relancer!

    Suite au prochaine épisode.

      1. Hi….
        Réponses complémentaires:
        THESORIMED (création du Ministère de la Santé) répond concernant MULTAQ°:
        « Nous allons procéder à l’incrémentation de cette interaction sans attendre sa parution officielle par l’Afssaps. »
        On attendait pas moins face à une molécule pour laquelle un PGR est mis en place. La 1ère des précautions est d’avoir des outils fiables d’évaluation préalable du risque c’est à dire une analyse des interactions fiable (avant prescription…) !!!

        Sur la problématique de l’analyse incomplète:
        « …cela permettrait, comme vous le soulignez, de procéder à une alerte « par la négative » en avertissant l’utilisateur que certaines substances ne sont pas (encore) prises en compte dans l’information officielle. Persuadé de l’intérêt de cette démarche, je vais initier un travail sur le sujet afin d’essayer d’y apporter une réponse, même partielle. »

        Nous n’avons peut être pas perdu notre temps dans ce débat. Les autres bases devraient aussi s’y mettre ou du moins on peut essayer des les stimuler…

        1. En effet, mais ne t’affole pas non plus, il dit bien « Persuadé de l’intérêt de cette démarche, je vais initier un travail sur le sujet… »
          Initier un travail en langage administratif, ce n’est pas forcément s’y mettre!😉
          Hier j’ai jeté un coup d’œil sur les réponses données par Vidal Pro, et ça donne cela:

          Eux, ils ont déjà terminé le travail!

          1. Effectivement! Ils sont « dans les clous » de la certification des LAP et surtout ils avertissent que l’analyse est incomplète… Pour autant peut-on se contenter de remises à jour du Thesaurus aussi lentes (06/2009 à 01/2011) sans mise à jour en temps réel en fonction des AMM délivrées surtout quand dans le lot il y a des médicaments avec PGR? Certaines BDM dont BCB iPhone (mais pas BCB internet canal classique) semble vouloir dépasser cette limite et THESORIMED annonce vouloir y travailler… preuve qu’il y a un problème ! Encore matière à poser des questions aux agences (pour trouver des réponses!) mais là je crains que l’inertie ne soit plus forte… On peut toujours essayer!

          2. Effectivement il ne fallait pas s’affoler! Voilà la suite de la réponse de THESORIMED:

            « Ainsi, la fonction d’analyse d’ordonnance est dynamique, donc basée sur des couples de substances et non 1 substance seule. Ne peuvent donc en ressortir que les résultats puisés dans les données codifiées du Thesaurus.
            Nous avons, par exemple, dès avant-hier saisi et codifié l’interaction dont nous parlons depuis le début [MULTAQ+NORVIR+NIZORAL]. Mais celle-ci étant rattachée au RCP et donc à la substance, elle n’apparaîtra pas sur le site internet bien que présente dans la base… »

            complété plus loin par:

            « De même, Lorsqu’un résultat d’analyse d’interactions est négatif, il y a bien un message de précaution disant :
            Pas d’interaction cliniquement significative décrite ou en cours d’élaboration par le GTIAM. Se reporter aux interactions RCP. »

            Il est juste prévu d’écrire en plus gros et plus évident ce message d’aller lire le RCP…

            La priorité d’évolution est inscrite pour 2011. Et bien nous verrons donc en 2011! En attendant je pense que la BCB reste le meilleur choix actuellement. Ils sont pragmatiques et réactifs!!!!

  5. le plus sage est surement d’attendre que les données soient dans les bases car tout ce que je lis sur cette molécule n’est pas encourageant ( ASMR nul) 1 seul avantage : pas d’iode. pour les interactions en cardio les pharmaciens font très confiance au cardiologue .
    à suivre

  6. @JM VAILLOUD:
    BCB en ligne internet canal classique pour le test MULTAQ° + NIZORAL° + NORVIR°

