Grille de lecture critique.

Grâce au blog de David Rothman, j’ai découvert un site américain (Health News Review)  qui propose une grille de lecture afin d’estimer la qualité d’un article de la presse généraliste traitant d’un traitement médical, médicament ou procédure.

La grille est très intéressante, mais peut-être moins que la démarche en elle-même.

Cette dernière fait écho avec une discussion que nous avions eue avec le Dr JD Flaysakier sur le traitement journalistique des nouvelles médicales, et plus particulièrement sur l’indépendance des journalistes.

Les critères de Health News Review me semblent être simples et pertinents. Cela mériterait qu’on les adapte chez nous. En tout cas, je vais peut-être les tester sur le prochain article santé sur lequel je vais tomber, disons, dans Le Monde, par exemple.

Il manque peut-être une chose, mais qui n’apparait jamais dans ce type d’articles, que ce soit chez nous ou aux Etats-Unis; la déclaration d’éventuels conflits d’intérêts du journaliste….

9 Replies to “Grille de lecture critique.”

  1. Cher Lawrence,
    Juste pour te signaler que j’avais consacré un article le 28/05/08 à ce site à la suite de la parution dans PLoS One d’une étude qu’ils avaient menée sur les médias américains.
    http://blog.france2.fr/mon-blog-medical/index.php/2008/05/28/73184-sante-et-medias-une-mauvaise-note-pour-les-medias-americains

    Je regrette que cela n’existe pas ici car nous avons besoin de coups de pied au cul de temps en temps. Nous en prenons, parfois justifiés, sur certains forums patients.Quant aux conflits d’intérêt, je crois que c’est surtout l’absence totale de distance vis à vis des puissances invitantes dont il s’agit.

    Plutôt pas très malins plutôt que malhonnêtes !

  2. Je suis très effrayée et songeuse par tout ce que j’entends à la télé et lis dans les journaux.

    Nos médecins recevraient de l’argent des Caisses d’Assurance Maladie pour rendre les gens malades. J’ai vu une émission qui m’a effarée. Un patient « un peu malade  » devient subitement un malade chronique. Je ne sais vraiment plus où me situer dans cette jungle d’informations qui défile quasiment chaque jour sur nous sans que l’on puisse distinguer le vrai du faux.

    Et pire, un jeune médecin (neurologue et spécialiste en maladies psychaitriques) que je connais puisqu’il m’a soignée il y a 9 ans pour la migraine ne peut plus exercer correctement son métier. Il n’a plus de fonds pour soigner les malades qui ont besoin de soins intensifs. Il faut qu’il les envoie à la fac de neurologie. Et soit disant qu’ils n’arrivent pas à faire face aux événements, ils sont débordés je ne sais de qoui. C’est le monde à l’envers.

    Je pense que je vais aller le voir et je vais lui demander où écrire en haut pour que la situation évolue. Cela ne peut pas continuer comme ça.

  3. Pour ce qui concerne l’histoire du programme américain, je voudrais juste signaler que le fait de passer à la radio ou à la télé et même de présenter un programme ne signifie pas pour autant qu’on soit « journaliste » au sens officiel.

    En France, du moins, le journaliste est titulaire d’une carte professionnelle délivrée par une Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels.

    Cette carte est attribuée selon certains critères, principalement le fait d’avoir plus de 50 % de ses revenus provenant d’activités de presse et donc émanant d’entreprises reconnues comme entreprises de presse.

    Il y a aussi un certain nombre de critères à rspecter sous peine de radiation, mais comme il n’existe aucune déontologie écrite, je vous laisse imaginer la rigueur de la structure !

    Le problème du mélange des genres c’est quand l’intervenant médecin et « journaliste » a des activités de type « prestations de service » avec l’industrie ou des sociétés reliées à cette dernière et que se pose le risque de mélange des genres avec renvoi d’ascenceur « j’anime ton sympo, tu me paies bien et je vais te faire une fleur dans mon programme ».

