Interprétation des essais cliniques pour la pratique médicale

Depuis que j’écris sur ce blog, j’ai relaté des dizaines d’histoires où l’on (suivez mon regard…) tentait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est à dire un médicament inefficace voire nuisible pour une panacée miraculeuse en tripatouillant des statistiques de recherche biomédicale ou en pipotant leur présentation.

Ils continuent à le faire, la révélation quasi mensuelle de petits ou gros scandales le montre parfaitement, car ils font confiance à notre ignorance, et ils ont parfaitement raison.

Nous, ce sont bien évidemment les soignants, notamment les médecins qui n’ont souvent qu’une très vague notion des bases mêmes des statistiques biomédicales.

Après avoir juré que je ne repasserai jamais un autre examen (je continue à rêver à mon internat presque tous les mois), je me suis finalement quand même décidé à essayer de devenir un peu moins ignorant en m’inscrivant à ce DU: Interprétation des essais cliniques pour la pratique médicale.

Il semble avoir toutes les qualités, il se passe presque entièrement en ligne et c’est une équipe de Lyon, la plus belle ville du monde, qui s’en occupe.

Si ça vous intéresse, c’est ici.

(Si vous n’aimez pas les statistiques, vous risquez probablement de trouver la lecture de ce blog pénible dans les mois qui viennent)

Quelques courbes, pas trop pénibles, pour commencer:



Lecture en cours

Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds,

A dix pas personne ne discerne nos paroles.

On entend seulement le montagnard du Kremlin,

Le bourreau et l’assassin de moujiks.

Ses doigts sont gras comme des vers,

Des mots de plomb tombent de ses lèvres.

Sa moustache de cafard nargue,

Et la peau de ses bottes luit.

Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,

Les sous-hommes zélés dont il joue.

Ils hennissent, gémissent,

Lui seul tempête et désigne.

Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,

Qu’il jette à la tête, à l’œil, à l’aine.

Chaque mise à mort est une fête,

Et vaste est l’appétit de l’Ossète.

L’épigramme à Staline. Osip Mandelstam. 1933

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Robert Littell, L’hirondelle avant l’orage, éd. BakerStreet, 2009

Diarrhée et éthique, le dialogue presque imaginaire

Sièges 71C et 71D.

– Alors?

– Toujours de l’eau!

– Tabaouette, mais il est bien grand le lac St Jean!

– P’êt ben qu’on le prend dans sa longueur.

– T’as bien les brochures?

– Tu penses que j’ai vérifié trois fois, c’est pas tous les jours qu’on fait un congrès de gastro à Paris. T’y es déjà allé?

– Presque toutes les semaines! Mon frère a un grand condo en plein centre. Et toi?

– Jamais! Ton frère, y bosse pas chez Novartis, la société notoirement éthique?

– Uhmm, si, au siège, il est à 1h30 de chez lui en char, en passant par Burlington.

– Il fait quoi, chez Novartis la société notoirement éthique?

– Il bosse au service juridique. Mais pourquoi tu rajoutes à chaque fois la société notoirement éthique ? J’ai loupé un truc drôle?

– Euh, non, c’est comme si une voix intérieure me disait de le dire. Ça te le fait pas parfois? Tu crois pas que quelque chose, ailleurs, dicte nos actions et nos pensées?

– Uhmm, tu m’inquiètes, parfois, Robert… Tu as lu la brochure?

– Oui, c’est le gros Dédé du service restauration qui a écrit la partie statistique.

– Pourquoi le gros Dédé et pas nous?

– Le patron a dit qu’au collège, c’était le Gretzky des maths. Après il a eu des problèmes personnels et il a fini aux cuisines…

– J’ai entendu ça, triste histoire. C’est fou, toujours l’eau!

– Mouais, tu crois pas que les médecins vont pas se rendre compte que c’est le gros Dédé qui a fait les stats entre deux muffins aux bleuets?

– Bah, ce sont des gastros, pas des neuros. C’est quoi le F?

– Le F?

– Le F de SNFGE, en général, c’est plutôt un C. S Société, C canadienne…

– Uhmm, tu réfléchis trop, le patron y dit toujours qu’un bon commercial, ça doit pas trop réfléchir. Réfléchir, c’est déjà désobéir. C’est quand même bizarre toute cette eau, tu vois pas qu’on s’est trompés et qu’on a pris un vol pour Paris, Yukon!

– T’es trop con, et puis il n’y a pas tant d’eau entre nous et le Yukon. A mari usque ad mare, comme on dit vulgairement.

Ô Canada

– F comme France… Y-a pas un Paris en France?

– Crisss de Calice!

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Pour ceux qui ne comprennent rien, le début de l’histoire est .