Du grand n’importe quoi…

J’ai découvert grâce à @Echocardioblog et à @doudou13314682 une merveille de réseau social, MyCardiologue exclusivement réservé aux cardiologues et internes de cardiologie, la première du genre, vous pouvez bien l’imaginer, puisque par essence, tout réseau social est le premier quelque part.

Chose fabuleuse, le comité scientifique indépendant de ce machin ne comporte pas un seul cardiologue…

Experts Indépendants de quoi? De la cardiologie?

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En bas, le copié-collé a des ratés, la phrase devrait se terminer par « … a le soutien institutionnel d’AstraZeneca. ».

De toute évidence un gage fort d’indépendance.

Bon, les non-cardiologues, ne soyez pas jaloux, la société qui édite MyCardiologue enfile les spécialités comme des perles de culture chinoises: http://www.myspeciality.fr/

Alors, heureux?

La mort d’un blog, le moment de faire le point

J’ai découvert le décès du blog santé du WSJ grâce à l’ami Jean-Daniel.

J’aimais bien ce blog que je suivais avec d’autres, comme Pharmalot. Puis il m’a moins intéressé, et j’ai découvert d’autres plumes que j’ai trouvées plus pertinentes, comme Shots, l’excellent CardioBrief de Larry Husten, Pharma Marketing Blog de John Mack, et des tas d’autres… C’est d’ailleurs cela, selon l’auteur de la note, qui a tué le WSJ Health Blog: trop de concurrence… Je ne suis pas d’accord, chaque blog apporte au lecteur la touche personnelle de son auteur. Il n’y devrait pas y avoir de notion de part de marché dans les blogs.

Le coupable principal me paraît plutôt être le départ de ses créateurs au fil des années. L’impulsion initiale se brise souvent faute de celui qui l’a donnée , un peu plus rarement avec l’usure du temps si le créateur est resté aux commandes.

Je me suis alors demandé ce qui faisait la qualité d’un blog. Quelles sont les caractéristiques des blogs médicaux/paramédicaux que j’aime?

Leur diversité rend difficile un classement. Je crois que leur seul point commun est la passion qui anime leurs auteurs. Demandez-vous toujours ce qui fait avancer l’auteur d’un blog. Si c’est la passion, il y a des chances que le blog soit intéressant, que l’on soit d’accord ou pas avec lui, par ailleurs.

Ensuite, un blog devrait être pertinent. J’englobe deux concepts dans cet adjectif. Primo, si l’auteur délivre des informations médicales, que celles-ci soient équilibrées et au mieux justifiées en bas de note par une bibliographie.

Secundo que l’auteur soit impertinent.

Cela peut paraître paradoxal, une impertinence pertinente, mais l’information médicale est tellement un monde merveilleux où toute innovation est un progrès, où n’importe quelle initiative est révolutionnaire (et novatrice), et où quiconque est le Phénix des hôtes de ces bois, qu’un esprit critique dénote immédiatement en apportant une plus-value. Il ne faut pas critiquer pour critiquer, ni être méchant, mais savoir mettre en lumière les incohérences, approximations, compromissions et hypocrisies.

Cela implique une indépendance financière totale. La reconnaissance du ventre tue consciemment ou non toute velléité d’esprit critique. D’où probablement aussi les soucis du Health Blog du WSJ qui a par ailleurs des annonceurs à ne pas heurter…

Si le blog est essentiellement tourné vers l’expérience, le vécu, les sentiments de l’auteur, j’en reviens au premier point, la passion.

Je n’ai pas d’autre règle.

La mort d’un blog est toujours triste, contrairement à celle d’un média social. C’est une voix individuelle qui se tait et qui manque toujours à ceux qui restent.

Pour qui sonne le glas

No man is an Iland, intire of it selfe; every man is a peece of the Continent, a part of the maine; if a Clod bee washed away by the Sea, Europe is the lesse, as well as if a Promontorie were, as well as if a Mannor of thy friends or of thine owne were; any mans death diminishes me, because I am involved in Mankinde; And therefore never send to know for whom the bell tolls; It tolls for thee.

Nul homme n’est seul, isolé, coupé du continent humain. Qu’une simple motte de terre, tout une falaise, un terrain à toi ou à un ami soit emporté par la mer et c’est l’Europe entière qui en est amoindrie. La mort d’un seul homme nous diminue tous, nous, les composants du genre humain. Ne demande donc jamais pour qui sonne le glas : il sonne pour toi.

John Donne

Pour accompagner ce poème humaniste, deux morceaux d’un contemporain, Henry Purcell. Pas follement follement gai, même pour Klaus Nomi 😉 , mais de circonstance!


Heureux qui, comme Ulysse…

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son age !

Quand reverray-je, helas, de mon petit village

Fumer la cheminee, et en quelle saison

Reverray-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le sejour qu’ont basty mes ayeux,

Que des palais Romains le front audacieux ;

Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tibre Latin,

Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,

Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

Joachim du Bellay. Les Regrets (1558)

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Et sur l’insistance de mes enfants, la version studio:
http://www.youtube.com/watch?v=WefxVZLhm9U