Le début de la fin…

… pour les revues médicales et l’impact factor?

Via un tweet de Andrew Spong, j’ai découvert ce petit texte qui pronostique la fin du système de l’impact factor, et par conséquence des revues médicales scientifiques.

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Rassurez-vous, Cardiologie Pratique ne risque rien. Enfin, pas de ce point de vue là, en tout cas.

J’ai bien envie d’y croire, à cette prédiction, peut-être ira-t-on vers plus de transparence (le mot est très à la mode, on se doit de le ressortir une fois par heure, au moins) avec des mesures peut-être plus objectives ?

Que dire aussi de ce glissement annoncé: ce n’est plus le journal qui va faire la valeur d’un article (même si une certaine réciproque existe), mais la valeur intrinsèque de l’article lui-même ?

Bien entendu, l’auteur de cet article appartient aux instances de PLoS, et il a trouvé beaucoup de bienveillance dans mon oreille de sympathisant de ce système.

Stéphane, Yann (entre deux couches) et les autres, qu’en pensez-vous?

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Aucun rapport, mais j’y ai repensé en écrivant le terme « sympathisant »:un ami médecin UMP et deux autres médecins de la région (que je ne connais pas, mais on me l’a raconté) ont été « convoqués » (le terme a été prononcé) par un coup de téléphone parisien datant de la fin de semaine dernière à assister au discours présidentiel d’hier devant des professionnels de santé.

Première remarque: bien qu’encarté, je n’ai pas été convoqué, je suis vraiment un moins que rien. Mais ce n’est peut-être pas si mal si l’on analyse l’échelle de valeurs utilisée.

Deuxième remarque: ils se sont rendu compte au dernier moment que la salle allait être vide ? Pas bon pour l’image au 20h.

17 Replies to “Le début de la fin…”

  1. Je conseille la lecture de cet édito d’embo reports dans le même numéro que celui sur la logophobie dont j’ai déjà parlé: http://www.nature.com/embor/journal/v10/n10/full/embor2009205.html Tu remarques qu’il n’y a rien dans le lien qui permette de savoir de quoi il va s’agir. Je pense que c’est la réponse à l’édito du BMJ.
    Je ne suis pas sur qu’il ait raison. Je pense que la dictature de l’IF va durer encore un bon bout de temps. La métrique utilisé par plos est aussi discutable. Par exemple le nombre de clic sur un article ne signifie pas qu’il est scientifiquement important. L’exemple qu’il prend est en ceci très intéressant l’article le plus haut dans Plos est un essay par un article de recherche. Sur ton blog par exemple c’est quoi le plus lu? est ce que c’est du scientifique, une note que tu as bichonné, que tu penses apporter quelques choses au débat « scientifiques » ou une petite note d’atmosphère?
    La limite de la metrique cliquologue c’est aussi que les gens cliquent regardent et ne lisent pas. Le fait de citer à un peu plus de poids certainement, dans un blog dans un partage de lien etc où on peut imaginer que les gens ont lus même en travers. Je déteste l’IF et j’ai largement écrit sur ça. C’est un moyen de stériliser la recherche et de façonner la recherche qui est insupportable. Je pense que l’édito de l’embo report souléve bien les limites et les dangers. Mais il rest un outil très simple pour les financeurs et les reviewers…
    Il y aurait beaucoup à dire mais je fait vraiment des commentaires trop long désolé.
    Je vous conseille les papiers de cette note pour comprendre la problématique de l’IF et sa nuissance

    1. Tu as raison pour mes notes, le « top 10 » depuis ma migration sur WP est:

      Phlegmatia caerulea dolens 1,208
      A propos 857
      IPP et clopidogrel 707
      φάρμακον 557
      Syndrome MGEN 499
      Hôpital 2009 496
      Stéthoscope 407
      Germinal (2) 389
      Dr House 363
      La vieillesse est un naufrage 362

      Donc rien de scientifique, voire même d’élaboré.
      D’un autre côté, je n’ai jamais eu aucune prétention à faire du scientifique ou de l’élaboré 😉

      Je pense aussi qu’un clic est « indifférencié ». Comment savoir si la citation est positive ou négative pour un article? Si quelqu’un clame « allez voir cet article, il est tout pourri », tout le monde va se précipiter (moi le premier) pour le cliquer et augmenter « artificiellement » le tableau de marque du texte. On peut aussi imaginer des sites plus ou moins dépendants de l’industrie qui vont pointer des tas de liens vers un article scientifiquement médiocre ou mauvais, mais commercialement important.

