En y regardant d’un peu plus près…

Le 25 avril, le NEJM a publié un article s’intéressant au mode de stimulation cardiaque des défibrillateurs ventriculaires implantables (ICD) ou des stimulateurs cardiaques (PM) implantés chez des patients insuffisants cardiaques.

Je n’avais pas trop porté cas à cet article jusqu’à ce tweet:

L’étude montre un intérêt de la stimulation biventriculaire (biV) en comparaison avec la stimulation monoventriculaire droite (RV) classique. L’étude est financée par le fabricant Medtronic.

Rien de bien extraordinaire pour l’instant.

Les auteurs observent une diminution de 26% du critère primaire dans le groupe biV.

Medtronic et de nombreux analystes s’en réjouissent:

Biventricular (BiV) pacing with Medtronic, Inc. (NYSE: MDT) cardiac resynchronization therapy (CRT) devices may offer a significant clinical advantage and improved patient outcomes over conventional right ventricular (RV) pacing among patients with left ventricular (LV) systolic dysfunction and atrioventricular (AV) block who are indicated for a pacemaker.

Évidemment, cette étude devrait augmenter les ventes des appareils permettant une double stimulation, pas étonnant, étant donné cet impressionnant 26% d’amélioration:

Potentially, « this will increase the demand for CRT-P devices, » she said, referring to biventricular pacemakers that do not offer defibrillation—now far less commonly used than defibrillating CRT devices (CRT-D).

Cette étude a été qualifiée de game changer, ce qui est un tout petit peu moins cliché que landmark study.

D’accord.

Maintenant, regardons d’un peu plus près ce fameux critère principal qui comporte trois composantes (« critère composite »):

  • mortalité totale
  • poussée d’insuffisance cardiaque nécessitant l’administration d’un traitement intra-veineux.
  • augmentation du volume télé-diastolique ventriculaire gauche de 15% ou plus

La mortalité totale, c’est un critère dur, le meilleur.

La nécessité d’un traitement IV est un critère clinique, c’est donc bien.

Le troisième est un critère échographique, qu’on pourrait qualifier d’intermédiaire. C’est clairement le moins pertinent des trois. Pourquoi 15% et pas 17, ou 13, ou 20…

Chacune des composantes de ce critère composite sont « égales ».

Donc mort=traitement IV= 15% de volume ventriculaire gauche en plus.

Bien entendu, cela n’est pas du tout la même chose, surtout pour le patient.

Michel Cucherat aborde ce problème dans le DU d’interprétation des essais cliniques:

critjug

Les trois composantes du critère principal de cette étude n’ont clairement pas la même pertinence clinique. Maintenant, regardons en détail comment la stimulation biV agit sur chacune d’entre elles:

resultblockhf(cliquez l’image pour agrandir)

On remarque que l’essentiel du bénéfice de la stimulation biV est lié à l’amélioration du critère le moins pertinent, l’échographique, l’intermédiaire.

Il y a plus de décès dans le groupe biV pour les groupes PM (12/10) et ICD (5/4). Il y a plus de recours à un traitement IV dans le groupe biV dans le groupe PM (40/38). ll y en a moins dans le groupe ICD (16/23).

En diagramme, cela donne:

resultblockhfgraph

Tout cela n’est pas statistiquement significatif, mais doit faire relativiser les chatoyants 26% clamés Urbi et Orbi.

J’ai hâte de voir ce que vont en dire theheart.org en version française, et la presse de corbeille à papiers.

Enfin, je vous propose cette excellente analyse du Dr Ves.

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Curtis AB, Worley SJ, Adamson PB, Chung ES, Niazi I, Sherfesee L, Shinn T, Sutton MS; Biventricular versus Right Ventricular Pacing in Heart Failure Patients with Atrioventricular Block (BLOCK HF) Trial Investigators. Biventricular pacing for atrioventricular block and systolic dysfunction. N Engl J Med. 2013 Apr 25;368(17):1585-93. doi: 10.1056/NEJMoa1210356.

LoDoCo

LoDoCo est une petite étude australienne qui s’est intéressée à l’utilisation de la colchicine chez le coronarien stable. J’avais vaguement vu passer un article dans theheart.org, mais je ne m’y étais pas plongé.

En fait, je n’aime pas trop la colchine.

