Mouarff

J’ai un défaut, c’est de me moquer facilement.

Les gens qui m’aiment bien disent que je suis taquin.

C’est un euphémisme plutôt bon enfant.

Je suis tombé sur un courrier d’externe assez rigolo, pas par lui même, mais par l’énoncé d’une situation clinique un peu scabreuse que l’externe n’a de toute évidence pas comprise.

C’est l’histoire d’un patient hospitalisé dans le cadre d’une maladie chronique qui n’est pas cardio-vasculaire.

On constate des poussées hypertensives sévères, et on le montre à un confrère cardiologue. Ce dernier instaure un traitement.

Le service me demande de réévaluer ce patient en fonction d’un holter (tensionnel? ECG? Le courrier reste flou), que bien évidemment, on ne me fait pas descendre. Et comme l’interne n’est pas dans le service, personne ne peut me donner d’information par téléphone. Sa dernière tension est toutefois tout à fait acceptable.

Le courrier annonce que le patient a une bronchite chronique obstructive post tabagique (le patient me précise qu’il a l’oxygène à domicile) et que l’on suspecte un phéochromocytome pour lequel on attend le résultat d’une scintigraphie.

Quel traitement le confrère a bien pu instaurer?

Il est probablement très joueur, ou devait particulièrement s’ennuyer au cours de la consultation car sans hésitation, il a débuté un bêta-bloquant, dont voici la liste des contre-indications sur le Vidal:

Photobucket

Donner une molécule avec deux contre-indications absolues potentielles, respect.

Certains confrères aiment mettre du piment dans leurs consultations!

 

 

3 Replies to “Mouarff”

  1. Serie: les perles des confreres!…
    Pourquoi ne pas lui envoyer un courrier au confrere avec une copie de ce document, mais cela ne doit pas faire partie de la deontologie…Bien dommage! Peut etre l espoir qu il passe par Grange Blanche et qu il se reconnaitra.
    J ai bien aime aussi ce patient fumeur avec oxygene a la maison…Entre deux bouffees de cigarette, il doir remette le masque.

    1. Ce n’est pas une question de déontologie, car il n’avait peut-être pas toutes les infos… (il en avait au moins une 🙂 )
      Je lui en parlerai à l’occasion.
      J’ai trouvé le montage assez atypique, mais je suis resté prudent dans mon courrier.
      Il n’y a pas très longtemps, pour une histoire informatique, j’ai été tenté d’écrire un mail rouge de colère à l’administrateur système que je tenais pour responsable.
      Puis, après plusieurs phrases assassines écrites et réécrites, j’ai finalement opté pour l’ironie à double sens.
      Bien m’en a pris, car il s’agissait en fait d’une erreur humaine d’une des infirmières…
      La prudence n’est ni l’option la plus flamboyante ni la plus drôle, mais c’est certainement la plus…sûre!

  2. En effet prudence…Les ecrits restent, les paroles s envolent….J ai moi aussi tendance a faire de grandes envolees impulsives , mais elles sont adoucies par des excuses repetees et sinceres, ceci dans ma vie privee pas dans mon travail, ou la retenue est de rigueur. C est la raison pour laquelle je n aurais jamais de blog pour y raconter mon quotidien, trop parano! Je prefere de loin batifoler , dans l anonymat, sur les plates bandes des autres…

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