Mauvais goût

Sur la toile, c’est la grande mode des publicités qui sortent de leur cadre pour aller se « balader » sur la page que vous êtes en train de lire. Les publicitaires ont probablement jugé que les popups avaient atteint leur niveau de tolérance chez l’utilisateur de la toile, d’autant plus que de nombreux navigateurs sont équipés contre l’ouverture de ces fenêtres intempestives.

Le problème de ces publicités qui se baladent, c’est que parfois elles arrivent hors contexte comme un cheveu sur la soupe.

Voici la une du site du Monde aujourd’hui à 16h46:

Photobucket

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En une, une photo d’une femme et sa fille, se hâtant au milieu de décombres que l’on imagine se situer à Gaza. Et derrière eux, arrive à toute vitesse un avion à réaction sorti du côté droit de l’écran (sur une photo, ça ressort moins!). Heureusement, l’avion ne lâche pas de bombes lorsqu’il disparait à la lisière du cliché, mais fait apparaitre à la suite de son empennage le slogan actuel du livret de la banque CIC: « les limites du livret viennent juste d’être dépassées ».

Ben, c’est pas de chance pour cette pub, parceque l’association de la photo et de l’animation fait vraiment un drôle d’effet.

Mauvaise passe.

Coup de téléphone d’un généraliste hier.

Je l’avais appelé la semaine dernière pour lui dire que sa patiente avait une grosse phlébite ilio-fémorale gauche.

Mais son histoire est singulière.

Une dame de 68 ans, sans antécédent particulier présente peu avant les fêtes une grosse jambe gauche. Elle tarde un peu, mais ses enfants inquiets se faisant pressants,  elle finit par appeler son généraliste. Ce dernier suspecte une phlébite, et l’emmène illico aux urgences de l’hôpital avec sa voiture personnelle. Deux heures après, la patiente est dehors, après qu’on ne lui ait rien fait. Il semble que les urgentistes lui aient dit qu’elle avait déjà consulté pour cette jambe, et qu’ils ne pouvaient rien faire de plus.

Je récupère cette patiente à ma consultation hospitalière de doppler le lendemain.

Je retrouve la phlébite et appelle un copain assistant en cardio pour trouver une place à cette patiente. Ca tombe bien, son service est vide, il me la prend immédiatement.

Hier, avant d’avoir pu expliquer au généraliste que je n’étais que vacataire, il m’a dit de tout au téléphone sur l’état calamiteux de notre système hospitalier, en faisant bien sûr abondamment référence à l’actualité…

Que répondre ? Je trouve des tas d’explications et de circonstances atténuantes, mais les faits sont implacables. A cette heure, cette patiente, agent hospitalier à la retraite, compte porter plainte.


Lost in translation.

Consultation à l’hôpital.

Premier patient (une patiente)

Bonjour! Qu’est-ce qui vous amène?

?? Romanian, pas parler français

Ah, super!

Second patient.

Bonjour! Qu’est-ce qui vous amène?

?? Armenian, très peu français

Ah, super!

Troisième patient (une patiente)

Bonjour! Qu’est-ce qui vous amène?

?? (francophone mais complètement sourdingue)

Ah, super!

Pour le patient arménien, j’ai tenté un timide intchbess ess (comment ça va?) ? Mais comme toujours dans ces cas, il a pensé se trouver en face d’un locuteur arménien et a commencé un long monologue auquel je n’ai bien entendu rien compris. Après, j’ai eu toutes les peines du monde pour arrêter le flot et lui faire comprendre que je ne savais dire que intchbess ess ! En remerciement, il m’en a appris deux autres: Barev (bonjour) et ts’tesutyun (au revoir).

Il y a 2-3 semaines, j’ai aussi vu un patient pakistanais ne parlant qu’ourdou. Heureusement que son accompagnateur, un indien serveur dans un restaurant….indien, était parfaitement francophone. Et ce d’autant plus que je vais devoir adresser ce patient en chirurgie cardiaque pour un remplacement valvulaire aortique pour une insuffisance aortique massive…

La mondialisation en médecine n’a pas que du bon!

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