RIP

Sir James Black, prix Nobel de physiologie/médecine en 1988 pour avoir découvert une nouvelle classe thérapeutique, celle des béta-bloquants, vient de décéder.

Je ne vais pas vous retracer sa vie, son œuvre et déplorer sa disparition à l’âge de 85 ans car je ne connaissais pas son existence avant de tomber ce matin sur cette nécrologie du NYT.

Il a permis de sauver des millions de vie, et on utilise toujours (un peu) une des deux molécules qu’il a découvertes, le ICI 45520, plus connu sous sa DCI, le propranolol, encore plus connu sous son nom commercial, l’Avlocardyl®.

J’entends en fond de salle une rumeur, ce sont les milliers d’étudiants stressés avant leurs examens qui le remercient aussi

Je me joins à eux, c’est ce que j’ai pris pour ma thèse.

Bon, des milliers d’hommes ne le remercient pas, mais leurs doléances sont négligeables (et leurs femmes soulagées: « Mettez-le sous betabloquant, Docteur!« , m’avait glissé un jour une épouse très comme il faut derrière l’oreille sourde de son vieux mari) en comparaison de ce que James Black a apporté à l’Humanité (pas le journal, communistes béotiens que vous êtes).

La nécrologie comporte un passage qui me semble crucial:

Dr. Clyde Yancy, the president of the American Heart Association, said the drugs’ discovery was “one of the few things that really deserves the moniker ‘Landmark.’ ”

Car, à l’image de toute chanson qui est déjà un  » tube  » avant même d’être mise en vente, sachez que toute « molécule innovante » (selon la classification Christian Lajoux), même avec un rapport risque/bénéfice défavorable, est une « Landmark Drug » qui change définitivement la face de la maladie pour le bien de l’Humanité (toujours pas le journal) souffrante.

Si vous ne croyez pas au paragraphe précédent, c’est que vous lisez régulièrement « Prescrire« .

Dans le cas contraire, c’est que le bien nommé tanga « intrigue à Venise » violet des visiteuses médicales exerce sur vous une attraction irrésistible et nuisible pour votre jugement professionnel, prenez donc du propranolol.

Merci Monsieur James W. Black!

(Derek Lowe en parle ici)

Auteur : Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

6 thoughts on “RIP”

  1. Merci pour cet article, et pour m’avoir permis de corriger une de mes erreurs les plus tenaces : j’ai toujours dis propanolol. En toute bonne fois. Et je corrigeais ceux qui disaient « propRanolol » avec la même conviction que ceux qui prononcent infRactus …

  2. Pouvez-vous nous expliquer les effets des bêta-bloquants? Notamment l’anecdote de la dame, est-ce parce qu’ils rendent impuissant?

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