    Le problème plus délicat est celui des voyages. Ainsi, assister à un congrès est souvent impossible sans participer à un voyage de presse car nos employeurs ne sont pas enclins à payer.
    Mais si les choses sont claires dès le départ avec l’invitant, tout se passe bien.

    Si on y va pour se faire payer la bouffe, les diners et ne prendre l’info que de la bouche des « leaders » amis du labo sans mettre les pieds au congrès, bien sûr cela pose problème.

  4. Ce constat de médiocrité n’est, hélas, pas restreint aux articles médicaux.

    Un des traits relevés me semble assez général : on décide d’avance de ce que l’on va dire, avant d’avoir étudié les faits (parce que le rédacteur en chef a commandé un article sur ce sujet, parce que d’autres journaux l’ont traité et qu’il faut faire comme tout le monde). Avec la solution de facilité consistant à repomper les informations sur les autres, on imagine la chambre d’écho pour les erreurs…

    Un problème qui me semble également très important est le manque de formation et de connaissances scientifiques des journalistes, même ceux réputés « scientifiques ». Il ne s’agit bien entendu pas d’exiger d’eux d’avoir un doctorat (qui d’ailleurs ne les qualifierait que pour un domaine précis), mais on pourrait attendre au moins un niveau terminale scientifique. Or, au vu de certaines erreurs, ce n’est pas le cas.

    M. Flaysakier est médecin de formation et intervient sur son domaine de compétence, mais il semble être une exception. J’ai eu droit à des « experts en nouvelles technologies » aux CV assez croquignolesques (exemple: formation: néant, puis a été critique de jeux vidéos; formation: école de commerce; etc.).

    @JD Flaysakier: Une amie journaliste ne va en voyages professionnels que si elle est invitée par les fabricants des produits sur lesquels elle doit écrire une critique. Elle m’a dit ne pas voir de problème déontologique, ce n’est après tout que de la presse de loisir!

  5. Le problème c’est que nombre de médecins et ,plus rarement, quelques scientifiques, préfèrent avoir affaire à des journalistes « niais » car ils poseront moins de questions et seront plus enclins à transmettre le message désiré.

    Je suis assez étonné de voir comment je suis « court-circuité » par des gens qui vont aller chercher des interlocuteurs plus « jeunes » dans le domaine.

    Je ne pense pas qu’il faille avoir un doctorat pour traiter des questions médicales. mais il faut avoir la décence de se former un tant soit peu en même temps qu’on augmente son compte de miles sur Flying Blue ou autre programme !

    Je pense, par exemple, que s’intituler « chroniqueuse médicale » quand on n’a aucune formation dans le domaine est un abus de titre. On peut etre chroniqueur santé, mais pas médical, sauf à être médecin.

    Il y a d’excellentset d’excellentes journalistes non médecins qui traitent des questions de santé, mais qui font l’effort de bosser et qui n’ont pas honte de dire qu’elles ne savent pas face à certains sujets. Même les médecins de formation sont aujourd’hui dépassés par certaines avancées dans des domaines biologiques.

    Mais certains spécialistes autoproclamés n’ont aucun état d’ame et même sans savoir « pissent de la copie ».

    Comme on le dit dans « Les Tontons flingueurs » : « les cons ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaité.

    Je vais mettre sur mon blog l’autopsie d’un sujet que nous n’avons pas diffusé. un autre exemple de la façon dont on essaie de nous utiliser.

  6. @JD Flaysakier:

    Je lis avec intérêt les articles de la rubrique « médias » de votre blog.

    Vous savez, quand je lis les annonces tonitruantes de certains collègues de biomédecine (ou, plutôt, du service de presse de leur institution), qui donnent l’impression que chaque découverte pourrait aider à soigner le SIDA / le cancer / l’Alzheimer / je ne sais quelle nouvelle priorité du jour, j’éprouve toujours un certain scepticisme.

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