Anthrax

Vous rappelez-vous des attaques aux lettres contaminées par des spores de Bacillus anthracis qui ont terrifié les Etats-Unis en 2001, quelques jours après les attaques du 11/09 ?

Un peu plus de sept ans et plusieurs millions de US$ après, l’incertitude plane toujours sur l’identité exacte du coupable.

Une chose semble certaine, ces attaques provenaient d’une origine « domestique », c’est-à-dire des États-Unis mêmes.

Le FBI, après avoir suspecté et brisé la vie d’un premier suspect, pense avoir trouvé son coupable en la personne de Bruce Edwards Ivins.

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Malheureusement, celui-ci s’est suicidé en 2007, et aucune preuve certaine n’est apparue avec le temps.

L’argumentaire du FBI, repris par l’auteur de l’article, qui se garde bien toutefois de conclure en la culpabilité du Dr Ivins, repose en grande partie sur l’énumération des excentricités de ce biologiste.

Excentricité par rapport à quel centre ?

C’est indéniable que c’est curieux d’écrire « Happy Holidays » sur une carte de vœux électronique avec des spores de B. anthracis, mais est-ce que cela fait de lui un coupable désigné ?

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Il semble aussi avoir été obsédé par la fraternité ΚΚΓ à laquelle appartenait une ex petite amie de fac.

Le seul indice sérieux de cet histoire est un récipient ayant contenu des spores d’anthrax dont l’ADN est le même que celles utilisées dans les attaques par voie postale. Or, ce récipient était sous la garde du Dr Ivins, dans son laboratoire.

Je ne sais pas si le Dr Ivins est le coupable, et je crois que personne ne le saura.

Mais ce qui ressort de l’excellent article que le NYT consacre à cette histoire ne va pas diminuer la tendance très américaine à suspecter que son voisin, en apparence tout à fait respectable est un psychopathe en puissance. Le Dr Ivins, brillant et jovial chercheur au sein d’un laboratoire de l’armée américaine avait en effet une vie compartimentée et des petits secrets vis-à-vis de ses proches.

L’article est intéressant car il permet de se rendre compte à quel point on peut mettre à nu l’existence d’un homme, la disséquer et l’interpréter afin de percer ses pensées.

Ce procédé de démiurge est à la fois fascinant et terrifiant.

Menê, menê, tekêl, upharsin…

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Pour vous faire votre idée sur cette histoire:

Transcript of Amerithrax Investigation Press Conference (August 6, 2008).


Portrait Emerges of Anthrax Suspect’s Troubled Life

By Scott Shane

The New York Times

Published: January 4, 2009.

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