Renouveller ou pas?

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Récemment, je me suis demandé si j’allais renouveler mon adhésion à l’UMP.

Je n’ai participé à aucune réunion où j’étais invité, et je lis à peine les messages électroniques reçus de la part de ma députée ou de « Xavier » (à droite, on ne dit pas « camarade », mais on s’appelle par son prénom, c’est convivial en n’étant pas, euh…populaire). Je n’ouvre même plus « L’Union », le mensuel du parti qui n’est finalement qu’un Figaro sans les publicités, c’est à dire bien peu de choses. D’ailleurs, ça m’a toujours fait rire, cette revue est emballée dans un emballage plastique gris totalement opaque, sans aucun signe évident de reconnaissance comme pourrait l’être une revue porno. Probablement pour conserver une certaine confidentialité de pensée.

Est-ce pareil pour les revues des autres partis ? Si c’est le cas, les postiers doivent être persuadés que les 3/4 de la population est abonnée à des revues cochonnes.

En décembre 2006, quand j’avais pris ma carte, je l’avais surtout fait pour apporter ma petite pierre au rempart contre le FN.

Maintenant que ce parti est au bord du groupuscule, ça peut faire sourire, mais à l’époque, l’éventualité d’un nouveau 2002 me terrifiait. Surtout que je n’avais alors même pas pris la peine de voter. La démocratie ne s’use que quand on ne s’en sert pas et être passif, c’est déjà reculer. Et ça, 2002, me l’a rappelé, j’espère à jamais. J’ai donc adhéré encore rouge de honte de cette infamie collective.

Les choses ont bien changé, je ne vais pas vous faire un panorama que tout le monde peut constater tous les jours.

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a été élu, et malgré toute mon aversion pour son personnage, je persiste à penser que ça a été une très bonne chose, notamment pour le second tour.

L’extrême est maintenant gauche, c’est donc au PS de faire le même travail qu’a fait la droite pour la juguler. Physiquement je déteste bien plus l’extrême droite que la gauche (c’est quasiment de l’anaphylaxie), peut-être car je la vois comme une perversion des idées « de mon camp », et que pour l’instant,  électoralement parlant, ils ne sont pas encore en mesure de poser problème. Mais en réfléchissant, ils sont potentiellement tout aussi dangereux.

A la limite, si il y avait quelque chose à faire pour essayer de maintenir la démocratie, ce serait de m’encarter au PS pour les soutenir.

Parce qu’en face de la droite, il n’y a que le néant, et ça, ce n’est pas bon du tout.

Le Modem ? Oui, mais Bayrou…

Bref, fallait’il oui ou non donner 25€ au parti au pouvoir, qui plus est, le plus riche de France, sans autre raison bien définie autre qu’un attachement de principe ?

Après mûre réflexion, je suis reparti pour un tour.

Ce doit être mon côté transgressif.





Annuaire inversé

Une patiente dont le nom se termine par -ian est hospitalisée.

Son nom de jeune fille se termine aussi par -ian, tout comme le nom de son cardiologue. C’est assez courant d’observer ces regroupements dans la communauté arménienne (comme dans toutes les autres, d’ailleurs, j’en avais déjà parlé ici). La patiente a en fait été mal aiguillée, et j’appelle le médecin généraliste qui s’occupe du secteur qui serait plus adapté pour elle. C’est aussi un -ian. Quand il entre dans la chambre et qu’il donne son nom (le phénotype aurait déjà suffit par lui même), les visages de la patiente et de ses fils se sont éclairés, et les langues se sont déliées. J’adore le communautarisme vu sous cet angle là. Dommage, mon -ian n’a pas pu utiliser les quelques mots d’arménien dont il se souvient, ce qui aurait à coup sûr rendu l’atmosphère devenue détendue, franchement joviale.

On examine la patiente et on discute avec les deux fils. Bien sûr, les -ians, le mien et toute la famille commmencent à comparer leurs connaissances.

Harutunian? Connais!

Topalian? Connais!

Dilsizian? Connais!

Mélikian? Connais!

Boyajian? Connais!

Najarian? Connais!

En sortant de la chambre, on a éclaté de rire, car la communauté arménienne, ses petits défauts (ce sont en général de très bon vivants, c’est donc un gros facteur de risque cardio-vasculaire) et ses grandes qualités sont une source inépuisable de discussions et de rires avec mon -ian.