Cette molécule est souvent mal tolérée, mais surtout a un index thérapeutique étroit et un nombre élevé d’interactions médicamenteuses. Tout cela et la gravité des intoxications, en font un médicament délicat à manier, notamment chez la personne âgée.

D’un autre côté, je ne l’utilise pas au long cours (mais ça pourrait changer…), et donc mon expérience clinique sur la durée est inexistante.

Donc je suis passé rapidement sur cette étude jusqu’à ce qu’un lecteur me demande ce que j’en pensais.

Je l’ai lue et je l’ai trouvée intéressante.

Voici donc un petit brin d’analyse sur LoCoDo.

LoCoDo est une petite étude auto-financée par l’auteur principal, le Heart Care Western Australia et le Heart Research Institute of Western Australia.

532 patients porteurs d’une coronaropathie stable ont été alloués de façon aléatoire en deux groupes: 282 dans le groupe colchicine 0.5g/jour PO et 250 dans le groupe contrôle sans colchicine. Le suivi médian a été de 36 mois (24 à 44 mois).

L’étude a été construite sur le plan PROBE (Prospective Randomized Observer-Blinded Endpoint). C’est à dire qu’il n’y a pas eu de placebo, et donc que l’étude a été effectuée en ouvert. L’intérêt de ce plan d’étude est son moindre coût par rapport aux essais en double aveugle. L’inconvénient est une sensibilité plus importante aux biais.

Petit détail rigolo, les patients sont allés eux-même chercher leur colchicine à leur pharmacie habituelle. Ils pouvaient être néanmoins remboursés sur demande. Je ne sais pas si la prise des comprimés était contrôlée, et quelle a été l’incidence sur l’adhérence des patients au traitement par colchicine.

I. Quel est le résultat mis en avant par les auteurs?

Un traitement par colchicine, en plus du traitement standard a permis une diminution de la survenue des évènements cardiovasculaires chez des patients porteurs d’une coronaropathie stable.

II. Interprétation critique

1) Validité interne

  • Réalité statistique du résultat

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite d’efficacité suivant:

  • syndrome coronaire aigu (SCA), arrêt cardiaque hors hôpital et accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique non cardio-embolique.

En intention de traiter, la comparaison entre le groupe colchicine et le groupe contrôle montre pour le critère primaire d’efficacité un risque relatif à 0.33, pour un intervalle de confiance à 95% compris entre 0.18 et 0.59, p<0.001. Le NNT est à 11.

Les auteurs ont choisi comme critères secondaires:

  • chacune des composantes du critères principal.
  • SCA non lié à une resténose/thrombose de stent.

Le papier n’explicite pas l’existence d’analyses intermédiaires, ni de stratégies pour contrôler le risque alpha.

  • Contrôle des biais

Prise en compte des facteurs de confusion:

Il existe un groupe contrôle contemporain ne prenant pas de colchicine. L’effet du traitement est déterminé par rapport à ce groupe.

Prise en compte du biais de sélection:

L’essai est randomisé selon une procédure informatisée, centralisée par un assistant ne prenant pas part à l’essai par ailleurs. Le protocole précisait a priori que cet assistant avait la possibilité d’inclure un patient supplémentaire dans le groupe colchicine en cas de retrait d’un patient déjà inclus, en cas de mauvaise tolérance au cours du premier mois. Les patients intolérants restaient dans l’étude. Le problème est donc qu’une partie des patients du groupe colchicine n’ont pas été randomisés. On ne peut donc exclure un biais de sélection. Les deux groupes diffèrent sur les traitements concomitants: plus d’inhibiteurs calciques (j’espère que ce n’était pas du vérapamil ou du diltiazem 😉 ) et moins de bêtabloquants dans le groupe colchicine.

Insu:

L’essai est réalisé en ouvert. Les mesures des critères d’efficacité sont similaires dans les deux groupes. Le papier ne précise pas si l’allocation des évènements a été faite par un comité indépendant, ni même si les investigateurs ignoraient la survenue des critères étudiés (probablement que oui, étant donnée la méthodologie PROBE, mais ce n’est pas dit…). Les évènements étudiés sont heureusement des critères objectifs, peu sensibles à l’interprétation.

Les arrêts de traitement, les déviations par rapport au protocole et les traitements concomitants ont été correctement documentés et recueillis.

