Normoglycémie

Quelques remarques après la matinée, pour que les choses soient claires entre nous.

  • L’hôpital public reste globalement encore le meilleur endroit pour se faire soigner. Notez le « globalement » et le « encore » qui n’auraient pas été présents dans cette phrase il y a 20-25 ans (mes parents étaient très « hospitaliers », moi, je le suis encore beaucoup)
  • Il reste le seul endroit pour se former. Deux exceptions: sur certaines techniques, les cliniques sont parfois plus pointues, et ça vaut le coup d’aller y faire un tour, et bien sûr, je ne conçois pas une bonne formation sans être allé voir ce qui se passe en dehors de nos frontières.
  • Le bordel y a toujours régné, ce n’est pas un scoop. Par contre, il se développe considérablement depuis une dizaine d’années. De plus, « avant », la bonne volonté du personnel permettait d’en atténuer les effets sur les patients, maintenant, cette bonne volonté est en voie de disparition.
  • Y passer sa carrière n’a rien de déshonorant. Bien au contraire, cela nécessite un gros degré d’abnégation (vis à vis de l’argent, du bordel…).
  • L’intérêt pour un praticien-attaché est moins net, plus subtil. Avoir un pied dans l’hôpital c’est principalement cultiver et entretenir sa liste de contacts sur son portable et continuer à travailler avec des gens que l’on aime bien. Parfois, je présume même que ça doit être intellectuellement stimulant. De mon côté, si je suis peu enthousiaste pour les consultations de cardio, je prends beaucoup de plaisir en vasculaire.

Allez! Au boulot! Maintenant cabinet…

7 Replies to “Normoglycémie”

  1. C’est quoi le « bordel »? La bureaucratie (règles bizarres, parfois inventées par des bureaucrates qui prétendent que c’est « la loi », comme dans les universités)?

    1. Le bordel n’est pas forcément administratif.
      C’est par exemple ne pas retrouver un dossier pendant une consultation, faire un examen à un patient sans courrier et avec un interne au bout du fil qui ne sait rien, des heures d’attente avant d’avoir un patient alors que le délai pour avoir un examen est de 15 jours-3 semaines….
      C’est aussi le je-m’en-foutisme un peu général.

  2. @Lawrence: Pardonnez ma naïveté, mais comment se fait-il que chaque patient évoluant dans un hôpital n’ait pas un dossier informatisé associé avec tous les actes et examens dedans?

    (Je ne parle pas du dossier informatisé à l’échelon national, qui pose plein de problèmes de mise en place, mais de quelque chose de local.)

    1. Question pas naïve, mais simple et pleine de bon sens!
      Aucune idée.
      Le coût, probablement.
      Mais les choses avancent, on vient de se doter d’un dossier radiologique entièrement numérique.
      « Archaïsmes et modernité », ce pourrait être le titre d’un bouquin chiant sur l’hôpital
      😉

  3. @Lawrence: Sans vouloir vous offenser, le radiologue libéral qui officie au bout de ma rue (et est en secteur I) a déjà le dossier radiologique numérique depuis un certain temps déjà… (En pratique, cela veut dire que si les radios précédentes ont été faites chez lui, il peut les ressortir même si on ne les lui a pas rapportées.)

    Autrement dit, votre hôpital n’est pas à la pointe… 🙂

    [Il me semble d’ailleurs que le développement des dossiers radiologiques numériques avait été une motivation pour le développement de nouveaux formats de compression d’image sans pertes.]

    Ceci dit, je vais arrêter de me moquer de vous: j’ai l’habitude des systèmes universitaires où les données sont réparties dans plusieurs bases différentes (et non tenues synchronisées et à jour, style on envoie parfois des courriers à l’adresse enregistrée il y a 3 ans car seule une des bases a été mise à jour), et où l’on adore transmettre des données sous forme papier (un secrétariat imprime des informations à partir d’un fichier et quelqu’un d’autre les retape).

    La différence est qu’on ne met pas en jeu des vies humaines…

  4. J’ai déjà dit plusieurs fois à mon dentiste qu’il faut qu’il change ses méthodes de travail. Les dossiers des patients ne sont pas informatisés. Tout est écrit à la main. Quand j’arrive, il n’est jamais préparé. C’est moi qui lui dit ce que l’on va faire. Enfin, c’est peut-être que l’on a instauré cela entre nous. Mais des fois, quand je le vois chercher dans les dossers, cela me rend folle. Pour moi, c’est une perte de temps. Une fois qu’il ne se rappelait vraiment plus ce que l’on avait fait, je lui ai dit : il faudrait peut-être « imprimer » de temps en temps. Il m’a dit au mois de février qu’il travaille 14 heures/jour. Cela me paraît beaucoup.

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