Et puis, on connait des tas de médicaments arméniens, eux aussi: Solian, Tercian… 

Nous avons alors eu une idée lumineuse; pourquoi ne pas faire un annuaire téléphonique  inversé avec le suffixe au début?

Fallait pas fumer 2 paquets par jour…

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C’est l’artère fémorale commune bien malade d’un patient ancien militaire et ancien fumeur massif. L’étroit chenal par lequel passe encore le sang est signalé par la flèche blanche, le trajet de l’artère par les pointillés rouges. La vitesse systolique en amont était à 23 cm/sec, avec un flux très démodulé, et la vitesse maximale un peu en aval de la sténose était à 450 cm/sec, soit un rapport systolique tout à fait impressionnant de 19.6.

La nature est remarquablement bien faite car bien que tout à fait actif, il est totalement asymptomatique.

Le carrefour de la mort

Pas les grands magasins, mais celui-çi:

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Comme ça, il n’en a pas l’air, mais il m’a toujours inspiré crainte et respect.

Une sorte de triangle des Bermudes routier, en somme.

On arrive par une rue très pentue, et en théorie, les voitures qui arrivent de gauche (et qu’on ne voit qu’au dernier moment) nous doivent la priorité. En théorie, car personne ne prend la peine de ralentir pour vérifier qu’il s’agit effectivement d’une priorité. Puis il faut laisser la priorité deux fois de suite avant de quitter avec soulagement ce nœud routier de toutes les angoisses.

Évidemment, c’est un cauchemar pour ceux qui craignent les démarrages en côte pour un tant soit peu que ça bouchonne en haut, ce qui est quasi systématique étant donné la difficulté technique de l’endroit, en plus de l’être par la successions des priorités à prendre ou à laisser.


J’ai mis des années à prendre cet itinéraire qui diminue pourtant considérablement le trajet entre l’hôpital et chez moi.

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Depuis que j’ai titine 2 à essence, évidemment, ce carrefour me donne des sueurs froides. D’autant plus que je cale encore un peu sur du plat. Remarquez, j’ai quand même fait des progrès, je ne cale plus en descente. Après quelques jours d’abstinence, j’ai décidé de m’attaquer à mon monstre-de-dessous-le-lit.

En arrivant au bas de la côte, j’avais les mains moites et le dos humide. J’arrive en haut, en première, à 3500 tours/minute et 115 bpm, et…rien. Je passe sans problème, sans voiture, ni à droite, ni à gauche.

Yes! Je crois que j’ai crié de bonheur.

Le lendemain, pareil.

De même que le surlendemain, et les jours suivants.

Depuis que j’ai titine 2 à essence, je passe les doigts dans le nez, et le pied devant la pédale d’embrayage.

J’ai acquis une certitude absolue: Titine 2 à essence conjure le carrefour de la mort et retarde les voitures qui vont y passer pour me laisser le temps de le traverser. Ma voiture est une déesse, ni une DS, ni une métaphore, mais bien l’incarnation des antiques divinités des carrefours.

Demain je vais essayer de le traverser sans regarder sur les côtés, ni ralentir.

Ce sera l’épreuve de ma foi (j’ai toujours tendance à mettre un e, tant je crois nettement plus à l’organe qu’au concept) .

Pourquoi ne serait-ce pas vrai ?

La plupart de mes patients coronariens croient dur comme fer que fumer deux paquets par jour est conjuré par le fait qu’ils n’avalent pas la fumée et par la pratique concomitante d’un sport de haut niveau, c’est à dire faire sortir pisser deux fois par jour le corniaud mi-terrier mi-boxer de madame autour du pâté d’immeubles. Les autres croient que tout le monde boit 5 pastis, et 1 demi litre de vin rouge par repas, petit déjeuner compris.

D’autres croient que toutes les maladies sont psychosomatiques (je ne sais pas vous, mais le terme « nouvelle médecine germanique » ne me fait pas du tout rêver, et ne m’incite pas à y croire, quelle qu’elle puisse être).

D’autres croient que leur père cardiaque de 97 ans ne peut pas mourir (« Jusqu’à présent, il allait très bien« ).

D’autres, enfin, croient en un Dieu unique miséricordieux, omnipotent et tout amour.