Petite soupe de sorcière

Elle est pas mal celle-là, à la fois légère et relevée.

Une soupe d’été, en somme.

Une dame hypertendue d’environ 70-75 ans, aux antécédents de fibrillation auriculaire consulte pour la première fois un ami  médecin généraliste. Elle est suivie par ailleurs par un cardiologue.

Elle décrit une grande fatigue.

Son traitement:

  • Monotildiem LP 200*1
  • Ténormine 50*2
  • Cordarone*1
  • Aldactone 75*1
  • Préviscan

Cinq lignes, 4 interactions, dont 1 association déconseillée, respect.

Concerto pour 2 violons en ré mineur

(sans voix)

Interprétation des essais cliniques pour la pratique médicale

Depuis que j’écris sur ce blog, j’ai relaté des dizaines d’histoires où l’on (suivez mon regard…) tentait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est à dire un médicament inefficace voire nuisible pour une panacée miraculeuse en tripatouillant des statistiques de recherche biomédicale ou en pipotant leur présentation.

Ils continuent à le faire, la révélation quasi mensuelle de petits ou gros scandales le montre parfaitement, car ils font confiance à notre ignorance, et ils ont parfaitement raison.

Nous, ce sont bien évidemment les soignants, notamment les médecins qui n’ont souvent qu’une très vague notion des bases mêmes des statistiques biomédicales.

Après avoir juré que je ne repasserai jamais un autre examen (je continue à rêver à mon internat presque tous les mois), je me suis finalement quand même décidé à essayer de devenir un peu moins ignorant en m’inscrivant à ce DU: Interprétation des essais cliniques pour la pratique médicale.

Il semble avoir toutes les qualités, il se passe presque entièrement en ligne et c’est une équipe de Lyon, la plus belle ville du monde, qui s’en occupe.

Si ça vous intéresse, c’est ici.

(Si vous n’aimez pas les statistiques, vous risquez probablement de trouver la lecture de ce blog pénible dans les mois qui viennent)

Quelques courbes, pas trop pénibles, pour commencer:



Lecture en cours

Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds,

A dix pas personne ne discerne nos paroles.

On entend seulement le montagnard du Kremlin,

Le bourreau et l’assassin de moujiks.

Ses doigts sont gras comme des vers,

Des mots de plomb tombent de ses lèvres.

Sa moustache de cafard nargue,

Et la peau de ses bottes luit.

Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,

Les sous-hommes zélés dont il joue.

Ils hennissent, gémissent,

Lui seul tempête et désigne.

Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,

Qu’il jette à la tête, à l’œil, à l’aine.

Chaque mise à mort est une fête,

Et vaste est l’appétit de l’Ossète.

L’épigramme à Staline. Osip Mandelstam. 1933

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Robert Littell, L’hirondelle avant l’orage, éd. BakerStreet, 2009