Les biais de suivi et d’évaluation ne me paraissent pas suffisamment contrôlés (en tout cas le papier n’est pas explicite sur ces points).

Sorties d’essai, biais d’attrition:

L’article montre un joli diagramme CONSORT en couleur.

Il n’y a pas de perdus de vue. On note dans le groupe colchicine un pourcentage élevé d’arrêt du traitement:

  • précocement 32/282, 11.3% (majoritairement des symptômes intestinaux)
  • et tardivement 30/282, 10.6%

7 patients sur 282 n’ont pas pris de colchicine (2.5%).

Environ 1 patient sur 5 a donc arrêté son traitement par colchicine au cours de l’essai.

L’analyse a été effectuée en intention de traiter. Ce mode d’analyse et l’absence de perdus de vue permettent un contrôle satisfaisant du biais d’attrition.

  • Validité méthodologique:

La démarche qui a conduit à ce protocole est hypothético-déductive, puisqu’elle est issue de la théorie de l’inflammation de la plaque d’athérome.

(Les différentes tentatives pour « refroidir » la plaque d’athérome sont bien racontés dans l’éditorial accompagnant cette étude).

2) Validité externe

A ce jour, LoDoCo reste le seul essai testant l’efficacité de la colchicine dans cette indication particulière.

3) Pertinence clinique

    • Critères de jugement

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite un peu curieux, hétérogène. On y trouve du cœur (SCA et arrêt cardiaque hors hôpital) et du cerveau (AVC ischémique non cardio-embolique). Pourquoi?

Comme toujours, je suis un peu gêné de trouver ensemble des critères de gravité variables: AVC, SCA et arrêt cardiaque hors hôpital.

Ces critères ont été peut-être alloués par un comité indépendant ne connaissant pas la répartition des patients. Comme je l’ai déjà dit, rien n’est indiqué dans le papier.

  • Taille de l’effet

Le risque relatif observé pour le critère principal composite est un très impressionnant 0.33 avec un intervalle de confiance à 95% entre 0.18 et 0.59 avec p<0.001.

lodoco

La diminution relative moyenne du risque sous colchicine est de 66%, au mieux de 82%, au pire de 41%.

Pour les critère secondaires, les syndromes coronariens ressortent (cette composante est celle qui explique presque intégralement la positivité du critère primaire), de même que les SCA non liés à une resténose/thrombose de stent.

  • Patients inclus

Les critères d’inclusions/exclusion étaient les suivants:

  • coronaropathie prouvée angiographiquement.
  • Âge entre 35 et 85 ans (pourquoi?)
  • Stabilité clinique depuis au moins 6 mois
  • Pas de co-morbidités majeures, pas de contre-indication au traitement par colchicine
  • Patient compliant et d’accord pour participer à l’étude

Donc rien d’extraordinaire, hormis ce choix curieux de bornes d’âge.

  • Traitements comparés:

L’essai comparait la prise de 0.5 g de colchicine par jour à l’absence de traitement.

  • Traitements concomitants

Plus d’inhibiteurs calciques (18% vs 10%) et moins de bêtabloquants (62% vs 71%) dans le groupe colchicine. 94% des patients du groupe contrôle étaient sous aspirine ou clopidogrel, 93% dans le groupe colchicine. On peut donc estimer que les deux groupes étaient correctement traités.

  • Effets indésirables

Comme je n’ai déjà indiqué, la prise de colchicine s’est accompagnée d’un nombre important d’effets secondaires, principalement gastro-intestinaux. On note aussi quelques myalgies. 10 patients sont décédés dans le groupe contrôle (5 de cause présumée cardiaque, 2 dans les suites d’un arrêt cardiaque hors hôpital, 2 d’un choc cardiogénique post SCA, 1 dans les suites d’un pontage aorto-coronarien), 4 dans le groupe colchicine, de cause non cardiaque. De quoi sont morts les 4 patients du groupe colchicine? Pas d’une intoxication à la colchicine, j’espère 😉 .

Sans plaisanterie, j’aurais aimé que ce fut précisé.

