Restons-amis…

Le BMJ avait donné des conseils pour divorcer d’un patient, mais comment éconduire de façon diplomatique un patient dont on ne veut pas être le médecin pour tout un tas de raisons plus valables les unes que les autres?

En effet, la relation médecin-malade est particulièrement asymétrique dans ce cas particulier, car il suffit à un patient de ne pas aller voir, ou de ne plus retourner voir un médecin qu’il ne souhaite plus avoir comme partenaire, pour tout un tas de raisons plus valables les unes que les autres.

J’ai posé la question hier sur Twitter:

Les réponses des confrères montrent à quel point ce problème est épineux:

Même les patients souhaitent nous donner un coup de main:

 

Donc, il n’y a pas de recette miracle.

En général je m’en sors avec un « Oui mais… il faut vous trouver un cardiologue plus proche de chez vous…. »

On peut imaginer que le patient habite en face du cabinet.

« Oui, mais… il vaut mieux demander un contact à votre médecin généraliste, avec lequel il a l’habitude de travailler… »

Ou que le patient habite en face du cabinet et que son médecin généraliste est un correspondant.

« Oui, mais…non, le cabinet est plein, je vous préviendrai quand une place se libérera, ce qui ne saurait tarder…. »

En fait, il faut lui faire peur…


Auteur : Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

18 thoughts on “Restons-amis…”

  1. Y a t il une façon unique d’éconduire un patient ? Je pense en fait que c’est très dépendant de la raison pour laquelle on ne veut pas/peut pas être son soignant.

    Si ce sont des raisons professionnelles ou déontologiques, il vaut mieux les exposer clairement et objectivement. (j’avais déjà parlé sur le blog de la difficulté du psy que je suis à suivre un enfant dont je connais les parents : le mieux est d’expliquer clairement pourquoi dans ce cas, par ex.)

    Ensuite il y a des cas « litigieux » où avec certains patients, ce sont des raisons personnelles qui font que nous, soignant, on ne souhaite plus travailler ensemble.
    Là c’est pas facile à dire ! J’ai déjà eu une fois le cas d’une jeune demoiselles à peine adulte, dans un profil hystérique bien marqué, pour qui la consultation était prétexte à un théâtre de séduction, poses, et paroles à double sens…. Sans que rien ne soit travaillable.
    Dans ce cas, j’ai avoué une pseudo incompétence pour passer la main… (à une collègue féminine)

    Pour le cardiologue, que trouver comme excuse ?
    Pour d’innocentes palpitations avec un air sérieux : « je ne vois plus rien à faire,… à part une greffe cardiaque. En urgence…. Mais vous pouvez demander un second avis bien sur ».
    Ou bien « Avez vous lu le livre de Rika Zaraï ? Les bains de siège et les tisanes sont souverains, je les prescrit toujours dans les suites d’infarctus »

    Bonne chance

  2. Ha ha!ha ha! les commentaires sont aussi marrants que le billet!pour ma part,je me montre glaciale et ça donne souvent de bons résultats!c’est vrai que je n’ai rien d’une Sharon Stone!on n’insiste pas trop!ha ha!ha ha!

  3. Excellent Spyko, décidément entre votre blog, celui de Yann et celui-ci, la blogo « médicale » est petite😉

  4. le mieux est tout simplement de ne jamais répondre a ses demandes inconscientes… pour les mauvais coucheurs ordinaires le rendez vous impossible marche bien genre 31 decembre à 19 h puis vous n etes pas venu sans vous excuser je ne veux plus vous voir!

  5. « malheureusement, je ne peux voir que les patients du secteur »
    Des avantages de la sectorisation en psychiatrie!

