Reconnaissance

Deux applications gratuites sur iphone sont stupéfiantes, bien que d’une utilité toute relative.

La première, Shazam permet de reconnaitre n’importe quelle musique diffusée à proximité de l’iphone. Shazam vous donne toutes les coordonnées de la musique en quelques secondes, et vous permet de l’acheter en un clic sur iTunes Store.

Par exemple:

Photobucket

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Seule « limitation », mais on lui pardonne, Shazam ne reconnaitra pas une reprise. Par exemple, il va identifier Placebo jouant en concert « Where is my mind » comme étant l’original des Pixies. Mais bon, je suis magnanime, je lui pardonne….

La seconde, Snap Tell, reconnait des pochettes de disques ou de livres à partir d’une photo prise par l’iphone. Pour l’instant, cela ne marche que pour les biens culturels vendus aux EU. Mais une extension aux produits vendus hors EU est prévue. J’ai essayé sur des pochettes de DVD de Dysney et Wall-E, et ça marche parfaitement, puisque les pochettes des grosses productions sont mondiales le plus souvent.

Par exemple:

Photobucket

Je ne peux pas vous faire voir le cliché qui n’est pas conservé, mais c’était le genre pris à bout de bras avec une lumière pourrie accroupi devant la TV du salon, avec des traces de doigts gras sur l’objectif. Après la reconnaissance, vous pouvez avoir accès à un tas de services sur le net par un tapotement de doigt.

Fascinant.


La petite mort hypnagogique

Le titre n’a quasi aucun rapport avec la note mais la remarque de Stockholm sur le fait que ce pourrait être le titre d’un bouquin chiant m’a fait tordre de rire.

Genre bouquin de psycho…

Mais j’ai été confronté récemment à ce que je pense être un superbe exemple d’acte manqué, peut-être révélateur de l’inconscient d’une personne.

Cette personne est un médecin absolument dramatique. Appelons un chat, un chat, il représente à lui tout seul un facteur de risque important de morbi-mortalité.

Bien entendu, cela « se sait » dans un rayon assez important autour de son lieu de pratique. Il a donc peu de patients, car les confrères ne lui en envoient pas.

Il développe donc une clientèle dans l’arrière pays en organisant des sortes d’EPU (Enseignement Post Universitaire), afin de nouer des contacts qu’il espère fructueux avec d’éventuels correspondants « qui ne savent pas ».

Chose étonnante, d’ailleurs, ses EPU sont remarquablement organisées, structurées et financées. Les autres intervenants (mais qui ne sont pas de la même spécialité que lui) sont souvent de qualité.

Ce qui m’a fait bondir dans le programme de sa dernière réunion est le titre des deux interventions qu’il fait à titre personnel.

Je ne peux pas vous en donner l’intitulé exact, mais l’une d’elle a pour thème l’au-delà, l’autre l’échec, la mort et le risque de certains gestes médicaux qu’il pratique.

Étonnante irruption de son inconscient qui « sait » qu’il est dangereux, et qui le fait savoir via des présentations saugrenues, en tout cas très atypiques dans le cadre assez conventionnel des EPU ?

En tout cas, j’ai du mal à imaginer le cynisme absolu de cette situation si il avait parfaitement conscience de sa « juste valeur ».

D’un autre côté, comment peut-il ne pas s’en rendre compte ?

Cela soulève aussi bien entendu le problème des mauvais médecins « avérés ».

Il n’existe, à ma connaissance, pas de mécanisme institutionnel d’auto régulation. De toute façon, pour l’instant, en France, il n’y a aucune évaluation continue de la pratique médicale qui puisse conduire vers une action ordinale.

D’ailleurs, est-ce une faute, un délit (ordinal ou autre), d’être mauvais sans être forcément négligent ?

Les seuls mauvais médecins identifiés le sont via des actions judiciaires telles que celle-çi par exemple. Et dans ces cas, il existe des négligences avérées, voire carrément une escroquerie vis à vis du patient ou de la sécu.

Et ce n’est qu’au cours de ces procédures que chaque patient se rend compte qu’il n’est pas le seul à avoir été victime d’un « aléa thérapeutique » qui n’en est pas un.

Le seul mécanisme qui permette de limiter leur pouvoir de nuisance est que les confrères ne leur confient personne. Mais malheureusement, ils arrivent toujours à avoir quelques malheureux patients, passés au travers des mailles du filet protecteur.

Ironie dramatique du calendrier, c’est ce qui s’est produit récemment pour un infortuné patient du médecin dont je parlais au début.

En effet, il est aussi difficile pour un médecin que pour un patient d’avoir une vision d’ensemble sur l’activité de tel ou tel praticien, et de pouvoir constater que sa compétence moyenne est nettement en dessous de celle de ses confrères. On peut bien sûr parfois le repérer sur un patient particulier, en constatant une anomalie de prise en charge, mais ce n’est pas toujours très facile. Et puis tout le monde peut se tromper une fois…

C’est pour cela que l’on se fait passer le mot entre nous, et que l’on échange nos informations, mais toujours avec une discrétion toute confraternelle.

Thérèse, comment ça se passe aux EU ?