Nouveaux anticoagulants et interactions médicamenteuses

Theheart.org m’a fait découvrir un article intéressant sur les interactions à surveiller lorsque nous prescrirons/prescrivons les nouveaux anticoagulants tels que le rivaroxaban, l’apixaban et le dabigatran.

Profitez-en, l’article cité est actuellement en accès libre.

Comme toujours, mieux vaut prévenir que guérir.

Prenons le cas du dabigatran (Pradaxa®).

Le dabigatran n’influence pas in vitro l’activité du cytochrome P450 (CYP450), c’est très bien.

Le métabolisme du dabigatran ne passe pas par le CYP450, c’est encore mieux.

Donc on élimine pas mal d’interactions potentielles.

Par contre, le dabigatran est un substrat de la P-glycoprotéine, (P-gp) et il existe quelques molécules qui agissent sur cette protéine de transport.

Donc méfiance avec l’amiodarone, le vérapamil et la clarithromycine qui inhibent la P-gp, et qui risquent donc d’augmenter l’effet du dabigatran, c’est à dire le risque hémorragique. La quinidine qui est un inhibiteur puissant de la P-gp  est même contre-indiquée.

Or, on a souvent tendance à retrouver sur une même ordonnance un anticoagulant et des antiarythmiques tels que l’amiodarone, le vérapamil ou la quinidine…

L’EMA précise même:

La posologie de Pradaxa doit être réduite à 150 mg/jour chez les patients traités à la fois par dabigatran etexilate et amiodarone ou vérapamil (voir rubriques 4.4 et 4.5).
Chez les patients présentant une insuffisance rénale modérée et traités de façon concomitante par
dabigatran etexilate et vérapamil, une diminution de la posologie de Pradaxa à 75 mg par jour doit être envisagée (voir rubriques 4.4 et 4.5).

Uhmmm, en pratique, j’espère que les services commerciaux du laboratoire vont lourdement insister sur ce point car je subodore des situations scabreuses, du genre un patient depuis longtemps sous dabigatran,  chez qui on décide de débuter un traitement par amiodarone ou vérapamil, pire si il est devenu insuffisant rénal dans l’intervalle etc.

Du côté des inducteurs de la P-gp, qui risquent donc de diminuer l’activité du dabigatran, on trouve par exemple la rifampicine et le Millepertuis.

Donc attention à l’anticoagulation chez les dépressives légères adeptes de l’automédication et de la médecine douce!

Enfin, pas vraiment de rapport, mais je crois que ce point va être crucial, le dabigatran a une élimination rénale prédominante, donc attention à la fonction rénale des patients, notamment les sujets âgés!

On risque de se retrouver dans une situation proche de celle des HBPM qui ont provoqué pas mal d’hémorragies chez des patients à fonction rénale altérée.



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Michael O’Riordan. Be wary of food and drug interactions with emerging oral anticoagulants: Review. theheart.org. [Clinical Conditions > Clinical cardiology > Clinical cardiology]; Jun 7, 2010. Accessed at http://www.theheart.org/article/1086067.do on Jun 8, 2010.

Walenga JM, Adiguzel C. Drug and dietary interactions of the new and emerging oral anticoagulants. Int J Clin Pract 2010; 64:956-967.

EMA. RCP du Pradaxa 75 mg.

iPhone 4

Mouaahhhhhh, vivement sa sortie!

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Tous les détails sur le site d’Apple et sur Engadget.


Beati Pauperes Spiritu

Un Monsieur d’une quarantaine d’années vient à la consultation hospitalière et demande une échographie cardiaque.

– Vous avez une ordonnance ou un courrier?

– Mon généraliste m’a fait une ordonnance, mais je l’ai oubliée à la maison, alors l’hôpital m’en a refait une.

– Donnez-la moi.

– Ben, je l’ai oubliée aussi, mais ils ont dit qu’ils vont vous la faxer.

– On va les appeler,vous êtes hospitalisé où?

– Nulle part.

– Ah!?

– C’est quel service?

– Ben, j’sais pas


Finalement, le courrier, très bref, arrive par fax:

Merci de pratiquer une échographie cardiaque pour un bilan annuel de souffle.

L’entête m’intrigue énormément, il s’agit d’un service très pointu de génétique. Serait-ce une échographie pour une cardiopathie congénitale s’inscrivant dans une maladie génétique complexe?

J’en bave par avance.


– Vous avez une maladie génétique?

– Euh non, j’crois pas.

– Pourquoi ils vous suivent, alors?

