Fais pas tomber l’ampoule!

Il y a peu, j’ai dû gérer une prescription d’Enbrel® dont la prescription est restreinte et dont le coût m’a impressionné: 1117.30€ pour 4 semaines de traitement pour la posologie à 50 mg.

Mais ce n’est rien par rapport aux traitements cités par le magazine Forbes, dont cet article fait le tour de Twitter en ce moment.

Ce ne sont pas des anti-cancéreux, mais des produits issus de petits laboratoires de biotechnologies, et destinées à des maladies orphelines (souvent des déficits métaboliques congénitaux).

J’ai fait cette petite infographie pour illustrer le propos de l’article (axe des abscisses en haut: nombre de patients, en bas, coût annuel en $, axe des ordonnées, les différentes molécules et leurs indications).

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J’ai eu la flemme de rechercher le coût unitaire chez nous pour tous ces produits.

Mais par exemple pour le Soliris® (eculizumab), la BCB indique: »Tarif de responsabilité à l’UCD : 4 450,00 € HT / 4 543,45 € TTC au 19/12/2008« .

Gloupsss, le pharmacien qui dispense le produit n’a pas intérêt à trembler…

Il y a une application pour tout!

7h00 départ de la maison pour un TGV à 8h28.

Pas de montre, l’horloge du téléphone est largement suffisante.

Comment m’habiller? Météo sur Paris: grisâtre et pluvieux (pas inattendu, me direz-vous)

Musique pendant les 3 heures de trajet, avec les écouteurs (au retour, je raconterai une petite histoire là -dessus).

J’ai quelques papiers à lire, et j’ai recherché des infos supplémentaires sur la toile via Safari. Le Edge dans le TGV, c’est quand même pas fabuleux, heureusement que les sites des journaux médicaux sont peu gourmands en bande passante.

Arrivée sans encombre à 11h31.

J’ai du temps pour déjeuner et flâner un peu.

Très sympathique l’orme de la place Saint-Gervais. Ses branches dénudées découpées sur le ciel gris clair font très « Sleepy Hollow ». J’ai envisagé une photo pour la tweeter via TweetDeck ou sur ce blog via WordPress. La qualité de l’appareil étant ce qu’elle est, et ne trouvant pas d’intérêt majeur à la chose, je ne suis pas allé plus loin.

Plus tard, je me retrouve rue Mogador et ne sais plus où aller. Google plan m’indique la première à gauche pour rejoindre Saint Lazare.

En passant, je vérifie mes messages électroniques et valide un commentaire pour Grange Blanche.

Réunion, recherches d’infos sur la BCB et la toile.

Retour tardif, très limite pour mon train.

SNCF direct m’indique que non seulement le quai n’a pas été encore déterminé, mais que mon train a 15 minutes de retard. Je trouve la distance entre deux stations de la ligne 14 bien moins longue.

Arrivée à la gare. Coup de téléphone (et vi, il fait aussi ça) d’un ami qui m’annonce qu’un de mes patients a fait un infarctus. Après le coup de fil, je me remémore le monsieur en consultant son courrier de consultation enregistré dans ReaddleDocs.

Arrivé dans le compartiment, petit SMS à ma tendre et chère « TGV 15 minutes de retard. Je t’aime« . Réponse dans les 30 secondes: « Je t’aime beaucoup« .

Serein, je mets la musique, mais j’entends mal via les écouteurs. Je monte le son. Une dame vient me tapoter le genou, je n’avais pas enfoncé la prise jack à fond, et j’avais transformé le compartiment en concert de Phoénix. Gloups, grosse honte.

Retour à la maison, enfin.

Un long lundi à Paris…

Aujourd’hui, journée à Paris.

Pour m’accompagner dans le TGV: Yann Tiersen, Rudyard Kipling, des tas d’articles de pharmaco, et des sablés de chez Dromel.

Difficile d’espérer mieux comme compagnons de voyage, non?



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La chanson de Chil

Ceci est la chanson que Chil chanta comme les vautours se laissaient tomber l’un après l’autre au bord de la rivière, quand eut pris fin le grand combat. Chil est l’ami de tout le monde mais, au fond du cœur, son sang est de glace, parce qu’il sait que presque tous les hôtes de la Jungle viennent à lui en fin de compte.

Ceux-là furent mes amis dans les nuits de leur jeunesse

(Chil ! Garde à vous ! Chil !)

Lors mon sifflet vient sonner le terme de leur promesse.

(Chil ! Hérauts de Chil !)

D’en bas ils me signalaient les gibiers frais abattus,

Je guettais pour eux d’en haut daims en plaine — sûrs affûts,

C’est la fin de toute piste, ils ne m’appelleront plus.

Ceux qui menaient le pied chaud — ceux qui hurlaient à l’ouvrage —

(Chil ! Garde à vous ! Chil !)

Ceux qui, virant aux abois, clouaient la bête au passage

(Chil ! Hérauts de Chil !)

Ceux qui précédaient le vent ou suivaient, lestes, recrus…

Ceux qui forçaient l’Andouiller — ceux qui sautaient par-dessus,

C’est la fin de toute piste, ils n’en éventeront plus.

Ceux-là furent mes amis. Ils sont morts, c’est grand dommage.

(Chil ! Garde à vous ! Chil !)

Je viens les consoler qui les connus dans leur courage.

(Chil ! Hérauts de Chil !)

Gueule béante qui saigne, œil sombré, flancs décousus,

Délaissés, mêlés et las, les vainqueurs sur les vaincus.

C’est la fin de toute piste — et les miens seront repus !


(Chien Rouge– Le second Livre de la Jungle)