6 oeufs, du shampooing, une visite médicale et du dentifrice

Un article du NYT revient sur le phénomène pour l’instant très américain des cabinets médicaux ou plutôt paramédicaux situés au sein des supermarchés.

Moins chers, plus rapides pour les petits bobos, ils semblent avoir pas mal d’atouts.

L’article se termine néanmoins sur des réserves et les précautions à prendre pour les usagers de cette médecine « low-cost ».

Je ne sais pas, mais je suis certain que la famille Leclerc y a pensé….

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A Quick Trip to the Store for Milk and a Throat Swab. By Walecia Konrad. Published: October 3, 2009. The New York Times.

12 Replies to “6 oeufs, du shampooing, une visite médicale et du dentifrice”

  1. Les clinics retails sont très à la mode, j’avais mis le lien vers le papier de annals ( http://kystes.blog.lemonde.fr/2009/09/01/jfk-un-malade-meconnu-il-avait-un-endocrinologue/ ) qui montre que les résultats sont plutôt bons (meilleur que les services d’urgences en terme d’efficacité pour ces pathologies banales) et surtout moins cher. Je suis convaincu que c’est une pratique qui va arriver en france. Je fais confiance en notre gouvernement jamais en manque d’idée pour relancer la consommation et lutter contre la desertification médicale. Chaque village français doit avoir sa superette et sa minute clinic.

  2. Très américain ? Oui certes, mais en voit de plus en plus dans les galeries des hypermarchés dans not’ pays, tu sais ces lieux merveilleux où l’on retrouve coiffeur, bureau de poste, fleuristes, développeurs de photos et tous ces petits commerces qui enlaidissaient autrefois nos centre-villes… C’est pratique, on peut se garer (à 15 km de chez soi et sur un parking lugubre), ce qui dans la vie moderne occidentale est décidément LE checkpoint le plus important sur la route du bonheur.
    Tu te situes à Lyon si j’ai bien compris, on y est encore un peu épargné par le phénomène, comme à Paris, mais en banlieue et dans les villes moyennes c’est courant, hélas.

  3. Il y a tout juste un an, la revue ‘Heakth Affairs, qui est certainement une des meilleures sources d’information sur les questions relatives à l’économie de santé, a publié un premier bilan de ce qu’on appelle ces ‘retail clinics’.

    Dans le système américain, vu le prix de la consultation aux urgences, qui peut depasser plusieurs centaines de dollars pour un acte dit de « bobologie », ces structures ne peuvent que se développer.
    Bien sûr, ce sont, le plus souvent, des infirmières à la formation très poussée qui assurent la consultation et pas des médecins.

    mais il y a des actes qu’elles savent parfaitement faire non ?

    Health Affairs september-october 2008, volume 27, number 5.

    1. L’argument économique n’est plus un argument massue, il est devenu le seul.
      Déléguer aux IDE, oui, mais à condition de le faire motivé par autre chose que le désir que cela soit moins cher.
      On a la santé que l’on mérite, c’est tellement vrai.
      Je suis donc plutôt pessimiste, pas pour nous, car nous saurons toujours nous soigner, mais pour les autres…

      1. Le fait de déléguer n’est pas que financier, il est aussi démographique. Il n’y a probablement pas assez de médecins formés pour répondre à la demande.
        Pour certaines pathologies il vaut mieux une infirmières bien formée avec un bon sens clinique qui dès qu’elle ne saura pas tirera la sonnette d’alarme plutôt qu’un mauvais médecin.
        Les tentatives de délégation sont assez concluantes. Pour que ça marche il faut juste que les infirmières qui font ce nouveau métier soient mieux payées et reconnues.

        1. En sachant que le souci démographique a été organisé volontairement par l’Etat, mû par une visée économique (dont on mesure le succès…).

          Dans un autre registre le fantasme d’une médecine à deux moteurs revient régulièrement : « d’un côté des médecins vite formés pour les maladies courantes (ou des super-IDE, ou équivalent…), de l’autre des grosses têtes qui savent tout pour soigner les choses compliquées ». Ce serait totalement pertinent si les gens venaient nous voir avec des diagnostics et pas avec des symptômes… Il n’est que de voir la difficulté des pharmaciens, malgré une formation relativement solide, à faire du vrai conseil crédible à grande échelle (je ne parle pas de mon ami S… , pharmacien dans le 03, qui fait ça avec constance et compétence, mais de la moyenne de ce à quoi un citoyen malade quelque part en France.
          Et quoi qu’il en soit les conflits de territoire (qui reconnaît ses limites facilement, avec une formation limitée ?) ne sont pas toujours simples à éviter.

