Test

Juste pour vérifier si je suis arrivé à me débarrasser d’un satané agrégateur de billets qui récupére toutes mes notes concernant le téléphone à la pomme afin d’augmenter le trafic d’une page pleine de publicités…

J’en profite pour préciser de nouveau, que même si ce blog est écrit sous une licence CC particulièrement permissive, je suis totalement opposé à l’utilisation de mes notes, même citées partiellement, afin de nourir un agrégateur et son administrateur via des publicités.

On va voir si ça marche, donc…

….

Parfait!

Un nouvel outil?

Selon un article du WP, près de 64% des médecins ont adopté un « téléphone intelligent » (je déteste les anglicismes). Parmi eux, l’iPhone n’a séduit que 5% des utilisateurs.

L’intérêt des quelques 674 applications médicales disponibles sur l’App Store est en effet dépassé pour l’instant par l’ubiquité des logiciels Microsoft qui font vivre les BlackBerry et qui permettent une grande inter-opérabilité avec le système informatique des hôpitaux ou des cliniques.

L’article donne l’exemple d’un coronarographiste qui reçoit sur son BlackBerry l’ECG d’un patient arrivé aux urgences, puis quitte rapidement le restaurant dans lequel il était en train de déjeuner pour courir à la salle de coronarographie. D’où sa conclusion: « In the digital age, it’s sort of archaic to rely on conventional fax technology.« . C’est certain que ce n’est pas très pratique d’amener son fax au restaurant….

L’utilisation de ces téléphones pour aller à la pêche aux informations/recommandations/algorithmes décisionnels au cours des consultations se développe. L’article donne aussi comme exemple le système de reconnaissance des pilules de Epocrates pour les patients qui ont pris hier au soir le petit comprimé rose avec des bandes jaunes.

Mais, le journaliste soulève aussi deux points importants, la confidentialité des données médicales transmises, et le risque d’une certaine déshumanisation de la consultation, le classique « j’en parlerai à mon cheval » étant remplacé ici par le plus moderne « j’en parlerai à mon iPhone/BlackBerry« .

En pratique, je ne peux pas vraiment dire que je me sers de mon iPhone pour ma pratique médicale, hormis parfois le Vidal à l’adresse phone.vidal.fr et un peu plus souvent les calculateurs pour le MDRD et le CHADS2. Je ne fais pas de visites à domicile, donc je n’utilise pas le système de GPS, mais je présume que c’est très pratique (couplé à Street view, et à l’application Pages Jaunes notamment).

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Je ne doute pas que nous ne soyons qu’au début du développement de ce nouvel outil, et de son utilisation.

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Ma page d’applications médicales.

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New Tool in the MD’s Bag: A Smartphone By Sindya N. Bhanoo. The Washington Post. Tuesday, May 19, 2009

Mouarff

J’ai un défaut, c’est de me moquer facilement.

Les gens qui m’aiment bien disent que je suis taquin.

C’est un euphémisme plutôt bon enfant.

Je suis tombé sur un courrier d’externe assez rigolo, pas par lui même, mais par l’énoncé d’une situation clinique un peu scabreuse que l’externe n’a de toute évidence pas comprise.

C’est l’histoire d’un patient hospitalisé dans le cadre d’une maladie chronique qui n’est pas cardio-vasculaire.

On constate des poussées hypertensives sévères, et on le montre à un confrère cardiologue. Ce dernier instaure un traitement.

Le service me demande de réévaluer ce patient en fonction d’un holter (tensionnel? ECG? Le courrier reste flou), que bien évidemment, on ne me fait pas descendre. Et comme l’interne n’est pas dans le service, personne ne peut me donner d’information par téléphone. Sa dernière tension est toutefois tout à fait acceptable.

Le courrier annonce que le patient a une bronchite chronique obstructive post tabagique (le patient me précise qu’il a l’oxygène à domicile) et que l’on suspecte un phéochromocytome pour lequel on attend le résultat d’une scintigraphie.

Quel traitement le confrère a bien pu instaurer?

Il est probablement très joueur, ou devait particulièrement s’ennuyer au cours de la consultation car sans hésitation, il a débuté un bêta-bloquant, dont voici la liste des contre-indications sur le Vidal:

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Donner une molécule avec deux contre-indications absolues potentielles, respect.

Certains confrères aiment mettre du piment dans leurs consultations!

 

 

IPP et clopidogrel (2)

Bien embêtant, cette histoire…

Je me répète, mais je ne vois pas d’autre commentaire synthétique à rajouter après la révélation des résultats de l’étude Clopidogrel Medco Outcomes au congrès de la SCAI à Las-Vegas.

Les auteurs ont extrait des bases de données de l’assureur Medco 16690 patients ayant pris durant 12 mois du clopidogrel après l’implantation d’un stent. Parmi cette population, 6828 patients (41%) ont pris des IPP durant cette période (pour une durée moyenne de traitement de 9 mois).

Les résultats montrent que le groupe traité par IPP a présenté sur cette période  25.1% d’événements cardio-vasculaires majeurs, contre 17.9% dans le groupe n’en prenant pas (hazard ratio 1.51 [95% CI 1.39-1.64]; p<0.0001).

Soit un sur-risque relatif moyen de 51%.

Cela fait donc une grande étude rétrospective de plus qui vient souligner l’éventuelle interaction entre les IPP et le clopidogrel.

Mais cette fois, contrairement à l’étude ontarienne, l’ensemble des IPP sont des facteurs de risque, le pantoprazole compris.

On parle maintenant d’un « effet-classe » de l’ensemble des IPP. Et on se met à espèrer que le pourtant pas extraordinaire prasugrel puisse nous sortir de ce mauvais pas.

La SCAI s’est donc fendue d’un communiqué que je vous livre en VO:

« SCAI believes more research is needed on this topic. However, given the thousands of patients who receive stents each year, coupled with the significant risks demonstrated in this study, SCAI recommends the use of alternative medications for GI symptoms in patients with stents when appropriate.  Other effective treatments for heartburn and ulcers include histaminergic (H2) blockers (Zantac [ranitidine, Boehringer Ingelheim], Tagamet [cimetidine, GlaxoSmithKline]) or antacids.  In some patients the use of PPIs may still be warranted, based on the patient’s medical problems, and should be taken at the direction of the patient’s cardiologist, gastroenterologist, or primary physician. »

Le CHU fait  actuellement sortir ses patients sous clopidogrel et pantoprazole, mais peut-être qu’il va falloir se remettre à prescrire de la ranitidine en attendant d’avoir plus de données pour juger. On attend notamment tous une étude randomisée qui effacerait tous les facteurs confondants inhérents à ces études rétrospectives, mais dont les résultats ne seront de toute façon pas disponibles avant 12-18 mois au mieux.

Donc pour l’instant, on navigue à vue…

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Comme très souvent, deux excellents articles de synthèse dans theheart.org:

 

Shelley Wood. Possible « class effect » for proton-pump inhibitors on top of clopidogrel therapy. theheart.org. [Clinical Conditions > Interventional/Surgery > Interventional/Surgery]; May 6, 2009. Accessed at http://www.theheart.org/article/967075.do on May 15, 2009.

Dr Catherine Desmoulins. Tous les IPP pourraient réduire l’efficacité du clopidogrel. theheart.org. [International Editions > Édition française > Sections > Actualités > Maladie coronaire/Interventionnel];14 mai 2009. Consulté à http://www.theheart.org/article/970035.do le 15 mai 2009.