Pourquoi je blogue?

Je me le demande parfois, étant donné le temps que j’y passe. Est-ce que cela le vaut vraiment?

Ben, pour l’instant, oui.

  • pour le plaisir que j’ai à écrire et à lire les commentaires.
  • pour la discipline que cela impose. Ça n’a l’air de rien, mais écrire régulièrement des textes un minimum cohérents demande une certaine rigueur de raisonnement que j’entraîne presque quotidiennement et qui est bien utile dans ma vraie vie.
  • pour le plaisir de rencontrer, le plus souvent virtuellement, mais aussi parfois en vrai des gens que je n’aurais jamais rencontré si je ne bloguais pas.
  • pour les bénéfices secondaires: les compliments et les citations dans la presse professionnelle et même à la TV, c’est quand même bien agréable.
  • pour l’adorable cousine du fin fond de l’Allemagne que je me suis découvert.
  • parce que je n’ai jamais autant suivi l’actualité médicale et lu d’articles scientifiques que maintenant (en tout cas bien plus que quand j’étais assistant). Pour écrire une note, même courte sur un sujet scientifique, il me faut parfois des heures de lecture, de recherches sur la toile, et même parfois de demande de conseils à des confrères dans la vraie vie. Souvent, aussi, une note moins scientifique va me faire réfléchir sur tel ou tel point éthique, ou plus prosaiquement sur une conversation que j’ai eue avec un de mes patients. Ça parait bête, là aussi, mais la présence dans notre petite communauté de blogs médicaux de gens comme Stéphane, ou Jaddo « oblige » à tendre vers le meilleur, à la fois sur le fond et la forme. J’ai cité deux blogs francophones fondamentalement différents, à l’opposé l’un de l’autre, primo pour ne  fâcher personne (tout autre blog médical se situant necessairement entre eux deux est donc inclus dans l’accolade), mais aussi parcequ’ils représentent pour moi ce qu’il y a de meilleur dans la blogosphère médicale. Je ne ressens aucune compétition entre nous trois, et nous tous en particulier, mais c’est évident pour moi qu’ils tirent le niveau vers le haut, et qu’il faut beaucoup beaucoup travailler et ressentir pour ne pas paraître petit par rapport à eux. Ils représentent la science et l’humanisme de notre métier, dans ce qu’il y a de meilleur. Pour revenir au début du paragraphe, toute cette culture médicale (et humaine) mise à jour presque quotidiennement me sert dans ma vie professionnelle, j’espère au bénéfice de mes patients.
  • arrêter de bloguer signifierait de facto ne plus appartenir à notre petite communauté que je trouve très sympathique et enrichissante. Je n’arrive pas à m’imaginer « simple lecteur » après avoir gouté au plaisir d’être à la fois un créateur de contenu et un lecteur.

Image

Depuis quelques temps, j’essaye de rendre par une image l’évolution des maladies cardiovasculaires en Europe, et notamment leurs traitements préventifs. Je suis toujours dans la droite ligne de Euroaspire, et des diverses solutions de plus en plus complexes et coûteuses pour tordre le cou aux facteurs de risque cardiovasculaire qui sont de l’autre côté cultivés presque amoureusement par nos patients, et arrosés par notre peu d’empressement à faire de la prévention non médicamenteuse.

L’image m’a sauté à la figure en voiture (à moins que ce ne soit un vélo que je n’ai pas vu).

C’est exactement l’histoire de la tapisserie de Pénélope.

Patients (et médecins) détricotent consciencieusement tout ce qui a été fait en matière de progrès dans le traitement curatif des maladies cardiovasculaires depuis 20 ans. La tapisserie a quand même avancé, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui aurait pu être.

Je m’en rends compte depuis peu en tendant mes petits conseils diététiques à mes hypertendus qui mangent consciencieusement tout ce qu’il y a de plus salé (en le sachant ou non) et qui avalent par poignées des Efferalgan effervescents!