III. Conséquences de ce travail pour la pratique médicale.

Trop beau pour être vrai ? C’est un peu ce que l’on a envie de dire devant les résultats impressionnants de cette étude. La structure de l’étude, rendue nécessaire par son auto-financement, ne permet apparemment pas de contrôle satisfaisant des biais, notamment de sélection et de suivi et d’évaluation. Vivement un gros essai en double aveugle qui ne devrait pas manquer d’être lancé. Quoi qu’il en soit, il restera le problème important de la tolérance de la colchicine et surtout de sa toxicité. D’un autre côté, le jeu en vaut peut-être la chandelle ?

Le renouveau de l’intérêt vasculaire de la colchicine?

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Si cette étude fait des petits, ce sont les américains qui risquent de faire une triste mine, car comme je l’avais raconté en 2010, la colchicine y est devenue un produit de luxe.

°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°

Nidorf SM, Eikelboom JW, Budgeon CA, Thompson PL. Low-dose colchicine for secondary prevention of cardiovascular disease. J Am Coll Cardiol. 2013 Jan 29;61(4):404-10. doi: 10.1016/j.jacc.2012.10.027. Epub 2012 Dec 19.

Vogel RA, Forrester JS. Cooling off hot hearts: a specific therapy for vulnerable plaque? J Am Coll Cardiol. 2013 Jan 29;61(4):411-2. doi: 10.1016/j.jacc.2012.10.026. Epub 2012 Dec 19.

Michael O’Riordan. LoDoCo: Cheap, widely available colchicine reduces events in secondary prevention. theheart.org. [Clinical Conditions > Acute Coronary Syndromes > Acute coronary syndromes]; Nov 5, 2012. Accessed at http://www.theheart.org/article/1470691.do on Feb 3, 2013

Un joli diaporama sur LoDoCo.

ARISTOTLE: Apixaban et fibrillation auriculaire

L’apixaban (ELIQUIS®. BMS) est le troisième représentant de la famille des « Nouveaux Anticoagulants Oraux » (NAC ou NACO). Comme le rivaroxaban, il s’agit d’un inhibiteur direct du Xa. Les études qui ont permis l’obtention de son AMM aux EU et chez nous dans la prévention des accidents thrombo-emboliques dans la fibrillation auriculaire, sont AVERROES et ARISTOTLE. Je vais à peine évoquer AVERROES qui compare apixaban et aspirine chez les patients contre-indiqués aux AVK pour me concentrer sur ARISTOTLE.

Pour résumer les épisodes précédents, je dirais match nul entre AVK et NAC dans la fibrillation auriculaire dans le cas du dabigatran et du rivaroxaban. En fait, aucune donnée ne m’a convaincu de la supériorité des NAC et je continue en pratique à prescrire/conseiller la prescription des AVK, sauf cas particulier.

ARISTOTLE est une énorme étude multicentrique, randomisée en double aveugle de 18201 patients suivis sur une durée moyenne de 1.8 ans. Les auteurs ont prévu d’effectuer une étude de type non-infériorité, mais vous verrez que les données leur ont permis de passer en étude de supériorité. Bien entendu, tout cela était prévu au protocole. Nous sommes entre gens de bonne compagnie.

I. Quel est le résultat mis en avant par les auteurs?

Un traitement par apixaban est supérieur à la warfarine pour prévenir les accidents cérébraux (ischémiques ou hémorragiques) et systémiques. Il a engendré moins de saignements et une mortalité moindre a été observée dans le groupe apixaban.

II. Interprétation critique

1) Validité interne

  • Réalité statistique du résultat

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite d’efficacité:

  • accident vasculaire cérébral (hémorragique ou ischémique) ou embolie systémique.

La comparaison entre le groupe apixaban et le groupe traitement conventionnel montre pour le critère primaire d’efficacité un risque relatif à 0.79, pour un intervalle de confiance à 95% compris entre 0.66 et 0.95, p<0.001 pour la non-infériorité et p=0.01 pour la supériorité.

Un autre critère est mis en avant, celui de la sécurité qui compare les saignements majeurs. Bien que qualifié de « primary safety outcome », je ne pense pas qu’il faille l’analyser comme étant un co-critère principal. En tout cas, dans la déclaration de BMS à clinicaltrials.gov, il n’est pas considéré comme tel.

Pour ce critère, le risque relatif est à 0.69, pour un intervalle de confiance à 95% compris entre 0.6 et 0.8, p<0.001.

