Premier bilan

Depuis hier, cela fait deux mois que « Grange Blanche » a migré sur wordpress.

C’est l’heure de faire un premier bilan.

Du point du vue administration, wordpress est une merveille, et je ne trouve absolument aucun défaut. J’ai même repris l’habitude d’écrire directement mes billets sur l’interface, sans passer par l’intermédiaire d’un brouillon sur Word. Un système d’enregistrement permet en effet de récupérer son texte en cas d’incident. Bon, c’est vrai aussi que je ne crois pas avoir écrit de texte très long et structuré (comme par exemple celui sur la bataille de Cannes) depuis une éternité. Si je devais le refaire, je crois que j’écrirais le premier jet sur Word. C’est trop bête de tout perdre au bout du 957ième mot!

J’adore le mode de modération des commentaires (validation automatique en cas de commentateur déjà « connu », sinon validation manuelle).

Ça évite de se retrouver avec n’importe quoi en ligne, même pour un temps limité.

Je conserve ma ligne de modération, qui n’est pour le coup pas modérée: exclusion définitive de l’utilisateur au premier spam ou dès le premier commentaire jugé inacceptable (j’ai eu beaucoup de tergiversations avant d’arriver à ce choix, mais maintenant, je m’y tiens).

Les statistiques sont assez complètes. Mais à vrai dire, je les scrute nettement moins qu’avant. J’ai d’ailleurs supprimé tous les compteurs que j’avais installés à un moment ou à un autre sur l’ancien « Grange Blanche ».

L’aspect me convient, notamment le design relativement épuré et l’absence de toute publicité.

J’adore l’adresse qui est merveilleuse de concision: grangeblanche.com. Elle vaut bien les quelques dollars dévalués qu’elle me coûte.

L’insertion des fichiers multimédia est simplissime.

Aucun rapport avec la migration, mais c’est une bonne occasion d’en parler, j’ai assoupli les conditions du contrat « creative commons » qui régit les citations et emprunts à ce blog.

C’était pour la forme.

Le fond me convient pas trop mal non plus.

Je reçois actuellement entre 400 et 425 visites par jour. j’ai donc presque récupéré l’audience de l’ancien blog (498 au cours du dernier mois « actif », le mois de novembre 2008). Paradoxalement, je pense quand même être un peu plus « lu » car une grande partie des visites de l’ancien « Grange Blanche » était drainée par l’abondance de mots-clé et la recherche d’iconographie.

Ainsi, je suis stupéfait d’avoir encore 405 visites quotidiennes depuis le début février, alors que je n’ai écrit aucune note depuis le 7 décembre.

D’un autre côté, je griffonne un peu plus (cette note est la 99ième), d’où plus de visites via les flux RSS…

Vous commentez plus, environ 4 fois par note, contre 3 avant la migration. Ça, c’est une très bonne nouvelle, car comme vous le savez, un blog sans commentaire perd une grande partie de son intérêt pour son concepteur. Le blog nourrit les commentaires et vice-versa.

Le pourcentage de notes parlant de médecine est de 52%. C’était un point d’équilibre que je cherchais à atteindre depuis longtemps.

En fait d’équilibre, ce pourcentage est très artificiel, en tout cas bien plus que ce peut m’apporter au quotidien ce blog.

J’y ai réfléchi récemment: à quoi ça me sert de bloguer?

Au premier abord, à rien.

Ça me prend beaucoup de temps pour finalement peu de bénéfices tangibles hormis parfois pour mon ego, ce qui est quand même très agréable, il faut bien le dire (je n’ai pas pu m’empêcher de remettre ce lien :D).

Mais si je gratte un peu, je trouve beaucoup d’intérêts à bloguer.