  6. mon délai de rendez vous (très long) me protège plus ou moins
    les rares que je ne veux plus voir ont leur dossier marqué : « stop RDV »et si par hasard un rendez vous leur est donné, je téléphone pour dire « non ça ne sera pas possible »
    et j’ajoute qu’il y a d’autres ophtalmos.
    hors urgence nous avons le droit de refuser un RDV sans donner le motif en signalant le confrère le plus proche.
    en général le : « faites moi plaisir choisissez un autre oph » avec une intonation « mielleuse  » dans la voix fonctionne bien.
    le :  » dehors ! » porte ouverte, rarement utilisé, est réservé à ceux qui ne goutent pas l’ironie.
    « passer la main »… comme l’écrit si à propos spyko

    1. Oui, certes, mais virer un patient à coup de pompes dans le derrière, ce n’est pas trop compliqué, genre « Vous-ne-respectez-pas-votre-part-du-contrat, adieu », mais si on veut faire plus diplomatique?
      J’aime bien la proposition de Tiphaine « mon collègue connait mieux votre pathologie, je vous donne le contact de son cabinet ».
      Justement, au CHU, il y a plein d’hyper-spécialistes (et même en libéral, on ne compte pas les hyper-spécialistes auto proclamés)…😉

  7. Bravo! Même si je vous (les médecins) comprends, en tant que patient j’opterais pour ne plus y aller du tout. Car ce refus, il est basé sur quoi? la situation socio-économique? la pathologie? le caractère? l’exigence ou le laisser aller (de la part du client)? Car si vous refusez, qui ne dira pas que le confrère ne va pas faire la même chose?

    Bon dimanche à tous

    1. En gros, je me pose les mêmes questions que vous.
      En dehors d’ une attitude de séduction peu (pas du tout) compatible avec une relation médecin-malade et /ou la non-réponse du patient envers les suggestions, recommandations, injonctions, ordonnances (biffer les mentions inutiles) du médecin, qu’ est-ce qui pourrait inciter ce dernier à envoyer son patient au Caire ?

      N’ étant ni patient ni médecin (oui, il existe des extra-terrestres qui se situent ailleurs que dans ces deux catégories, quoi qu’ en dise Knock), j’ aimerais avoir l’ avis de médecins qui ont largué un patient et inversément.

      1. @ José Lemaire – je suis plus seule à me poser ces questions.

        Je peux vous répondre du point de vue du malade/ client. Après que mon ophtalmologue (OPH) a pris sa retraite bien mériter et pas trouver de successeur, sa clientèle a dur trouver un nouveau médecin. Le problème est qu’il n’y en pas tant que ca. Vu ma pathologie conséquent, de l’époque, il m’avait conseillé 3 collègue et j’y étais chez deux.

        Malgré que mon OPH avait conseillé le plus jeune des trois, j’ai choisi le plus âgé. Pourquoi? le plus jeune ne s’intéresse nullement à la personne, il regarde le dossier qu’à ouvert une secrétaire, ne demande pas lors de la consultation suivante sur un nouveau ou un changement de traitement (après il peut y avoir un « Quark » et la faute sera au patient qui n’aura pas informé le médecin), pas de question sur un autre problème de santé récent ( par exemple le diabète), puis je cite: « nous ne pratiquons uniquement la médecine curative et non préventive ». En Ophtalmologie, il y a plein de maladies qui demandent un suivi pour prévenir des dommages et impossibles à les guérir (le diabète, le glaucome, ADM, pour ne citez que 3 maladies), la forte myopie peut aussi avoir de fâcheuses suites (décollement de la rétine, fragilisation de la rétine ) . Surtout quand juste avant de dire au revois, il me posa la question (lors de la 3 ou 4e consultation et dernière de ma part) s’il n’y a pas eu de changement dans mon traitement (la porte du cabinet / Salle d’attente était déjà ouverte) et que je devais cesser pendant un an avec mes gouttes, car il ne croit pas que je souffre de telle maladie. Soit l’inverse de ce qu’avait dit mon OPH. Ce ophtalmologue est bien vu par les gens, car il se forme régulièrement aux USA.

