Perdre le Nord

Le JAMA a encore une fois publié hier un article qui est un véritable pavé dans la mare.

L’article montre qu’une faible partie des recommandations valables en septembre 2008 et publiées par les sociétés savantes dominantes en cardiologie (ACC et AHA) et sur lesquelles se basent les cardiologues du monde entier pour traiter leurs patients sont basées sur des preuves scientifiques solides.

Ainsi, seulement 314 recommandations sur 2711 sont de « niveau de preuve A », c’est à dire « recommandations basées sur des preuves issues de nombreux essais ou méta-analyses », alors  qu’à l’autre bout du spectre de la crédibilité, 1246 sont de niveau C, c’est à dire « recommandations basées sur des opinions d’experts, des cas cliniques ou des normes en matière de soins ».

Cela revient à dire qu’une bonne partie de la médecine basée sur les preuves, tout du moins en cardiologie, ne repose justement sur aucune preuve.

En effet, comment faire confiance à des « opinions d’experts » quand on connait les collusions fréquentes entre ces fameux experts et l’industrie pharmaceutique ou leur peu de tenue à l’épreuve du temps (un exemple ici) ? Et le « cas clinique » ne s’éloigne pas tellement du chamanisme, en tout cas en ce qui concerne sa généralisation.

Évidemment, tout ceci est très grave, pour nos patients et notre pratique quotidienne. Je n’évoque même pas les considérations médicolégales complexes, par exemple dans le cas d’une recherche de responsabilité au cours d’un soin ou un médecin a suivi à la lettre une recommandation, mais de niveau C…

Ne refaisons pas non plus le coup du nuage de Tchernobyl. En effet, les quelques recommandations publiées en Europe, et encore plus rarement en France s’abreuvent exactement à la même source que les américaines.

J’ai hâte de lire les réactions, notamment de l’ACC et de l’AHA. Je vais un peu réfléchir sur cette histoire (surtout lire l’article à fond, l’éditorial et musarder de-ci de-là), et j’en reparlerai sûrement.


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Pierluigi Tricoci, Joseph M. Allen, Judith M. Kramer, Robert M. Califf, and Sidney C. Smith, Jr. Scientific Evidence Underlying the ACC/AHA Clinical Practice Guidelines. JAMA. 2009;301(8):831-841.


Terrence M. Shaneyfelt, Robert M. Centor. Reassessment of Clinical Practice Guidelines: Go Gently Into That Good Night. JAMA. 2009;301;868-869.


Sarah Rubenstein. Despite Wide Research, Heart Disease Guidelines Fall Short. The WSJ Health Blog, published february 25, 2009.

Diplomatie

« Je n’arrive plus à boutonner mon jean…« 

« Chérie, c’est la faute des petits êtres des placards, ils rétrécissent les vêtements la nuit. Moi, je n’ai pas de problème, je mets de la poudre« 

« … »

« D’ailleurs, ce sont les cousins de ceux qui rétrécissent aussi ton alliance…« 

« Ah, Ah« 

En 11 ans de vie commune, on apprend la diplomatie. Surtout, je ne lui ai pas parlé de cette étude clinique décisive de Thétis….

That Don’t Impress Me Much

Le niveau scientifique de ce blog va encore sombrer…

Mais tant pis, j’ai un gros faible pour les chanteuses brunes et cette Shania Twain est tout à fait charmante.

C’est sûr, elle n’a pas fait grand chose depuis quelques années, mais je redécouvre avec délices sa grande époque.

Okay, so you’re a rocket scientist

That don’t impress me much

Non, mais je suis cardio, ça ne t’impressionne pas non plus ?

😀

(après quelques minutes de recherche sur Youtube)


Aucun rapport avec la précédente, à part qu’elle est brune aussi, celle qui reste la première dans mon Panthéon: Alanis Morissette.

Un immense talent dans un tout petit bout de femme.

L’album « MTV Unplugged » de 1999 tourne en boucle dans la Yaris, et je ne peux que vous le conseiller.

En voici un extrait:




Cuisine interne

J’ai modifié les conditions d’utilisation de ce blog (ainsi que celles de Wikireco) afin de satisfaire aux « probables » (ils sont encore en version beta) nouveaux critères de HON concernant les plateformes communautaires, autrement dit le « Web 2.0 ».

Je suis quand même un peu dubitatif sur la pertinence de certains critères.

Je pressens que le HONcode va devenir ce qu’il n’était pas, c’est à dire une usine à gaz dont la multiplicité des critères va à la fois brouiller le message initial et rendre son application et son contrôle difficiles.

Enfin bon, je ne vais pas non plus faire comme tous ces râleurs de footeux de salon qui sont autant de sélectionneurs du dimanche, et critiquer des règles auxquelles je me suis astreint volontairement…

Pour faire contrepoint, je vous suggère d’écouter notamment l’argumentation de Célia Boyer, la directrice de de la Fondation HON dans cette vidéo tournée au cours du colloque de l’AQUIS en février dernier.

Deux autres vidéos sont disponibles sur le site de l’AQUIS. (merci à Gaétan pour les liens).