Doc, j’en ai pour combien?

Cette note de l’excellent blog Well de Tara Parker-Pope décrit une situation terrible, à la fois très banale mais unique à chaque malade, l’annonce d’un pronostic péjoratif. Je pense que chacun se retrouvera dans cette situation. Ou pas…

Mon grand-père est mort d’un cancer du rein sans le savoir. De l’autre côté du spectre, j’ai des patients, notamment un patient-médecin à qui j’ai annoncé un pronostic péjoratif, il y a bien 5-6 ans. Je le lui ai annoncé car c’est un confrère.

Sinon, en général je ne m’avance jamais. les livres ne donnent que des moyennes, or, chaque patient est unique. Le français moyen n’existe pas, tout comme le patient-cardiaque-terminal moyen.

Quand nous avons eu à nous occuper du patient de cette note, mon Maître m’avait confié une mission, celle de le maintenir en vie pendant 1 mois, pour qu’il puisse assister au mariage de sa fille.

Et bien, ce n’était pas gagné… Je n’avais jamais vu un tel bas débit cardiaque. J’ai alors expliqué à sa fille, qui était au courant de ma mission, que 1 mois, pour lui c’était le bout du monde, voire au-delà, selon toute vraissemblance au-delà. Bien évidemment, nous nous sommes bien gardés de le dire au patient. 

Bon, on vient de fêter en juin les deux ans (ou 1 an, j’ai un trou, mais je vais vérifier) de mariage et il est toujours là. Nous n’avons strictement rien fait d’extraordinaire. Nous avons navigué à vue, en nous asseyant parfois sur les recommandations inadaptées pour un cas aussi extrême.

Comme je l’ai dit dans la première note le concernant, cette victoire à la Pyrrhus a pour moi un goût amer. Mais il est là, déjouant tous les pronostics médicaux, et ce n’est certainement pas à moi de juger si cela est bon ou pas.

Aucun rapport (ou presque), mais je vous recommande l’article mis à jour par l’ami nephrologue, c’est tellement vrai:

http://twitter.com/#!/PUautomne/status/123282889151488001