Et, vous avez des liens avec l’industrie pharmaceutique?

Voilà une question délicate à poser à son médecin.

Je ne sais pas si vous vous êtes demandé si vous alliez la poser, mais des journalistes du Washington Post l’ont fait.

Au États-Unis, 94% des médecins ont des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique.

Soixante-dix-huit pour-cent d’un groupe de patients potentiels pensent qu’accepter un cadeau de la part de l’industrie pharmaceutique influence la prescription du médecin. Soixante-huit pour-cent jugent nécessaire une législation qui obligerait à déclarer ces liens financiers. Par contre, ils ne sont plus que 34% qui oseraient demander si leur médecin a des liens avec l’industrie.

C’est vrai que commencer le premier rendez-vous de la longue, complexe et ambiguë cour mutuelle que représente la relation médecin-malade est assez délicat.

Presque un faux pas; le râteau assuré.

Je vous laisse imaginer des exemples dans le cadre d’un premier rendez-vous amoureux.

Je m’imagine face à un patient qui me demanderait cela de prime abord.

Alors que j’ai toujours dénoncé les relations sulfureuses entre industrie et confrères, et que j’en ai aucune, je me dirais intérieurement , « Ouuuuuuuuh, toi, mon loulou, tu es du genre pénible et retors. Méfiance. ».

En général, je dis à ce type de patients que leur cas est ex-cep-tio-nnel et je leur suggère rapidement d’aller voir des médecins bien plus savants que moi au CHU, qui seront bien plus dignes que moi de gérer un tel cas. Typiquement une tension artérielle labile incontrôlable sous Hyperium avec des pics à 141/92 le matin au lever.

J’appelle ça « professoraliser un patient« , et ça marche très bien sur les pénibles. En général, ça marche d’autant mieux qu’ils sont plus pénibles.

Puis je lui demanderais d’une voix suave si il n’est pas Gold Member à la MGEN…

(remarquez l’approche subtile. Je vais encore me faire des tas d’amis).

L’article cite le célèbre Daniel Carlat qui propose une approche subtile, elle aussi, mais qui le sera peut-être moins au bout de la dixième approche similaire:

 » ‘I’ve been reading in the paper a lot about how pharmaceutical companies pay doctors. Does that happen?’ That is a nice way of opening up the topic, » he said.

Bon, évidemment, ne le fait pas en anglais, sinon, ce n’est pas une loupiote rouge qui va s’allumer au fond de l’esprit du médecin en face de vous mais un gyrophare de camion pompier.

Je plaisante mais l’article est intéressant.

Ce n’est pas notre mentalité, mais je pense qu’il faut nous préparer à ce qu’une telle éventualité survienne.

Je regrette que Thérèse ne soit pas là pour nous donner son point de vue.

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Probing Doctors’ Ties to Industry. By Ibby Caputo Washington Post Staff Writer. The Washington Post. Tuesday, August 18, 2009

Ambulances héliportées

Le reportage vidéo du NYT dont les références sont en bas de la note retrace l’activité d’une unité de transport héliporté de blessés  au cours de la guerre en Afghanistan.

L’unité en question est le 168th Air Ambulance Corps qui fait partie de la mythique 101ième aéroportée.

Le format de cette vidéo ne permet pas de développer, et c’est bien dommage.

D’un point de vue médical, le travail des paramedics qui sortent en zone de guerre puis des chirurgiens qui gèrent dans l’urgence vraiment de tout me semble tout à fait extraordinaire.

Un des commentateurs précise que les protocoles médicaux ont été mis en place notamment à partir de la guerre du Viêt Nam, et ont été sans cesse améliorés depuis. Pour ceux que ça intéressent, cet article retrace l’activité médicale au cours de cette guerre entre 1965 et 1970.

PhotobucketUH-1 Iroquois au Viêtnam. Crédit inconnu.

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Air Ambulances on the Front Lines. Patrick Barth. The New York Times. Published: 2009/08/18