L’effet placebo

J’ai trouvé la vidéo suivante sur le blog KevinMD:

La démonstration n’est peut-être pas totalement appropriée, mais elle a le mérite d’être marquante.

Elle m’a aussi rappelé ce court papier du JAMA qui montrait qu’un placebo d’antalgique était d’autant plus efficace que son prix annoncé au patient était plus élevé:


Photobucket

Maintenant, prenons un comprimé blanc peu élégant, un peu gros, à la texture un peu granuleuse et qui coûte moins cher.

Disons, un générique.

Vous ne croyez pas que l’on peut expliquer par un tel phénomène l’apparente diminution d’efficacité du générique par rapport au princeps?

Bizarrement ceux qui croyaient au Ciel et qui pourtant ne sont pas les premiers venus ne semblent pas du tout y avoir pensé.


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En texte libre:

Commercial Features of Placebo and Therapeutic Efficacy. Rebecca L. Waber; Baba Shiv; Ziv Carmon; Dan Ariely. JAMA. 2008;299(9):1016-1017.

Auteur : Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

5 thoughts on “L’effet placebo”

  1. Qlqs questions:

    * Comment présentait on le « low price » aux patients?
    Comme ce n’est pas une étude en aveugle, la *façon* de le présenter est très importante.

    * Est ce qu’on a déjà observé ce genre d’effet (corrélation avec le cout annoncé) pour autre chose que des anti-douleurs (genre un « truc » pour lequel le lien avec le cerveau est beaucoup moins clair)?

    * Corrélation avec l’âge du patient? Le niveau social? Le niveau en science? (si on la refait avec un groupe de chimistes, est ce que ça marche? vont ils penser par exemple que si c’est moins cher c’est peut être moins pur)?

    * En parlant de pureté…que dire des controles sur les chaines de production des génériques? Je n’ai aucune peine à imaginer qu’une fois le brevet expiré on puisse *vendre* une molécule moins chère (sauf si la prod est vraiment très complexe…mais 20ans après je n’y crois pas trop) par contre, est il possible que la qualité (chimique, je ne parle même pas de l’excipient) ne soit pas exactement la même?

    1. Oulàà, plein de bonnes questions dont je ne connais pas la réponse.
      Pour la dernière question, les molécules sont parfois différentes (différents sels) mais la bioéquivalence se mesure sur la biodisponibilité du même principe actif. Et je présume que la fabrication doit respecter les mêmes règles (pas mal de génériqueurs sont des labos, et l’histoire récente en Inde montre qu’il y a des contrôles).
      http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/72a0d22dc8138076d63fd9c9f0ee008a.pdf
      http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/021f79c7bd4f3cf7dac6703d443bdb6f.pdf
      http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Chimie_et_Pharmacie/2008/10/04/article_astrazeneca-95-licenciements-annonces-et.shtml

  2. Puisqu’il est question de CONTROLES, croyez-vous qu’il existe UN SEUL laboratoire de contrôle,non seulement en France mais en Europe ou même au monde qui soit en mesure de déterminer la teneur en produit actif de médicaments tels que lucentis ou avastin ?
    La réponse est NON; aucun autre que le fabricant du médicament n’en a les moyens. Il FAUT donc lui faire confiance…

  3. Non, ces molécules n’ont rien d’étrange, mais leur détermination quantitative exige des moyens et des protocoles analytiques que les fabricants réservent à leurs laboratoires.

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