Pimp my Clinic!

Non loin de la maison s’est construite une importante clinique vétérinaire avec de grandes baies vitrées, un mobilier design, un accueil des urgences 24/24…

Tout n’est pas terminé, mais depuis la semaine dernière, son enseigne, un gigantesque bouledogue français argenté trône sur son séant devant la devanture.

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Dommage que les médecins n’aient pas le droit de faire pareil. Devant un cabinet de gynécologues ou d’urologues, ça aurait du chien.
😉

Minerva

Il n’y a pas beaucoup de sources fiables d’information médicale, encore moins centrées sur l’Evidence Based Medicine (EBM), encore moins en français, et encore moins gratuites.

Minerva est donc une perle rare.

Les auteurs font des analyses statistiques d’articles scientifiques et rédigent des synthèses claires et ouvertes.

En fonction de « l’actualité », ils vont étoffer ou mettre à jour tel ou tel sujet.

Ainsi, le dossier thématique des NACs (Nouveaux AntiCoagulants) a été récemment mis à jour.

L’inscription à leur liste de diffusion se fait ici. Ils préviennent lorsqu’un nouveau numéro sort, ou si il se passe des choses intéressantes dans leur revue.

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Ce serait donc dommage de se priver!

Fauve ≠ Nuits Fauves

Mais Fauve, c’est aussi Kané, Sainte Anne

Merci (comme d’habitude) à celle qui se reconnaîtra.

Le resto du coeur des cardiologues

Finalement, en me replongeant dans cette affaire du Médiator®, qui a eu lieu en 2009, je me suis demandé ce qui avait changé.

J’ai réfléchi et trouvé une seule chose: l‘affaire a eu la peau de l’Afssaps.

Pour le reste, le tremblement de terre n’a pas eu lieu, et Servier a fait preuve d’une remarquable résilience.

Le monde de la cardiologie continue à profiter largement de ses subsides:

  • Sa société savante, la SFC: la lecture du programme de son dernier congrès en mars 2013 est édifiante.

sfc

sfc2013

  • Les journaux qui apportent les bonnes nouvelles à nos oreilles, c’est à dire les résultats faramineux des dernières molécules innovantes.

pubs(Photo faite à l’aide de deux numéros)

  • Le Collège National, sorte de pendant de la SFC, côté cardiologie libérale.
  • Les syndicats, dont Servier finance certaines publications depuis des années
  • Les centaines (milliers?) de confrères dans le besoin qui participent/organisent (à) des EPU/repas/symposiums/petits séjours payés par notre princesse nationale

Ah si, j’ai quand même oublié un autre changement, pourtant majeur, depuis l’affaire Médiator®, l’Académie de Médecine ne fait plus financer son bulletin par Servier!

Ah oui, Servier s’est fait virer du LEEM et ce dernier a créé le CODEEM. Mouhahahaha pour ces deux actions fortes qui ont eu des conséquences majeures sur la déontologie et la sécurité sanitaire. 

Et alors, me direz-vous?

Tout le monde est content et Servier n’est pas l’incarnation du mal. C’est un labo remarquablement efficace, qui manipule à merveille toutes les ficelles de la communication pour vendre ses produits.

Il n’y a aucune honte à se faire financer par eux.

Sans façon pour moi, mais je ne jette pas trop la pierre à ceux qui le font.

Ce n’est pas la stigmatisation qui m’a fait écrire cette note, mais plutôt la triste constatation que rien, strictement rien n’a changé depuis l’affaire Médiator®. L’ensemble de la FMC, de nos instances représentatives, de nos sociétés « savantes » reçoit des subsides de l’industrie pharmaceutique, dont Servier n’est finalement qu’une caricature (ou une évolution supérieure).

Enfin, le message me paraît clair pour l’industrie pharmaceutique. Pour peu qu’un scandale donne lieu à pas trop de réparations, et que le laboratoire se soit fait des amis dans tous les secteurs d’une spécialité, le déficit d’image lié au scandale tend vers le zéro au-delà de 12 mois. Je parle de déficit d’image pour les confrères, pas pour les patients pour lesquels Servier continue à sentir le soufre. 

Rien n’a changé depuis l’affaire Médiator®, business as usual…