Logique

Le numéro de Prescrire du mois de juillet s’intéresse à l’ivabradine (Procoralan®) et propose une synthèse parfaitement logique:

Rev Prescrire 2010;30(321):488

 

Cela rejoint tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.

J’en profite aussi pour vous annoncer que le site web de la revue Prescrire (www.prescrire.org) a fait peau neuve. Cela me semblait nécessaire, car l’ancien site était à peu près aussi ergonomique qu’une machine agricole de l’époque soviétique.

Bon, il ne faut pas se voiler la face, il leur reste une énorme marge d’amélioration:

  • Pas de possibilité d’accéder à un article en partant du sommaire d’un numéro, même en étant identifié comme un abonné (ça, c’est énorme).
  • Si par malheur vous fermez l’onglet où vous vous êtes identifiés, et si vous voulez vous ré-identifier, ce n’est pas possible, il faut attendre 20 minutes avant de pouvoir le faire!

Mais que voulez-vous, Prescrire, ça se mérite…

(Lire un numéro entier de Prescrire demande déjà un gros effort d’abstraction par rapport aux illustrations à la Folon  sous Métamphétamines).

Le paradoxe de l’embolie paradoxale

Les neurologues fous sont de retour avec leurs demandes de doppler veineux pour dépister une thrombose veineuse profonde qui pourrait hypothétiquement être à l’origine d’une embolie paradoxale responsable d’une ischémie cérébrale chez tout patient porteur d’un FOP.

Ces demandes sont assez banales (ici et ici), mais assez récemment, j’ai eu droit à quelque chose de Tennessee en plus.

Le patient avait la soixantaine, et il est arrivé sur ses pieds, en spartiates et en bermuda dans le service d’explorations vasculaires.

Bien entendu, il n’avait aucune thrombose veineuse profonde.

L’interne l’a bien vu partir de son service sur ses jambes.

Quand je lui ai demandé comment expliquer une telle contradiction médicale, demander un examen « pour éliminer une phlébite », et en même temps permettre à un patient ayant une suspicion de thrombose veineuse profonde de déambuler librement, elle n’a été capable de dire qu’un lamentable:

« Je n’y croyais pas et si on avait attendu les brancardiers, ça aurait pris deux heures ».

Tout le drame de la formation médicale et de la déshérence des hôpitaux tient en cette simple phrase.

Je suis persuadé qu’elle n’a même pas pris la peine de lui palper les mollets.

Quand la protocolisation/la volonté de « se couvrir » et l’absence totale d’intelligence clinique (qui ne semble plus du tout être enseignée, déjà qu’à mon époque…) se rencontrent, on obtient ce genre de situations parfaitement ubuesques.

Vacances

Bon, les observateurs avertis ont pu constater la vacuité de ce blog depuis quelques temps.

A part prendre des photos de poulets, je ne suis pas capable d’aligner 2 phrases pour faire une note.

Vous avez donc échappé à:

  • un compte-rendu de ma visite à l’expo Lucian Freud
  • l’histoire triste d’un patient qui ne portait pas le bon nom
  • le récit épique sur 48 heures de ma recherche d’une microSIM
  • une élégie ironique sur la rosiglitazone

Ce blog est donc officieusement en vacances, sauf bien entendu actualité médicale très croustillante.

Il a bien de la chance, car les miennes commencent officiellement dans une semaine.

Comme toujours,  loi de Murphy oblige, cette dernière semaine que je vais attaquer en trainant une langue jusqu’à terre sera probablement aussi la plus chargée depuis des mois.

Quand même, le hasard est parfois très heureux. Vous souvenez-vous de ce fameux repas auquel je ne voulais pas assister? Et bien, il a été reporté à une date où je serai en congés…

(ne soyez pas verts de jalousie, je ne devrais pas quitter pas le pays cette année!)

Enfin, il me reste à vous trouver le feuilleton traditionnel de l’été pour ne pas que vous vous ennuyiez. J’y réfléchirai dans les prochains jours. De votre côté, si l’un de vous a une idée…. Il faut que le texte soit libre de droits, copier-collable et pas trop long.