Medec j-10

Voici, je le pense, la dernière version du diaporama pour ma petite présentation du MEDEC.

J’ai donc opté définitivement pour l’option « sans filet », c’est à dire avec des diapos quasi mutiques et rares (10 diapos pour 15 minutes).

Cela n’a pas été très simple, car j’ai toujours fait comme tout le monde, c’est à dire se rassurer en lisant des diapos bavardes.

Je me suis donc impregné des conseils de Garr Reynolds (qui en a d’ailleurs fait un métier) sur la suggestion de OnTheOtherSide.

L’autre intérêt, hormis, j’en suis certain (j’en suis certain, j’en suis certain…), d’optimiser ma présentation est que je peux modifier à loisir mon discours en fonction de ce qui se sera dit, et en fonction de l’ambiance (Be aware…).

Le pire est que malgré l’absence total d’enjeu objectif, je commence à avoir les mains moites.

(mais en fait, si j’ai bien appris une chose en 36 ans, c’est que toute représentation est un enjeu)

Je me tâte (le pouls) pour me betabloquer.

C’est curieux car ce serait d’une facilité déconcertante. J’ai amplement les connaissances pour le faire (je ne vous l’ai jamais dit, mais j’ai un DPRBM de « pharmacologie générale et approfondie »), l’accès illimité à la pharmacie de la clinique, (sans même parler de me faire une ordonnance et d’aller à la pharmacie du coin) et j’aime beaucoup cette classe thérapeutique. Mais l’expérience de ma thèse m’a un peu refroidi. Sous Avlocardyl, j’avais soutenu ma thèse sans une goutte de transpiration ni une once d’inquiétude. C’était même « trop », car je l’ai passée dans une indifférence affective totale. Je n’étais pas anxieux, mais pas heureux non plus. Je n’ai aucun souvenir affectif de ce moment, et je le regrette encore, presque 7 ans après.

C’est stupide, mais j’ai (eu) une grosse suée en regardant cette vidéo d’une session de l’an dernier. La journaliste qui modère sera la même, de même que le thème général, à un iota près. Je crois que ce sont les costumes-cravates et surtout l’absence totale d’humour et de sourires qui m’inquiètent. Le sérieux avec lequel ils font tous « cela » m’impressionne. Ce serait une conférence sur la faim dans le monde, la crise économique actuelle, ou l’abime vers lequel roule de plus en plus vite notre planète, je ne dis pas. Mais là, je suis étonné et inquiet. Inquiet car je suis totalement incapable de faire quoi que ce soit avec un tel sérieux (même l’amour à mon épouse). Et étonné car on dirait vraiment qu’ils croient ce qu’ils disent et, qui plus est, que c’est important. Très impressionnant (« C’est magnifique, mais ce n’est pas la guerre« ).

Pas de costume-cravate pour moi, je vais opter pour des vêtements « à la Steve Jobs » (jean et pull uni fin).

Je vais faire « nature peinture », comme je suis d’habitude.

(pas certain que ce soit totalement une bonne idée)

Je vais faire abstraction des costumes-cravates.

Joue le à la Steve Jobs.

Sans le cancer.

Zen.



Je vous parle d’un temps…

…que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître!

(hors rediffusion, bien sûr)

Première diffusion en septembre 1986 sur FR3, précise un site qui semble bien au courant.

A l’époque j’avais 14 ans, et je me souviens encore particulièrement bien du générique…

(Pour les fans 😉 , les génériques originaux de la première saison et de la deuxième. Dommage qu’on n’ait pas eu cette dernière version à l’époque!)

Dr House

Je n’ai toujours pas regardé une image de cette série, mais j’ai encore fait « mon Dr House », comme disent les infirmières.

Je vois un patient accompagné de son épouse pour un « deuxième avis » sur une histoire d’anévrysme de l’aorte initiale associée à une valvulopathie aortique congénitale.

Ils m’emmènent les résultats d’un angio-scanner et d’une échographie cardiaque faits par des gens très compétents.

Ils me demandent de refaire l’échographie, car il y avait une discordance de quelques mm entre les deux examens et de dire ce que je pensais de l’indication opératoire. En effet, l’échographie donnait des chiffres plus proches du seuil à partir duquel il faut opérer.

Je leur ai expliqué l’inutilité de refaire l’échographie et surtout, que ces fameux quelques mm de différence ne pouvaient que différer l’intervention de quelques mois, mais que celle-ci était inéluctable, de toute façon. Je leur ai aussi expliqué que l’accroissement du risque de rupture (ou de dissection) avec le temps et la taille de l’anévrysme allait bientôt rendre ce risque lié à l’histoire naturelle de la maladie supérieur au risque opératoire. Je leur ai aussi expliqué que l’intervention était usuelle, et le chirurgien choisi par la consœur, très bien.

C’est difficile de faire comprendre cette notion de balance entre les risques encourus du fait de la maladie et ceux dus à la thérapeutique.

Parce que évidemment, le patient ne voit que ce dernier pourcentage. C’est humain, donc difficile de concevoir le problème « autrement ».

Finalement, ils me « tannent » tellement que j’accepte de faire cette échographie.

Première résurgence du Dr House: « D’accord, d’accord, je vais vous faire cet examen, je ne vais pas non plus cracher sur 95.16 €!« .

Pas la grande classe, mais « nature peinture »…

Je crois que j’en étais alors arrivé au stade où ces gens pourtant très gentils mais dont la conscience des données du problème est partiellement obscurcie par une formidable trouille de la chirurgie, m’ont littéralement usé. La science n’est finalement que de peu d’utilité devant la peur.

Ils continuaient à s’accrocher à leurs mm comme aux branchess d’un arbre (aortique): 46 mm, 49 mm, 46 mm, 49 mm.

Mais qu’importe!

Et ça repartait: chiffres, confiance, chiffres, confiance…

Finalement, on a un peu avançé, mais sans moi, car j’en avais un peu assez.

Le monsieur a posé alors la question qui tue: « Et ces valves [on en était arrivé là], ça tient bien le coup?« .

Le Dr House est alors sorti en trombe: « Non! Au bout de 1 jour elles pètent, et tous les gens meurrent, mais on continue quand même à en poser!« 

Petit silence, puis le monsieur a réalisé que sa question était peut-être un peu idiote, et il a rigolé.

Moi aussi, puis j’ai réalisé que ma réponse n’était peut-être pas beaucoup moins idiote que sa question…

Après, je me suis réinvesti dans la conversation et y ai mis toute l’empathie dont je suis capable en cette fin de journée.

Je crois qu’ils sont partis plutôt satisfaits de la consultation (je ne suis peut-être pas trop objectif, imbibé par la culpabilité), en tout cas, ils sont remontés à bloc pour aller voir le chirurgien. Et ça, ce n’était pas gagné au début…

Je vais quand même peut-être essayer de me faire désenvouter…

Street Anatomy

Street Anatomy est un superbe blog qui, comme son nom l’indique, s’intéresse à l’anatomie quand elle quitte nos livres médicaux, et qu’elle déferle dans les arts graphiques, l’Art, la publicité, en un mot la rue.

Les auteurs de ce blog collectent donc avec amour toutes les images anatomiques « hors contexte ».

J’en ai sélectionnées trois pour vous mettre l’eau à la bouche:


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