    ASSOCIATION CONTRE INDIQUEE :
    MULTAQ 400 mg Comprimé pelliculé (DRONEDARONE)
    NIZORAL 200 mg Comprimé (INHIBITEURS PUISSANTS DU CYP3A4)
    Kétoconazole Potentialise l’effet de Dronédarone
    L’administration de doses répétées de 200 mg par jour de kétoconazole a entrainé une exposition à la dronédarone augmentée de 17 fois. En conséquence, l’utilisation concomitante d’inhibiteurs puissants du CYP3A4 est contre-indiquée.
    Source RCP du 26/11/2009

    ASSOCIATION CONTRE INDIQUEE :
    MULTAQ 400 mg Comprimé pelliculé (DRONEDARONE)
    NORVIR 100 mg Comprimé pelliculé (INHIBITEURS PUISSANTS DU CYP3A4)
    Ritonavir Potentialise l’effet de Dronédarone
    L’administration de doses répétées de 200 mg par jour de kétoconazole a entrainé une exposition à la dronédarone augmentée de 17 fois. En conséquence, l’utilisation concomitante d’inhibiteurs puissants du CYP3A4 est contre-indiquée.
    Source RCP du 26/11/2009

    Pour THESORIMED, pas encore de mise à jour, pour THERIAQUE pas encore de mise à jour.

    1. Héhé, moi aussi, ça marche:

      Alors que le 28/11/10 ça ne marchait pas!
      Quelque chose a bougé…😉

      En tout état de cause, les bases de données ne sont pas responsables de ce grand flou, le souci se situe en amont, ça devrait être discuté prochainement.
      Et effet, tu as raison, pour un traitement avec une PGR, ça fait vraiment désordre.

  7. Comme d’habitude je le prescrirai après une large utilisation… mais je me suis fait avoir comme les autres avec le médiator (jusqu’en 2006), qui avait toutes les garanties de fiabilité possible…

  8. @JM VAILLOUD:
    Réponse de la BCB:

    « Concernant la gestion des IAM, les bases de données médicamenteuses sont effectivement soumises, par convention, au Thesaurus de l’AFSSAPS qui est le seul document juridiquement opposable.
    Cependant, en l’absence d’informations dans ce Thesaurus et avec l’accord de M.XXXXX, responsable de la Cellule Interactions Médicamenteuses de l’AFSSAPS, nous mentionnons les IAM présentes dans les RCP avec comme source « RCP en date du… ». Dans le même temps, nous faisons des propositions à l’AFSSAPS qui donne son avis pour la prise en compte ou non de ces interactions après consultation du GTIAM (Groupe de Travail des IAM). A la réception de cet avis, nous révisons les IAM conformément aux décisions de l’AFSSAPS. »

    Ce que je retiens, c’est l’hétérogénéité des choix des BDM en ligne pour répondre au hiatus induit par le Thesaurus Afssaps qui est la seule référence légale en matière d’interaction médicamenteuse mais qui est rarement remis à jour.
    Ce que je retiens aussi, c’est que seul VIDAL semble apporter un avertissement clair susceptible de mettre en garde l’utilisateur sur les carences de l’analyse. Cet aspect est absolument essentiel… même si le mieux c’est « d’incrémenter au-delà du Thesaurus ». L’un n’exclut pas l’autre de mon point de vue. En l’absence de ces deux exigences essentielles, on ne peut pas considérer les analyses produites comme fiables à 100%.

  9. eh bé,rassurant tout cà…infirmière ,réfractaire aux médicaments,le chef de clinique de cardio qui me suit pr troubles du rythme ,radiofréquence en mars dernier,flecaine 100lp ,detensiel5 et previscan,malaises importants en novembre,urgences ou rien n est decelé,test effort presque normal,holter avec conservation des troubles d extra systoles nocturnes,ecg recent avec QT prolongé:ttt on stoppe flecaine et beta bloquant et on attaque le multarq ds 48h,qu elle conduite tenir qud on est le patient,en plus bourré d arthrose on a deja mal partout ss pouvoir prendre autre chose que le paracetamol!et prendre connaissance de ts les enmerdes qui risquent de me tomber dessus?pas de soucis madame,ce n est que de la cordarone ss les effets secondaires!de qui ce moque t on?help!

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