Le risque alpha est contrôlé par la pratique de tests hiérarchisés pré-spécifiés (ne me demandez pas ce que c’est)

  • Contrôle des biais

Prise en compte des facteurs de confusion:

Il existe un groupe contrôle contemporain représenté par le bras traitement conventionnel (warfarine).

Prise en compte du biais de sélection:

L’essai est randomisé selon une procédure centralisée informatisée, via d’un serveur téléphonique interactif. Il n’existe pas de différences entre les deux groupes à l’inclusion.

Insu:

L’essai est réalisé en double aveugle.

Les arrêts de traitement, les déviations par rapport au protocole et les traitements concomitants ont été correctement documentés et recueillis.

Sorties d’essai, biais d’attrition:

Le nombre des perdus de vue est faible: 51 dans le groupe apixaban, 39 dans le groupe warfarine. 32 patients n’ont pas reçu le traitement adéquat dans le groupe apixaban, 29 dans le groupe warfarine. On note 35 perdus de vue dans le groupe apixaban et 34 dans le groupe warfarine. 92 patients ont retiré leur consentement dans le groupe apixaban, 107 dans le groupe warfarine. 2310 patients du groupe rivaroxaban (25.3%) et 2493 dans le groupe warfarine (environ 27.5%) ont arrêté précocement le traitement. C’est un peu plus que dans ROCKET-AF.

Même remarque que pour cette dernière: ça aurait été sympa de mettre le flow-chart dans le papier du NEJM, et pas uniquement dans le Supplementary Material

  • Validité méthodologique:

L’hypothèse de l’efficacité de l’apixaban sur les patients inclus dans l’étude est issue d’une démarche hypothético-déductive. Le rivaroxaban a montré une efficacité dans l’étude AVERROES contre l’aspirine, chez des patients porteurs d’une fibrillation auriculaire, et chez qui les AVK étaient contre-indiqués.

2) Validité externe

A ce jour, ARISTOTLE reste le seul essai étudiant l’efficacité de l’apixaban contre la warfarine chez les patients en fibrillation auriculaire. Cet essai s’insère néanmoins avec ROCKET-AF dans les essais comparant l’efficacité des anti Xa.

3) Pertinence clinique

    • Critères de jugement

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite:

  • accident vasculaire cérébral (hémorragique ou ischémique) ou embolie systémique

Et des critères secondaires:

  • mortalité toute cause
  • infarctus du myocarde
  • un critère « principal » de sécurité: saignements majeurs
  • Critère composite de sécurité: saignements majeurs, saignements significatifs non majeurs
  • Autres critères de sécurité: saignements toute causes, anomalies hépatiques

Ces critères ont été alloués par un comité indépendant ne connaissant pas la répartition des patients.

  • Taille de l’effet

Le risque relatif observé pour le critère principal composite est de 0.79 avec un intervalle de confiance à 95% entre 0.66 et 0.95 (p=0.001 pour la supériorité).

La diminution relative moyenne du risque sous apixaban est de 21%, au mieux de 34%, au pire de 5%. Pour ce critère, l’apixaban est significativement supérieur par rapport à la warfarine.

Je note aussi un critère secondaire d’efficacité intéressant: la mortalité toute cause qui est significativement moindre, d’un-dernier-souffle, dans le groupe apixaban: risque relatif à 0.89 (0.8-0.998), p=0.047.

  • Patients inclus

Les critères d’inclusions étaient les suivants: Homme ou femme de 18 ans ou plus avec une fibrillation auriculaire avec au moins un des facteurs suivants:

  • Antécédent d’accident ischémique cérébral, d’accident cérébral transitoire, d’accident embolique systémique d’origine cardiaque.

  • insuffisance cardiaque ou FEVG inférieure ou égale à 40%,

  • antécédent d’accident ischémique cérébral, d’embolie systémique d’origine cardiaque

  • HTA,

  • âge supérieur ou égal à 75 ans,

  • diabète.

Vous aurez remarqué que ces points, comme dans ROCKET-AF regroupent les critères CHADS2. Les auteurs ont bien naturellement cherché à recruter des patients avec un risque embolique suffisant. Malgré cela, le CHADS2 des groupes apixaban et warfarine sont à 2.1+/-1, bien moins que dans ROCKET-AF où les CHADS2 sont à 3.48 dans le groupe rivaroxaban, et 3.46 dans le groupe warfarine. En fait, ces patients sont superposables à ceux de RE-LY en terme de risque thrombo-embolique.

