Briquet

Voici une superbe application gratuite pour iPhone dont la qualité compense largement l’inutilité presque totale.

Virtual Zippo lighter est, comme son nom l’indique, un briquet Zippo virtuel. Je n’en ai jamais eu, mais un ami qui arrivait à allumer le sien à la fin d’un claquement de doigt a été impressionné. Un petit coup sec de poignet permet de l’ouvrir (et de le fermer), et un petit coup de doigt sur la roulette à silex suffit pour l’allumer. La flamme oscille ensuite au gré de l’inclinaison de l’iPhone, et même de son souffle si l’on prend la peine d’ouvrir le micro.

A part impressionner la tablée, ce qui est garanti, j’imagine que l’on peut s’en servir lors d’un concert.

Une petite démo sur Youtube


Vous pouvez choisir parmi 28 modèles différents:

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J’ai opté pour un modèle sobre, mais non moins transgressif pour un cardiologue. Puisque, en effet, on peut « graver » certains modèles:

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Seul tout petit inconvénient, cette application n’est pas disponible sur l’iTunes Store français, il faut donc aller la télécharger sur l’App Store américain en effectuant cette petite manipulation:

– créez un nouveau compte iTunes dans l’iTunes Store US (on peut choisir son magasin tout en bas de la page d’accueil)

– n’enregistrez pas de carte de crédit

– donnez une adresse aux EU (moi j’ai choisi, éhéhé, je vous le dirais pas)

– et voilà, vous cherchez « Zippo » dans le moteur de recherche, ou vous cliquez ici.

Hôpital 2009

Consultation du lundi matin.

Il est 10h55, et je n’ai plus aucun patient programmé. Normalement ma vacation se termine à 12h00.

Je suis arrivé à 7h50 et j’ai vu mon premier patient vers 9h30-9h45. Tous les autres rendez-vous étaient des patients « externes », c’est dire sortis de l’hôpital avec un rendez-vous en cardiologie, mais ne s’étant pas déplacés. Ils sortent du CHU sans que leur bilan soit achevé pour diverses raisons qu’il ne m’appartient pas de juger. Pourquoi ne reviennent-ils pas après leur sortie pour passer leur consultation cardiaque? Je vous le laisse imaginer.

Je viens de voir un patient octogénaire adressé par une maison de retraite au nom, uhhm, prédestiné. Ce n’est pas « Mon repos », mais c’est le genre. Le patient, gentil et tout à fait autonome a fait un accident cérébral régressif très récent, dans le territoire sylvien droit. Il a été hospitalisé dans un service de médecine interne, qui est souvent le réceptacle des urgences, aussi diverses soient-elles. L’échographie cardiaque et le doppler des troncs supra-aortiques n’ont pas été réalisés, et le patient est sorti du CHU. C’est curieux de laisser sortir les gens sans avoir terminé le bilan, mais c’est ainsi l’hôpital en 2009.

Au doppler, je trouve une sténose très serrée à l’origine de la carotide interne droite. Il s’agit donc probablement de la cause de l’accident cérébral. Sans être une urgence, il faut qu’il soit vu assez rapidement par un chirurgien vasculaire. Je prends mon téléphone pour appeler le service. Je mets 10 minutes pour avoir un médecin, car ils sont tous « à la grande visite ».

Je parle à un premier externe, puis à un second, puis j’obtiens quelqu’un que je connais, je me réjouis.

Je lui soumets le problème, et lui demande si elle peut le reprendre en charge. Gentiment, ma consœur m’explique qu’elle n’a pas de place, que les bilans d’AVC et la gestion des sténoses carotidiennes ne font pas à proprement parler partie de la médecine interne, et qu’elle ne voit pas ce qu’elle ferait de plus que la maison de retraite pour ce patient.

Tous ses arguments sont parfaitement raisonnables mais il ne sont pas acceptables pour moi.
Le CHU qui ne voit pas ce qu’il pourrait faire de plus qu’une maison de retraite, pour la gestion d’une sténose carotidienne symptomatique, j’ai trouvé cet aveu formidable.

J’ai donc appelé la maison de retraite en espérant tomber sur quelqu’un de bien. J’ai eu de la chance. Je me suis excusé 10 fois au non du CHU-qui-ne-fait-pas-mieux-qu’une-maison-de-retraite. Le confrère m’a écouté, et a au moins fait mine de compatir en me disant que ça arrivait fréquemment. Il m’a remercié de mon appel et va s’occuper du patient en le confiant au privé.

J’ai dit que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.

Dubitatif

Maisouimaisouimaisouimaisoui…..

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Copie d’écran du site d’une page du site lci.fr

Dans la brume électrique (livre)

Je viens de terminer “Dans la brume électrique” de James Lee Burke.

Sachant que je m’y suis réellement mis hier après-midi, vous pouvez imaginer que j’ai eu du mal à m’en détacher.

C’est un roman noir classique (peut-être un peu trop) se déroulant dans une Louisiane telle qu’on peut se l’imaginer via le prisme des nombreuses œuvres dont elle sert de décor. On y trouve donc:

  • un « vieux » flic alcoolique repenti mais hanté par ses démons, meurtri par la vie, notamment le Viet-Nam et la mort brutale de sa première femme
  • une chaleur moite entrecoupée d’orages violents, provoquant des poussées de désirs plus ou moins troubles chez tout le monde
  • des tas de cajuns dégénérés aux patronymes français qui se gavent de bière et d’écrevisses toute la journée, et qui, peut-être du fait de ce régime et de la consanguinité, causent avec un accent bizarre (même dans un bouquin traduit en français)
  • des bayous pleins d’alligators, et de trucs en décomposition
  • de vieux noirs qui parlent par énigmes, le regard perdu au loin (heureusement, sinon, on aurait eu le nom du coupable dès les premiers chapitres)
  • une histoire de morts qui rendent visite aux vivants et qui parlent aussi par énigmes (même remarque)
  • des notables faisant pression sur le patron du héros pour qu’il cesse d’importuner une ordure, certes, mais une ordure qui leur rapporte de l’argent (même remarque)
  • des flics pourris qui mettent des bâtons dans les roues du héros pour l’empêcher de mettre à jour leurs turpitudes (même remarque)

Je ne sais pas si c’est la réalité, mais c’est ce qu’on s’attend à trouver dans un roman noir se situant en Louisiane, et sur ce point, donc, James Lee Burke ne déçoit pas.

Hormis cette constante impression de déjà-vu, ce bouquin est remarquablement écrit et construit, et je ne m’y suis pas ennuyé une seconde.

Je me tâte pour aller voir le film.

Certains parmi vous l’ont vu?