Il y a peu, j’ai dû gérer une prescription d’Enbrel® dont la prescription est restreinte et dont le coût m’a impressionné: 1117.30€ pour 4 semaines de traitement pour la posologie à 50 mg.
Mais ce n’est rien par rapport aux traitements cités par le magazine Forbes, dont cet article fait le tour de Twitter en ce moment.
Ce ne sont pas des anti-cancéreux, mais des produits issus de petits laboratoires de biotechnologies, et destinées à des maladies orphelines (souvent des déficits métaboliques congénitaux).
J’ai fait cette petite infographie pour illustrer le propos de l’article (axe des abscisses en haut: nombre de patients, en bas, coût annuel en $, axe des ordonnées, les différentes molécules et leurs indications).
J’ai eu la flemme de rechercher le coût unitaire chez nous pour tous ces produits.
Mais par exemple pour le Soliris® (eculizumab), la BCB indique: »Tarif de responsabilité à l’UCD : 4 450,00 € HT / 4 543,45 € TTC au 19/12/2008« .
Gloupsss, le pharmacien qui dispense le produit n’a pas intérêt à trembler…


ET l’infirmière qui prépare le produit, tu y as pensé.
Chez nous, une infirmière a laissé tomber une ampoule de fabrazyme (4000 €) c’est le chef de pole qui est pas content après.
Tu peux regarder aussi le prix du velcade (flacon 3,5mg, 1100 €, posologie 1,3mg/m2 J1,J4,J8,J11) quand tu connais la fréquence du myélome et la large utilisation faite du produit…
Pour l’eculizumab, j’arrive pas à en prescrire hors AMM, je suis hyper déçu.
Finalement une séance de dialyse c’est pas cher 😉
Si tu as un patient qui fait un oedéme angioneutoique sous IEC tu peux toujours demander à ta clinique d’avoir un peu d’inhibiteur de la C1esterase, sous le coude, je suis sur qu’il vont signer de suite. Pour la petite histoire la boite de biotech qui le produit a eu toute les peines du monde à produire suffisamment de produits pour la phase II/III. Ils ont depuis été racheté, je ne sais si les problèmes de prod persiste.
C’est d’ailleurs pour cela que les gros labos , tels des oiseaux de proie, font le tour du marché et achètent les boites plutôt que de développer elles-mêmes ! Il n’y a pas qu’elles d’ailleurs. Carl Icahn, le pape des fonds d’investissements américains , après s’être retiré de l’automobile, est en train d’essayer d’avaler Genzyme, l’une des boites de biotech les plus profitables.
Pour les prix, elles se régalent. Va expliquer à un père ou une mère dont le gamin a une maladie qui existe à 1000 exemplaires dans le monde que le produit qui peut l’empécher de mourir à court terme vaut trop cher et que tu ne paieras pas.
C’est tous les JT de 20 heures dans la foulée !