– Ah, bah, en fait, ils ne me suivent pas mais ma femme y travaille.

– Ah!! Pourquoi alors vous faites des échographies chaque année?

– Ben, euh, on m’a dit que j’avais un souffle depuis l’enfance, on m’a dit de le faire suivre, mais je n’ai pas fait de contrôle depuis 15 ans.


Bon, ben, l’échographie cardiaque est quasi normale (à part une IM minime bien banale)

@#§♦¢†?!!∞…

Je me demande comment ce type arrive à mettre un pied devant l’autre tout en oubliant pas de respirer. Ça, c’est une vraie question que j’ai eu envie de faire explorer en neurologie.

J’aurais pu aussi  faire moi-même ce test psychomoteur simple:

om?

QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS MARSEILLAIS! -ILLAIS! (il arrive que certains sautent en même temps)

QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS MARSEILLAIS! -ILLAIS!

C’est bien ça, marseillais de base.

(Il y en a partout des comme ça, mais l’histoire se passe à Marseille, et il faut bien faire un peu couleur locale)

Exercice de style

Un nouveau traitement révolutionnaire traitement novateur dans l’insuffisance cardiaque aiguë!

Le levosimendan (SIMDAX®), fruit de la recherche des laboratoires Orion et développé en collaboration avec les laboratoires Abbott continue d’engranger des résultats cliniques satisfaisants dans le traitement de l’insuffisance cardiaque aiguë associée à un bas débit cardiaque.

Publiée dans le Lancet, l’étude LIDO avait déjà démontré la supériorité du SIMDAX® sur la dobutamine en terme de morbimortalité. Ces résultats ont été confirmés par l’étude SURVIVE publiée dans le JAMA.

Un mode d’action novateur original pour un traitement prometteur.

Le levosimendan agit en optimisant la contraction systolique de la myofibrille ventriculaire en sensibilisant la fixation du calcium sur la troponine C. Ce mode d’action unique n’entraîne pas de dépense énergétique supplémentaire, et ne provoque pas d’augmentation des concentrations en calcium intracellulaire. Cette augmentation a en effet un effet délétère en provoquant des anomalies de la relaxation, et est probablement responsable des effets secondaires rythmiques observés chez les autres inotropes positifs tels que la dobutamine. Enfin, le SIMDAX® provoque une vasodilatation périphérique qui permet d’augmenter le débit cardiaque sans augmenter la consommation en oxygène du myocarde. Par ailleurs, contrairement à la dobutamine, cet effet n’est pas diminué par la prise de béta-bloquants qui font pourtant partie du traitement de fond recommandé dans l’insuffisance cardiaque chronique.

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SURVIVE, une étude décisive dans le traitement de l’insuffisance cardiaque aiguë.

L’insuffisance cardiaque aiguë avec bas débit cardiaque est une cause fréquente de mortalité chez les 15 millions de patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique à travers le Monde. Près de 40% d’entre eux qui présentent un épisode de décompensation cardiaque aiguë décèderont dans l’année qui suit leur hospitalisation initiale.

l’étude SURVIVE, étude multicentrique rassemblant près de 1327 patients hospitalisés pour un épisode d’insuffisance cardiaque aiguë sévère avec altération de la fonction ventriculaire gauche a rassemblé 75 centres de part le Monde.

SURVIVE a démontré une diminution hautement significative des taux plasmatiques de BNP durant les cinq premiers jours de traitement.

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Une analyse plus approfondie de SURVIVE, publiée dans le JACC a permis par ailleurs de démontrer que la variation des taux plasmatiques de BNP au cours des premiers jours d’une hospitalisation pour insuffisance cardiaque aiguë était un facteur pronostic hautement significatif (p≤0.001) pour la mortalité toutes causes à 31 jours (réduction de risque de 67%) et à 180 jours (réduction de risque de 47%).

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Un traitement prometteur simple et bien toléré.

La demi-vie longue du SIMDAX® permet par ailleurs une manipulation aisée en service de réanimation et de soins intensifs cardiologiques. En effet, une dose de charge de 12 µg/kg sur une durée de 10 minutes, suivie par une perfusion de 0.1 µg/kg/minute sur une durée de 50 minutes suffit à atteindre les objectifs cliniques et biologiques étudiés dans SURVIVE et LIDO.

La tolérance du SIMDAX a été excellente, puisqu’il n’y a eu pas plus d’effets secondaires graves que dans le groupe dobutamine.

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Cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant, ce texte promotionnel est un faux que j’ai écrit pour illustrer cette note.