Je ne lui en veux pas…

Certains patients sont incroyables, et ce, sans aucun rapport avec leur état de santé.

Un sympathique patient d’une cinquantaine d’années, connu depuis environ 2 ans, me demande une consultation en urgence pour des douleurs thoraciques et une dyspnée d’effort. Il est coronarien et fume toujours deux paquets par jour. Je le vois donc le jour même.

Lorsque je le reçois, il me dit que son état a inquiété son ex-femme qui est infirmière.

En discutant, je lui demande si il est toujours avec la copine avec qui il était à la dernière consultation. Je le sais, ça n’a aucun rapport avec le coeur-organe, mais qui sait… Et puis j’aime bien parler de tout et de rien avec mes patients.

Oui il est toujours avec, je lui  demande alors malicieusement pourquoi il est allé chercher du soutien auprès de son ex (je sais déjà depuis la dernière consultation qu’il trompe son actuelle avec une autre, vous suivez?).

Parce que son actuelle « le fait chier », en fait surtout des enfants jeunes d’un premier lit, dont il ne veut pas s’occuper car « ils sont infernaux », et qu’il a déjà élevé les siens.

Il me parle alors avec nostalgie de son ex (qui a refait sa vie ailleurs) et avec qui il est resté très proche.

C’est là qu’il a sorti cette phrase mythique: « Elle m’a quitté parce que je ne faisais que la tromper, bah, je ne lui en veux pas…. ».

Encore heureux!

Bon, redevenons sérieux.

Je n’objective aucune étiologie cardiovasculaire évidente.

C’est peut-être tout dans la tête, en rapport avec sa vie affective complexe, mais étant donné son tabagisme massif, je l’adresse à un copain généraliste qui fera bien mieux que son actuel qui se contente de renouveler ses ordonnance sans l’examiner et sans l’écouter (une autre phrase qui tue, au sens propre comme au sens figuré). Dans ces cas (rares), je suis pour l’adultère médical.

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