          BG

  4. Puisque je tiens un psychiatre qui apparemment n’aime pas la délégation, j’aimerai avoir son avis sur l’arrivée massive de médecins généralistes dans les services de psychiatrie à qui on donne de fait le titre de psychiatre et à qui l’ordre des médecins délivre des compétences dans cette spécialité?

  5. Héhéhé… en pratique, j’aimais bien déléguer, lorsque je travaillais en équipe (le management m’aurait passionné je crois). Mais dans un cadre bien défini, pas juste pour pallier une carence, surtout dans un pays parmi les plus riches du monde et en temps de paix. Déléguer à des IDE ou des aides médico-psychologiques des tâches cliniques complexes dans leur champ d’action oui dans certains cas, mais pas seulement parce que l’Etat ne veut pas payer des médecins, non merci.
    En ce qui concerne les MG en psy, sur le principe je vais t’étonner je suis TRES favorable à toutes sortes de passerelles interdisciplinaires et je ne m’accroche pas spécialement aux titres « précieux » : ancien DES, ancien ceci, ancien cela. A condition qu’il y ait la compétence. Et je préfère mille fois des généralistes bien formés en psy que des généralistes qui croient savoir et qui foutent tout le monde sous antidépresseurs (et ne savent plus comment les arrêter, après). Donc AMHA, un MG motivé et formé peut faire un bien meilleur psychiatre qu’un psychiatre dernier de la classe qui digère mal son deuil de ne pas avoir été cardiologue (au hasard). De même pour les DIS, AFSA, FFI de toutes origines. Mais là on n’est plus dans la délégation, on est dans la convergence de compétences techniques dûment acquises. Et il faut alors leur donner les mêmes droits, responsabilités, revenus, etc, on ne va pas refaire le coup des DES vs CES… La psychiatrie permet cela sans doute plus facilement que la chirurgie de l’oeil parce qu’elle est une pratique encore loin d’être unifiée, mais ce n’est pas évident non plus parce que pour cette même raison il est très facile de croire qu’on a une vue d’ensemble alors qu’on n’en maîtrise qu’un secteur. Combien d’AMP, d’IDE, de MG, de concierges, et même certains psychologues, sont sincèrement convaincus qu’il suffit de quelques notions pour distinguer un schizo d’un mélancolique, d’un peu d’écoute et d’un peu de blabla et trois gouttes de perlimpimpin pour tout démêler et se tenir à bonne distance de l’envahissante pression des labos ? Tu serais effrayé, vous n’avez pas ça en néphro ou en cardio personne ne prétend en savoir autant que toi parce qu’il a lu trois magazine dans le train en arrivant…

    Ce qui m’énerve « évidemment » c’est quand on décrète la compétence de quelqu’un par défaut et par magie juste pour remplir des postes vides : on a vu des HP presque uniquement tenus par des médecins ne parlant pas un mot de français (quand on sait l’importance de la culture dans l’expression des troubles psychiques, ça pose problème), avec à la clé des situations médico-légales ubuesques quand la loi impose la signature d’un psychiatre en titre…
    Mais je m’éloigne un peu, désolé !

    BG

  6. « Tu serais effrayé, vous n’avez pas ça en néphro ou en cardio personne ne prétend en savoir autant que toi parce qu’il a lu trois magazine dans le train en arrivant… »

    Ouarff, j’ai bien aimé aussi le cardio contrarié qui devient psy 😉
    Difficile d’imaginer deux spécialités médicales si différentes.

    Pour la cardio, c’est plutôt l’inverse. Elle fait tellement peur que même les notions de base que tout médecin devrait connaître sont des repoussoirs.
    Ainsi, on m’envoie régulièrement des patients en pré-opératoire pour qu’on leur fasse un ECG et pour que je les interprète. Pas pour interroger/examiner le patient/donner un avis cardio, uniquement pour lire l’ECG…
    Mais je pense, Stéphane, que c’est pareil avec la néphro et la terrible épreuve de la bandelette urinaire!

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