Fiers de nos rues, fiers de notre ville

Des proches m’ont demandé comment c’était à Marseille en ce moment.

Comme je suis allé à La Timone cette après-midi, j’ai fait quelques clichés, que j’ai partiellement diffusés sur Twitter.

D’abord devant l’hôpital de La Timone, centre névralgique du CHU, célèbre  au loin pour ses services de pointe en chirurgie neurologique, cardiaque et vasculaire (pas pour la cardio, mais chuuuuut, il ne faut pas le dire):

PhotobucketVous remarquerez la devise qui orne le camion des éboueurs marseillais depuis de nombreux mois, et qui prend beaucoup de fumet depuis 3 semaines: Fiers de nos rues! Fiers de notre ville! Ils ont donc bien repris le travail. Heureusement que les regards ne tuent pas car sinon ils auraient été foudroyés mille fois par les passants. L’imprécation marseillaise qui pourrait être en vogue en ce moment: Que la leptospirose s’abatte sur toi et ta famille jusqu’à la septième génération ! (quand même plus classe que le Enculé! habituel)

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Un peu plus loin, devant un collège flambant neuf:

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Le problème principal est que les trottoirs sont impraticables, et que les piétons sont obligés de marcher sur la chaussée, où il y a des voitures et…des poubelles:

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En continuant un peu, sur votre gauche, et pour peu que vous n’ayez pas glissé sur une part de pizza aux champignons vieille de deux semaines, vous vous seriez retrouvé en face de l’hôpital de la Conception, célèbre grâce à son service de néphro et aussi un peu parce qu’il a abrité le dernier soupir de Rimbaud le 10 novembre 1891.

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Dans mon quartier, nettement moins populaire qu’autour de La Timone, le soleil d’automne dore encore un peu plus les feuilles des arbres qui bruissent dans le vent  taquin, et le contraste avec le ciel bleu est magnifique.

La grève ne se voit presque pas car nous gardons tous nos poubelles sur nos terrains. Par ailleurs, vous devez vous en douter, le problème des retraites ne fait pas partie des préoccupations premières du voisinage

Moralité, et bien, il n’y en a pas.

Ce mouvement social est bien plus injuste que ce qui l’a motivé.

Hormonothérapie

Hier, Tara Parker-Pope a encore rédigé une magnifique note dans son blog Well, hébergé par le NYT.

Cette note pointe à la fois un problème important de pharmacovigilance et est très drôle.

Une rare merveille, en somme.


La belle Tara relate les effets secondaires collatéraux des œstrogènes en crème sur nos amis les animaux.

Imaginez un chien-chien à sa mémère qui la léchouille toute la journée.

Si la mémère en question se tartine d’œstrogènes pour rester jeune et humide, on peut observer ce type d’effets secondaires:

Veterinarians around the country are reporting a strange phenomenon: spayed dogs and cats, even some puppies and kittens, are suddenly becoming hormonal. In female pets, the symptoms resemble heat: swollen genitals, bloody discharge and behavioral problems. Male animals are showing up with swollen breast tissue and hair loss. Standard treatments and even repeated operations have had no effect.

Beaucoup plus embêtant, les enfants qui font des câlins à leurs mamies ont eu le même problème:

The Food and Drug Administration issued a warning in the summer after eight children exposed to the estrogen spray Evamist showed signs of premature puberty like nipple swelling and enlarged breasts.

L’alerte de la FDA est ici. , vous trouverez  le communiqué de presse de la FDA avec les deux cas les plus sévères en illustration. En fait, le bambin est à gauche de la photo, ils se sont trompés et ont habillé le chien.

Même Grange Blanche a son cas clinique, qui aurait pu être relaté dans le NYT:

Poison Ivy dit :

30/04/2010 à 10:08

Du même tonneau, le monsieur vient se plaindre de perdre tous ses poils du ventre; en fait, Madame étalait consciencieusement son traitement hormonal substitutif sur son ventre le soir avant de se coucher et en bons adeptes du missionnaire….

Là où se cache le Diable, quand même….

Note de bas de page: En faisant de la recherche musicographique pour cette note (mouhahahaha), je suis tombé sur ce chef d’œuvre boysbandien (ça se dit?) , et pour les amateurs avertis uniquement, cette incroyable version vietnamienne

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When Hormone Creams Expose Others to Risks, by Para Prarker-Pope. Well. October 25, 2010, 5:12 pm.

Nacht und Nebel, immer wieder.

La détermination du génotype du CYP2C19 chez les patients sous clopidogrel promettait beaucoup il n’y a, ne serait-ce que quelques mois.

La FDA avait même modifié le RCP du clopidogrel en ce sens:

The Boxed Warning in the drug label will include information to:

  • Warn about reduced effectiveness in patients who are poor metabolizers of Plavix. Poor metabolizers do not effectively convert Plavix to its active form in the body.
  • Inform healthcare professionals that tests are available to identify genetic differences in CYP2C19 function.
  • Advise healthcare professionals to consider use of other anti-platelet medications or alternative dosing strategies for Plavix in patients identified as poor metabolizers.

La cardiologie allait enfin rentrer de plain-pied dans l’ère de la pharmacogénétique (Y a pas de raison, on n’est pas plus bêtes que les autres…).

Après l’ère des blockbusters et du one fits all, la pharmacogénétique allait nous permettre d’adapter une thérapeutique à chacun de nos patients.

Le Vanderbilt University Medical Center teste même assez systématiquement ses patients.

Mais pour l’instant, la faute probablement à l’absence de grandes études, une myriade de petites séries vient sensiblement brouiller le message en déconnectant génotype et phénotype (ce qui embêtant du point de vue du pharmacogénéticien, on peut le concevoir…).

La dernière est résumée dans un article de theheart.org.

Même le grand Topol en perd son latin:

« OK, so the platelet results and the genomic results don’t always correlate. But does that mean we should deny the benefit of the knowledge that we have today? »

Ce qui est drôle, c’est que malgré cela, des commentateurs utilisent le génotype du CYP2C19, comme si ils en maîtrisaient parfaitement le fin mécanisme pour analyser des études cliniques qui ne comportent même pas de génotypage, ici dans une énième exégèse de COGENT:

De plus, la population étudiée étant à 94 % de race blanche, la prévalence attendue d’un gène homozygote codant le cytochrome P-450 CYP2C19 n’était que de 2 à 3 %. Or chez ces sujets homozygotes, les IPP pourraient réduire d’avantage le taux des métabolites actifs du clopidogrel, conduisant à un niveau trop bas pour préserver son efficacité. Seule une étude plus vaste comportant un génotypage pourrait lever cette ambiguïté.

Je veux, mon neveu!

Vivement la sortie du brouillard.

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Sue Hughes. Double-dose clopidogrel helpful for some patients with high platelet reactivity on normal dose . theheart.org. [Clinical Conditions > Interventional/Surgery > Interventional/Surgery]; Oct 22, 2010. Accessed at http://www.theheart.org/article/1139647.do on Oct 26, 2010