L’orchestre rouge (bis)

Le chef d’orchestre doute.

Il doute à un tel point qu’il n’a même plus conscience de ce qu’il est. Et son orchestre n’en a plus que le nom. On devrait plutôt parler  d’une bande désaccordée de primas donnas qui ne le respectent plus, sauf bien sûr pour donner le change et conserver les apparences.

Le chef se demande pourquoi c’est lui qui a la formation la plus courte et la plus bancale, alors que ce devrait être le contraire?

Le chef se demande pourquoi il est le moins bien payé, ce qui l’oblige à diriger comme un tâcheron, et ce qui ne l’aide pas à lever les yeux contre ses solistes?

Le public n’a plus conscience, non plus, qu’il y a un chef. Au contraire, le public voudrait que le chef quitte son estrade pour mieux voir et avoir accès aux solistes.

Qui donc est cet individu qui nous tourne le dos avec sa petite baguette, et qui nous cache le premier violon virtuose (et conscient de l’être), l’étincellant cor d’harmonie ou la tonitruante grosse caisse? Ce sont eux qui font la musique, non?

Le chef arrivera-t’il même à faire jouer son propre requiem?

Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir, la lecture de ce texte pourtant plutôt raisonnablement optimiste m’a profondémment déprimé. Soliste parmi les autres, je perçois néanmoins comme très sombre l’avenir de ce métier que j’aime tant.

C’est que j’ai eu l’impression de lire une élégie.

 

 

modification du texte le 10/02/09 9h20.

3 Replies to “L’orchestre rouge (bis)”

  1. Je le trouve plutôt optimiste le collégue d’outre quiervin. Une expérience intéressante, mettre la complexité au coeur de l’enseignement de la médecine, c’est du edgar morin, c’est plutôt réjouissant et excitant. Dire que la MG est une médecine de la complexité, c’est vrai. Complexité du patient, complexité de la relation, du suivi, bien plus complexe que la médecine spécialisée sauf peut être la néphrologie dans sa dimension hémodialyse qui se rapproche par bien des aspects de la médecine générale. Ce n’est pas pour rien que les « dialyseurs » sont parfois méprisés par les autres. Alors qu’ils font comme le généraliste le métier le plus difficile, il gère le patient dans son quotidien et sa chronicité et dieu sait qu’en dialyse ces deux mots ont du sens.
    Je ne trouve pas que ce soit une élégie, mais plutôt des pistes à suivre pour donner envies aux plus jeunes de faire de la médecine complexe.

  2. Pour te remonter le moral: Eric Chevillard : « J’admire l’angélisme des pessimistes. Comme si la situation pouvait empirer encore ! » ou celle ci « un vieux qui meurt c’est la collection complète du figaro magazine qui brûle »

  3. Ca va vraiment être le bordel dans notre bel orchestre! Pire encore que la cacophonie actuelle!
    Je battrai le contre-temps pour donner la mesure :-p

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