HTA, douleur et alcool.

Un couple d’une cinquantaine d’années se présente à la consultation. Le monsieur est trachétomisé depuis plusieurs années, et là il revient en bilan pré-opératoire d’une tumeur de langue (qui de l’aveu de l’interne est déjà probablement dépassée et inopérable).

Problème: il a 170 mm Hg de systolique en plateau depuis son admission, alors qu’il est normotendu à la maison.

Solution?

J’ai proposé à l’interne deux hypothèses.

La première, il est sevré en alcool depuis son admission, et tremble comme une feuille.

La seconde, il prend huit Efferalgan codéinés par jour. Or, dans chaque comprimé effervescent, il y a 380 mg de sodium sous diverses formes, soit 965.20 mg de sel par comprimé. Il se prend donc environ 7.7 g de sel par jour.

J’ai proposé de reprendre l’alcool qui sera un excellent anti-hypertenseur d’action rapide dans son cas, et d’essayer de trouver un autre antalgique (ce ne sera pas simple). Comme je suis un peu obsessionnel, j’ai rajouté un esidrex 25 mg pour faire bonne mesure.


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Vous trouverez dans ce poster très utile un tableau qui indique la quantité de sel par unité de prise pour 87 médicaments particulièrement riches en sel.

La fosfomycine est la reine incontestée de la catégorie avec 3378.2 mg de sel par unité thérapeutique, et une posologie de 2 à 4 unités thérapeutiques par jour!



Achat de clientèle.

L’achat de clientèle, ou pour être politiquement correct, de patientèle, m’a toujours semblé une aberration. Par définition, les patients sont libres de consulter qui ils veulent. Acheter des patients, revient donc à acheter potentiellement du vent. De plus, en cette période de pénurie médicale, à moins de vouloir visser sa plaque dans certains point surmédicalisés, il ne sert strictement à rien d’acheter une clientèle de patients souvent désespérément à la recherche de médecins. Quand on pense que certaines municipalités offrent des primes d’installation…

Par ailleurs, il faut se méfier des pièges cachés.

Notamment des frais parfois élevés du cabinet, des associés quelque fois pénibles à l’usage, et aussi cerise sur le gâteau, la poursuite de l’activité du confrère vendeur, parti visser sa plaque à quelques centaines de mètres de là.

Aujourd’hui j’ai entendu parler d’une bonne affaire de cet acabit à 100000€!

Le confrère vendeur ne trouve personne, pourvu que ça dure…

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