      1. Quand tu passes tes WE à faire de l’analyse bibliographique et des tableaux de stat pour démontrer que l’industrie nous ment, je ne te crois pas et tu joues au modeste.
        😉

    2. Le problème est qu’on peut citer un article sans pour autant qu’on le trouve spécialement intéressant :
      * Pour dire « il y a une erreur dans cet article ».
      * Pour dire « ça ressemble superficiellement à ce que fait , mais en fait c’est totalement différent et c’est bien mieux »…

      La dictature de la citation pousse d’ailleurs les éditeurs de journaux et les referees à citer des articles non significatifs!

  2. Je ne peux qu’applaudir à la fin des revues sous leur forme actuelle.

    Les revues scientifique sont nées à une époque où corriger, typographier, imprimer, distribuer les publications demandait une infrastructure lourde, génératrice de coûts justifiant les prix élevés des abonnements. De nos jours, la correction et la typographie sont délocalisées en Inde ou autre pays bon marché, l’imprimerie est largement automatisée, et en fait on passe de plus en plus par la distribution par voie électronique.

    Je soupçonne que les marges d’Elsevier, Springer etc. sont considérables.

    Ce qui fait tenir le système, c’est la course « publish or perish » et les facteurs d’impact ou de notoriété. Un jeune scientifique se doit de publier dans une revue « majeure » s’il veut être reconnu. Le système se perpétue…

    1. Si les revues arrivent à faire comme cell et proposer une nouvelle façon de mettre en ligne les résultats ( http://beta.cell.com/index.php/2009/07/article-of-the-future/#more-3 ), avec une aide à la lecture et un nouveau formatage. Ils vont justifier complétement leur existence et leur prix sur la beauté du truc. Le fossé se creusera encore plus entre petites et grandes revues. Je crois que l’édito d’embo reports sera encore plus d’actualité. Je pense que les revues ont encore de beaux jours devant elles et la dictature de l’IF n’a pas fini.

      1. La quasi totalité des revues en ligne se contentent actuellement de fournir un PDF reprenant l’article papier. C’est adapté à l’impression ou à la visualisation sur les afficheurs type « papier électronique ».

        Je ne suis pas sûr qu’une visualisation HTML serait plus agréable.

  3. Bonjour,

    Vous pouvez toujours mettre en incrustation le scan de votre carte de membre sur le bandeau automnal grange Blanche ou alors proposer aux services de la Présidence de faire un jogging avec lui. en cas de malaise, vous serez là. Et là, vous risquez d’être invité à vie à tous les discours présidentiels à Marseille.
    A vous de voir 😉

  4. « bien qu’encarté, je n’ai pas été convoqué, je suis vraiment un moins que rien ».

    Non, c’est juste que vous êtes trop grand 😉

  5. Juste une mini-remarque sur l’évolution (numérisation) des publications scientifiques : outre que cela fait peser des risques sur la pérennité d’une info accessible (où en seront les matériels et logiciels dans 15 ans, pourra-t-on encore ‘retriever’ et imprimer un article stocké au fond d’on ne sait quel serveur ou DVD…?) cela exclut aussi le « feuilletage » qui permet de s’imprégner de l’évolution ambiante : pour la plupart des humains fainéants que nous sommes, cela signifie qu’on ne lit plus, exclusivement, que ce que l’on cherche, ce qui accroît terriblement le biais de sélection dont parle l’ami Kyste…

    BG

    1. Je ne suis pas d’accord sur le feuilletage, je pense qu’il est plus facile actuellement qu’avant. La réception des eTOC, la possibilité de s’abonner à des lien rss de revues pour la lecture dans google reader, font qu’on peut encore mieux errer dans les sommaires des revues.
      Effectivement la conservation de l’information est un problème majeur, mais pas plus insurmontable que les bibliothèques qui brulent ou qui sont inondés. Et puis l’oubli a des vertus parfois

  6. Entre deux couches = Juste le temps de lire vos blogs, et de me demander comment vous faites pour lire, écrire, avoir une activité clinique ET avoir des enfants…

    Je pensais déjà beaucoup de bien de toi et de Stéphane, maintenant, c’est carrément de l’admiration! 🙂

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