Les critères d’exclusion étaient les suivants:

  • RM modéré à sévère
  • Prothèse valvulaire
  • AIT dans les 7 jours précédents
  • Nécessité d’un traitement par aspirine>165 mg/ jours ou d’une bithérapie aspirine+clopidogrel
  • Clairance inférieure à 25 (ou créatininémie >221 microMol/L)

Ces critères, et les critères diagnostiques des différents évènements étudiés me semblent pertinents.

  • Traitements comparés:

L’essai comparait une stratégie conventionnelle: warfarine avec un INR cible entre 2 et 3 et apixaban à 5mg*2 par jour ou 2.5mg*2 pour les patients ayant au moins deux critères parmi les suivants:

  • 80 ans ou plus
  • 60 kg ou moins
  • Créatininémie supérieure à 133

Les patients sous AVK étaient dans l’intervalle thérapeutique (INR 2.0-3.0) durant 66% du temps (bien meilleur que les 55% de ROCKET-AF), comparable au 64.4% de RE-LY.

  • Traitements concomitants

Aucune différence significative entre les deux groupes.

  • Effets indésirables

L’analyse des évènements hémorragiques montre une différence sur le critère principal de sécurité, les saignements majeurs: 0.69 (0.6-0.8); p<0.001. Soit une diminution relative moyenne du risque de 31%. En comparaison avec ROCKET-AF, les saignements sont moindres, même dans le groupe warfarine, ce qui correspond à une population à moindre risque.

III. Conséquences de ce travail pour la pratique médicale.

ARISTOTLE me paraît être la plus convaincante des grandes études sur les NAC chez les patients porteurs d’une fibrillation auriculaire. La qualité de sa réalisation et la supériorité avec une diminution moyenne du risque relatif de 21% pour le critère primaire me plaisent bien. La diminution de mortalité me fait moins rêver, mais bon, je ne vais pas faire la fine bouche. Le risque relatif des hémorragies majeures est diminué de 31% en moyenne dans le groupe apixaban par rapport au groupe warfarine. Il s’agit néanmoins d’un critère secondaire.

Bref, si je devais choisir un NAC, ce serait plutôt l’apixaban. Bon, maintenant, le problème principal des NACs reste entier: l’absence de traitement permettant d’antagoniser leur effet anticoagulant. J’ai un peu musardé, les interactions ne paraissent pas rédhibitoires, et l’utilisation de l’apixaban semble être un peu moins délicate en cas d’insuffisance rénale (attention clairance>25 quand même!). Le coût sera sûrement stupéfiant, je présume égal aux autres NACs.

Je n’ai pas de texte bien rigolo à vous faire lire pour vous récompenser de votre lecture. Juste cet article de theheart.org ou les supporters du dabigatran l’ont un peu mauvaise et font preuve de pas mal de mauvaise foi:

However, RE-LY investigator Dr Salim Yusuf (McMaster University, Hamilton, ON) pointed out to heartwire that although the ARISTOTLE results were very good, apixaban did not show a reduction in ischemic stroke, whereas the 150-mg dabigatran dose in RE-LY did. He said he would position the ARISTOTLE result « somewhere in between the two doses of dabigatran in RE-LY. »

Comme toujours, vos remarques seront les bienvenues.

ROCKET-AF

Bon, on va encore parler de Xarelto® (rivaroxaban, Johnson & Johnson, Bayer).

Comme vous le savez, il s’agit d’un nouvel anticoagulant (NAC), un inhibiteur du facteur Xa pour être plus précis. J’en avais parlé ici, pour l’étude EINSTEIN-PE qui l’évaluait dans la prise en charge de l’embolie pulmonaire.

ROCKET-AF est un essai publié dans le NEJM qui compare l’efficacité du rivaroxaban et de la warfarine dans la fibrillation auriculaire non valvulaire. J’avais parlé du dabigatran, un inhibiteur direct de la thrombine (Pradaxa®, Boehringer-Ingelheim) dans la même indication ici et ici. Ces deux traitements ont une AMM européenne, mais un troisième protagoniste, l’apixaban (Eliquis®, BMS) pointe le bout de son nez…

Ces trois laboratoires (bientôt quatre avec Daiichi Sankyo et son edoxaban) font évidemment tout pour gagner ce marché gigantesque et déversent en conséquence des sommes probablement considérables sur les journaux médicaux, médecins, sites internet, agences de communication…

On entend et on lit donc un peu tout et n’importe quoi sur ce sujet. Un seul point commun les unit, un ennemi commun, le poison à rat, les AVK.

