Je ne sais pas si vous souvenez de ces deux notes, ici et ici qui montraient ce qui me semblait être un défaut assez important dans le contrôle d’interactions médicamenteuses sur l’application BCB iPhone.
Et bien, la version 2.1 est arrivée il y a quelques jours, et elle corrige comme promis le problème.
Voilà maintenant comment les choses se passent:
J’ai choisi de faire la démonstration en mode « en vol » pour bien montrer que ce contrôle se faisait indépendamment de tout flux de données. Cette solution embarquée me convient donc parfaitement.
Maintenant, pourquoi ont-ils choisi de garder l’étape intermédiaire qui ne donne qu’une version très partielle du Thesaurus de l’Afssaps ? Aucune idée.
Peut-être pour délivrer le message essentiel. Le problème, comme je l’ai déjà montré sur cet exemple précis, c’est que sa non-exhaustivité le rend incorrect.
Quoiqu’il en soit, en tapotant sur le cadre de cette deuxième étape, on obtient enfin la notice complète du Thesaurus.
L’application BCB iPhone distance donc à mon avis largement ses concurrents, puisqu’elle est la seule qui permette une analyse satisfaisante des interactions médicamenteuses.
Petit détail supplémentaire, la version 2.1 rend aussi l’application un peu moins austère qu’elle ne l’était.
(Je n’ai toujours aucun lien financier/amical avec eux 😉 )
Je regarde le défilé du 14 juillet avec mes enfants comme je le faisais avec mon grand-père quand il était toujours parmi nous.
Les enfants m’assaillent de questions, comme je devais le faire.
J’ai remarqué dans ce défilé deux incongruités assez étonnantes.
Depuis toujours, le Président arrive et la Garde Républicaine joue la Marche de la Garde Consulaire à Marengo:
Une belle marche militaire, Marengo, Napoléon, cette musique chargée d’histoire a surtout une certaine prestance.
En fin de défilé, lorsque le petit Nicolas s’est levé pour saluer les chefs d’États, la Garde a joué une musique là-aussii magnifique et chargée d’histoire, mais dont la signification est tout autre: La Marche pour la cérémonie des Turcs que JB Lully a composée pour illustrer un tableau du Bourgeois Gentilhomme.
Là, on est dans le bouffe, le ridicule, à mille lieues du moment qu’elle est censée illustrer. On ne devrait pas la coller au déplacement d’un Président de la République.
Je serais curieux de savoir qui a eu l’idée saugrenue de la lui coller sur le dos.
Soit quelqu’un de raisonnablement cultivé et qui n’aime pas le petit Nicolas, soit un inculte.
Je penche pour la première hypothèse.
Je serais aussi curieux de ce qu’en aurait pensé un Chirac ou un Mitterrand. Je présume quand même qu’ils auraient tiqué.
Autre détail qui m’a fait hérisser les poils: que l’École des mousses défile avant l’X et Saint-Cyr, et que l’on enrobe ça dans la béchamel de l’égalité des chances.
Ils sont bien gentils, les mousses, mais bon, leur école n’est ni Polytechnique, ni Saint-Cyr.
Tous les Polytechniciens et tous les Saint-Cyriens, passés ou actuels ont certainement dû apprécier le symbole.
Pour l’égalité des chances, Saint-Cyr a deux siècles d’avance sur les mousses puisque qu’un des majors de Saint-Cyr aurait été noir, ce qui expliquerait une fameuse phrase attribuée à Mac Mahon:
Alors qu’il allait passer en revue les élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, Mac-Mahon fut informé que le soldat le plus brillant de la promotion était noir de peau. A l’école militaire de Saint-Cyr le mot nègre est du reste utilisé depuis le XIXe siècle pour désigner le major, c’est-à-dire l’élève le plus brillant de la promotion. Arrivé devant lui, et alors qu’il était évidemment difficile de ne pas reconnaître le soldat, Mac-Mahon lui demanda : « Ah c’est vous le nègre ? ». Et à court de mots, il ajouta : « Très bien, continuez ! ». (Source)
(je suis incapable de savoir si cette anecdote est vraie ou non, pour cette note, on dira qu’elle l’est)
L’égalité des chances, ce n’est pas rabaisser les meilleurs, mais permettre à tous, sans aucune distinction, d’avoir l’opportunité d’y accéder.
Ou quand la droite rend ridicule et absurde un symbole républicain en voulant faire populiste et singer la gauche.
Comme disait Napoléon, du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas.
Aucun rapport, mais je suis tombé sur cette article du NYT sur les séquelles post traumatiques qui font des ravages dans les rangs de l’armée américaine.
Le débat est technique, mais je le trouve très impressionnant sous bien des angles.
Tout d’abord, ce sont les meilleurs experts du monde qui s’écharpent en direct. On peut bien penser ce que l’on veut des experts, mais quand Steve Nissen est dans la salle et alimente le débat sur la rosiglitazone, celui-ci ne peut pas être médiocre. Le niveau est énorme et il n’y a pas de langue de bois. L’intelligence nait de ce genre de confrontations, malheureusement soit trop rares, soit à la diffusion trop restreinte.
Les enjeux financiers et sanitaires sont gigantesques, ce qui explique probablement pourquoi CNN le retransmet en direct.
Je trouve cette idée merveilleuse.
Primo car un tel débat ne peut que rendre meilleur l’auditeur et notamment aiguiser son sens critique. Secundo, la diffusion de ces réunions qui se font le plus souvent à huis-clos affute les participants qui n’ont pas d’autre option que d’être brillants, sans fard ni artifice.
On monte sur le ring et on donne tout en laissant titres et oripeaux au vestiaire. On donne des coups et on en prend, mais dans les deux cas on devient meilleur et on apprend à l’auditeur mieux que n’importe quel TP/TD/cours magistral /EPU ne pourrait le faire.
On lui apprend l’intelligence.
Je rêve que de telles auditions qui se tiennent à l’Afssaps/HAS/EMA soient retransmises.
Mais le fossé culturel me semble tellement immense.
Ici, envisager de se remettre en question publiquement n’est même pas imaginable.
Pourtant, les conséquences d’un tel système de pensée indolent sont visibles tous les jours.
J’écoute Steve (Nissen), puis je lis ça, et je pleure de rire ou d’apitoiement, selon l’humeur du jour.
Par ailleurs, dans ce cas particulier, la transparence permise par la retransmission de cette audition me paraît avoir un rôle réellement positif, notamment sur la compréhension de phénomènes complexes qui découle de l’analyse d’un tel débat. J’oppose cette « transparence intelligente » au rôle habituel de flicage à laquelle ceux qui lavent plus blanc que blanc la cantonnent habituellement.
Enfin, mais c’est presque secondaire, et je ne suis pas objectif (je n’ai jamais aimé cette molécule), mais la rosiglitazone me semble bien proche du KO.
D’un autre côté, cela fait des années qu’elle flirte avec la ligne rouge…
Il y a des alternatives bien plus sûres, voire bénéfiques. Je ne regretterais donc pas sa disparition.