  • J’ai redécouvert l’écriture de notre langue (oubliée totalement entre mon bac et 2005, début de mon blog)
  • Écrire m’oblige à structurer mon esprit pour façonner un fond et une forme satisfaisantes, et cet exercice quasi quotidien m’est devenu presque indispensable
  • Dans le même ordre idée, je n’ai jamais autant lu d’articles scientifiques que depuis 1 ou 2 ans (en tout cas bien plus que durant mon assistanat). Pourquoi ? Simplement car j’ai maintenant tendance à rechercher les nouveautés afin d’alimenter ce blog. C’est étrange, mais finalement très bénéfique pour mes connaissances médicales. Quand je lis un article, éventuellement dans le but de vous en parler, j’ai tendance à lire d’autres articles contigus pour affiner mon analyse. Et comme je suis un grand obsessionnel, j’arrive à accumuler pas mal de connaissances. Si je les oublie, pas grave, je relis ma note! C’est le même principe pour le New York Times dont je lis maintenant quasiment un article par jour.
  • Ce blog est devenu une véritable mémoire de ma vie. Quand je relis des articles de l’ancien « Grange Blanche », notamment, je retrouve des anecdotes que j’avais totalement oubliées. Dans l’histoire avec mon expert comptable, j’ai pu retrouver un calendrier précis grâce à une note que j’avais rédigée sur la visite qui devait tout déclencher.
  • Idem pour certaines connaissances médicales que je sais être archivées à un endroit précis.
  • Ce blog m’a fait entrer en contact avec des gens que je n’aurais probablement jamais côtoyés dans ma vie analogique. Ces gens m’ont ouvert les yeux sur d’autres horizons que le mien, et ont nourri mes connaissances. Et ça, c’est une vraie richesse, inestimable. Je me suis même découvert une cousine fabuleuse !
  • Je tape très vite au clavier, en tout cas bien plus que ma secrétaire, et avec bien moins de fautes. Très pratique pour faire des courriers médicaux propres et nets. Si le métier devient pénible, je pourrais toujours me reconvertir.
  • Un lecteur m’a fait parvenir son musée personnel virtuel sur CD, et un réalisateur, son documentaire que j’avais vu et adoré il y a des années à la TV. Et ça, j’en suis toujours aussi fier et reconnaissant.

Bref, tout cela pour dire que ce blog, c’est à dire notamment votre présence muette ou non m’apporte toujours autant de plaisir au fil des jours.

J’espère que nous continuerons longtemps à faire route ensemble.

Le prix des choses.

On m’a demandé récemment où je mettais mon argent.

La question, sans sous-entendu ni arrière-pensée m’a été posée dans le cadre d’une transaction commerciale banale, un achat de véhicule, pour tout dire.

J’ai été surpris par la question, et j’ai répondu par une pirouette de diversion: « Je suis dauphinois« , dans le sens je suis radin.

Mon interlocuteur s’étonnais que j’achète une petite voiture (je change ma Yaris noire par une grise!) alors que mes confrères roulent habituellement plus cossu.

« Vous mettez votre argent dans la maison?« .

Non plus. Pas non plus dans les vêtements, étant donné mon jean bleu délavé et mon vieux pardessus.

Ni dans les voyages, ni dans les montres, ni dans les objets high-tech, ni dans un cartable Hermès…

Je me suis alors posé la question, mais qu’est-ce que je peux bien faire de mon argent?

Curieux comme une remarque anodine, et encore une fois dénuée de toute malignité peut me faire douter de mes positions.

Et d’abord, ai-je une position définie sur le sujet?

Et d’abord, faut-il en faire obligatoirement quelque chose? Dans le sens dans lequel l’entendait peut-être mon interlocuteur, c’est à dire pour me faire plaisir, ou pour le faire voir.

J’ai touché du doigt l’imperceptible, mais néanmoins bien réelle poussée sociale qui fait que tout corps de métier plongé dans l’argent subit une force inverse qui tend à le lui faire dépenser et montrer aux autres.

Ben non, je suis un rebelle (vous le savez déjà), et je m’oppose de tout mon poids à cette loi.

Reste la question de ce que je fais avec ce que je gagne.

Je ne le verse certes pas dans ma baignoire pour prendre des bains dedans, comme le faisait l’oncle Picsou, et comme le font encore les vieux dauphinois.

J’achète du temps.

J’achète pour mon épouse et moi-même du temps passé avec mes enfants. J’achète des parties de Playmobil en cours de semaine, j’achète le temps passé auprès de ma petite femme, j’achète enfin une certaine indépendance vis à vis de mon travail, passion qui peut vite devenir tyrannique.

Ca coûte très très cher, n’est même pas tangible, mais pour moi, c’est sans prix.

Dans la période actuelle où tout le monde s’arrête de consommer par peur ou nécessité (je prédis une épidémie d’accidents cardio-vasculaires chez les vendeurs de voiture), je ne donne donc pas le bon exemple.

Tant pis, je suis un rebelle (vous allez finir par le croire) et j’avais commencé bien avant le début de ce grand et lent affaissement qui laisse tout le monde stupéfait.