Je me suis donc dit que j’allais me faire ma propre idée, d’autant plus que mes correspondants généralistes me demandent assez souvent de faire le switch AVK/NAC, que j’entends des histoires terribles de saignement, mais que d’un autre côté, on dit que les AVK sont finis…

Bref, je vais essayer d’y voir clair…

ROCKET-AF est une gigantesque étude multicentrique, randomisée en double aveugle incluant 14264 patients.

I. Quel est le résultat mis en avant par les auteurs?

Un traitement par rivaroxaban est non inférieur à la warfarine pour la prévention d’un accident vasculaire cérébral ou d’une embolie systémique chez les patients porteurs d’une fibrillation auriculaire. Il n’y a pas de différence entre les groupes pour le risque de saignements majeurs. Néanmoins, les saignements intra-cérébraux et les saignements mortels sont moins fréquents dans le groupe rivaroxaban. 

II. Interprétation critique

1) Validité interne

  • Réalité statistique du résultat

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite d’efficacité:

  • accident vasculaire cérébral (hémorragique ou ischémique) ou embolie systémique

La comparaison entre le groupe rivaroxaban et le groupe traitement conventionnel montre une non-infériorité pour ce critère primaire avec un risque relatif à 0.79, pour un intervalle de confiance à 95% compris entre 0.66 et 0.96. La marge de non-infériorité était à 1.46, et p<0.001. Les auteurs ont prévu une analyse en non-infériorité, mais se sont donné la possibilité d’une étude de supériorité, au cas où… Ils ont aussi prévu une analyse que je n’ai pas trop compris:

If noninferiority was achieved in the primary analysis, a closed testing procedure was to be conducted for superiority in the safety population during treatment, which included patients who received at least one dose of a study drug and were followed for events, regardless of adherence to the protocol, while they were receiving the assigned study drug or within 2 days after discontinuation (group B in Fig. 1 in the Supplementary Appendix).

Cette analyse est vite passée sous silence par les auteurs, mais a été reprise par les commentateurs puisqu’elle a eu le bon goût de montrer une supériorité du rivaroxaban.

  • Contrôle des biais

Prise en compte des facteurs de confusion:

Il existe un groupe contrôle contemporain représenté par le bras traitement conventionnel (warfarine).

Prise en compte du biais de sélection:

L’essai est randomisé selon une procédure centralisée informatisée, via d’un serveur téléphonique interactif. Il n’existe pas de différences entre les deux groupes à l’inclusion.

Insu:

L’essai est réalisé en double aveugle. Je note avec plaisir l’utilisation de placebo de warfarine avec la génération d’INR factices afin de préserver le double insu.

Les arrêts de traitement, les déviations par rapport au protocole et les traitements concomitants ont été correctement documentés et recueillis.

Sorties d’essai, biais d’attrition:

Le nombre des perdus de vue est remarquablement faible: 18 dans le groupe rivaroxaban, 14 dans le groupe warfarine, sur 14264 patients! Par contre, 23.7% (1691 patients) des patients du groupe rivaroxaban et 22.2% (1584) dans le groupe warfarine ont arrêté précocement le traitement.

Ah oui, Messieurs les auteurs, ça aurait été sympa de mettre le flow-chart dans le papier du NEJM, et pas uniquement dans le Supplementary Material

  • Validité méthodologique:

L’hypothèse de l’efficacité du rivaroxaban sur les patients inclus dans l’étude est issue d’une démarche hypothético-déductive. Le rivaroxaban a montré une efficacité dans les indications suivantes: prévention des accidents thrombo-emboliques en chirurgie orthopédique (programme RECORD), d’une thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire  (programme EINSTEIN). Le but de l’étude est clairement indiqué dans les méthodes.

2) Validité externe

A ce jour, ROCKET-AF reste le seul essai étudiant l’efficacité du rivaroxaban chez les patients en fibrillation auriculaire.