        Quand à l’autre, celui qui est venu le successeur de mon OPH. Il écoute et pose des questions, il n’ouvre pas la porte avant que la consultation soit vraiment fini et pour lui il ne fallait absolument pas arrêter avec le traitement.

        Quand à l’attente. Chez le jeune, j’avais RV à 15H et je passa à 18H. Des gens qui sont venus après moi, sont passé bien longtemps avant moi. Pour ces gens là, le médecin se prenait bien 30 minutes, pour les autres qui attendaient (la grande masse) il a eu à peine 10 minutes de temps.
        Chez le plus âgé, l’attente était égale pour tous – et il prenait le temps qu’il fallait dans les 15 à 20 minutes. Il prenait aussi des gens en urgence, donc « cassé » entre deux lors d’un problème qui ne peut pas attendre le prochain RV disponible.

        Il faut dire que je suis très exigeante envers un ophtalmologue. L’explication se résume par ma pathologie assez sérieuse entre temps (la confiance et la travail doit être mutuel, sinon ca marchera pas; pas envie de revivre les années de cauchemar en pensant à ma prochaine consultation) et ma première femme ophtalmologue m’avait dit, j’étais âgée de 10 – 11 ans, que si je continue ainsi je vais être aveugle ( l’origine des cauchemars et la peur rien en pensant à l’ophtalmologue).

        Une expérience récente. Je me sens pas bien, je vais consulter un médecin qui prescrit des examens dont les résultats sont négatifs (c’est bien). Vu le résultat, je n’ai pas besoin de le consulter à nouveau (c’est lui qui l’a dit) pour ce point précis, mais s’il y a une autre chose il veut bien me recevoir. C’est gentil, mais j’ai dépensé dans les 600 euro et rien n’a changé, avant de l’avoir consulter. Comme j’adore tant les médecins, j’ai demandé conseils au pharmacien. Depuis juin, je continue ainsi, mais je en vais pas revoir un autre médecin car sinon on risque être catégorisé de « hypocondriaque ». En cas de super malaise j’irais éventuellement consulter à nouveau, mais je ne m’attends à aucune aide de la part de ce médecin ou de la médecine. Je le considère plus comme une source de renseignement (genre télémédecine) que comme un soignant. Je comprends les gens qui vont chez les guérisseurs et Compagnie.

        Comme vous, j’aimerais connaître l’avis d’un médecin qui a reconduit un client / patient.

        Bonne soirée

  8. Ce qui pousse le divorce, et bien lisez et vous comprendrez:
    un patient chez lequel je fais un suivi à domicile m’appelle, m’appelle de plus en plus, à n’importe qu’elle heure du jour et du soir pour que je passe. J’y vais, à chaque fois une nouvelle plainte, je ré arrange son traitement.
    Un samedi matin il me téléphone encore parce que ses WC sont bouchés et que je dois lui déboucher en urgence
    Et puis quand je le revois je le cuisine et je découvre qu’il a viré le kiné ( grand drame car il s’est rendu compte qu’il retrouvait une autonomie de marche, en fait ce patient voulait que le monde vienne à lui, c’est plus distrayant ).
    Et puis j’ai découvert qu’il ne suivait que ce qu’il voulait dans son traitement.
    Je lui ai donc dit que soit il me respectait et respectait l’équipe mise en place autour de lui soit tout le monde partait.
    Il faut dire qu’il harcelait tous ceux dont il avait le téléphone:kiné infirmiers pharmacien.
    C’est le seul cas où j’ai envoyé un courrier à la sécurité sociale pour dire que je n’étais plus le médecin traitant d’un patient.
    Voilà

  9. Moi c’est  » Oh, le docteur Cravatte est là depuis 28 ans! Il est beaucoup plus conventionnel que moi qui suis plus, plantes et trucs de bonne femme ». Le patient, si je l’ai bien ciblé, ne reviendra plus!

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