Goliath.

Ce début d’année est particulièrement calme et je n’ai donc pas grand-chose à vous raconter.

Comme à chaque période de fêtes, ou plus ponctuellement au cours d’un match important de l’équipe de France de foot (évènement dont la dernière occurrence remonte à la nuit des temps), je m’étonne toujours que les gens s’arrêtent subitement d’être malades. Tant mieux, cela permet aux médecins de souffler un peu. Comme quoi, la maladie est souvent très subjective.

Cela fait d’autant plus ressortir la gravité des rares patients dont nous avons à nous occuper en ce moment. L’un d’eux a fait un arrêt circulatoire sur un syndrome coronarien aigu. Il s’en est tiré sans séquelles, sauf une douleur costale dans les suites d’un vigoureux massage cardiaque. C’est que ce patient, environ 70 ans est plutôt chétif: un mètre soixante et cinquante cinq-soixante kilos tout mouillé. bien plus que son histoire qui s’est fort heureusement bien terminée, c’est son prénom qui m’a marqué: Goliath! Il est né au Moyen-Orient au milieu de la seconde guerre mondiale, et son père ayant suivi « les armées de de Gaulle », il a passé toute sa vie en France.

Goliath, quel fabuleux prénom! Il m’a dit que c’était typique dans son pays d’origine.

Je m’interroge sur la motivation des parents. Parce que même si ce prénom évoque la puissance et le gigantisme, il finit terrassé par David, le petit berger:


« Les Philistins étaient vers la montagne d’un côté, et Israël était vers la montagne de l’autre côté: la vallée les séparait.

Un homme sortit alors du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il se nommait Goliath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan.

Sur sa tête était un casque d’airain, et il portait une cuirasse à écailles du poids de cinq mille sicles d’airain.

Il avait aux jambes une armure d’airain, et un javelot d’airain entre les épaules.

Le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand, et la lance pesait six cents sicles de fer. Celui qui portait son bouclier marchait devant lui. »

1 Samuel 17:3-7 (Louis Segond)

« Mon » Goliath à moi, a failli finir terrassé par un thrombus de quelques mm ajusté au beau milieu d’une artère coronaire après avoir défié la vie matin et soir durant 70 ans.

Finalement, nous sommes tous des Goliath.

Photobucket

Gustave Doré.

°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°


L’histoire de David et Goliath version Louis Segond et version traduction du Rabbinat.

Goliath sur Wikipedia.


%d blogueurs aiment cette page :