3) Pertinence clinique

    • Critères de jugement

Les auteurs ont choisi un critère primaire composite:

  • accident vasculaire cérébral (hémorragique ou ischémique) ou embolie systémique

Et des critères secondaires:

  • un critère composite: accident cérébral, embolie systémique, décès de cause cardio-vasculaire
  • un critère composite: accident cérébral, embolie systémique, décès de cause cardio-vasculaire, infarctus du myocarde
  • chaque critère individuel des deux critères composites cités
  • un critère principal de sécurité: saignements majeurs et non majeurs mais cliniquement significatifs

Les saignements intra-cérébraux sont inclus à la fois dans le critère d’efficacité principal et dans le critère de sécurité principal.

Ces critères ont été alloués par un comité indépendant.

  • Taille de l’effet

Le risque relatif observé est de 0.79 avec un intervalle de confiance à 95% entre 0.66 et 0.96 (p<0.001).

La diminution relative moyenne du risque sous rivaroxaban est de 21%, au mieux de 34%, au pire de 4%.
En per-protocole, le nombre d’évènements du critère primaire dans le groupe rivaroxaban est de 188 (1.7%/an), contre 241 (2.2%/an) dans le groupe warfarine (p<0.001 pour la non-infériorité).

En analyse en intention de traiter, le nombre d’évènements du critère primaire dans le groupe rivaroxaban est de 269 (2.1%/an), contre 306 (2.4%/an) dans le groupe warfarine (p<0.001 pour la non-infériorité, p=0.12 pour la supériorité).

Le critère de non-infériorité est atteint car le risque relatif observé est inférieur à la marge de non-infériorité qui a été fixée à 1.46. Le choix de cette marge est bien explicitée dans le protocole, et ne paraît pas particulièrement scandaleux.

  • Patients inclus

Les critères d’inclusions étaient les suivants:

  • Homme ou femme de 18 ans ou plus avec une fibrillation auriculaire non-valvulaire.

  • Antécédent d’accident ischémique cérébral, d’accident cérébral transitoire, d’accident embolique systémique d’origine cardiaque ou au moins deux facteurs de risque parmi les suivants:

    • insuffisance cardiaque ou FEVG inférieure ou égale à 35%,
    • HTA,
    • âge supérieur ou égal à 75 ans,
    • diabète.


Vous aurez remarqué que le dernier point regroupe les critères CHADS2. Les auteurs ont bien naturellement cherché à recruter des patients avec un risque embolique élevé. De fait, le CHADS2 du groupe rivaroxaban est à 3.48, celui du groupe warfarine à 3.46.

Les critères d’exclusion étaient les suivants:

  • RM serré
  • Prothèse valvulaire
  • Choc électrique externe programmé
  • Fibrillation auriculaire avec une cause transitoire (EP, thyréotoxicose…)
  • Myxome ou thrombus OG
  • Endocardite infectieuse active
  • Saignement actif ou risque de saignement (chirurgie majeure récente…)
  • Antécédent de saignement intra-cranien, intra-oculaire, intra-medullaire, intra-articulaire
  • Anomalie chronique de la coagulation
  • Néoplasie ou malformation intra-cérébrale
  • Chirurgie majeure programmée
  • Plaquettes inférieures à 90000
  • TAS> ou égale à 180 mmHg, TAD> ou égale à 110 mmHg
  • Aspirine> 100 mg par jour
  • Clairance inférieure à 30

Ces critères, et les critères diagnostiques des différents évènements étudiés me semblent pertinents.

  • Traitements comparés:

L’essai comparait une stratégie conventionnelle: warfarine avec un INR cible entre 2 et 3 et rivaroxaban à 20mg*1 par jour (ou 15mg*1 par jour si clairance créatinine entre 30 et 49 ml/min)

Les patients sous AVK étaient dans l’intervalle thérapeutique (INR 2.0-3.0) durant 55% du temps. Cela est nettement moins bien que dans la plupart des essais récents. La HAS pointe cela dans son avis du 14/03/2012:

Le pourcentage de temps moyen passé par les patients recevant la warfarine dans l’intervalle thérapeutique (TTR) a été de 55,16% et le temps médian de 57,83%. Le TTR a été de 70,18 % pour l’intervalle d’INR compris entre 1,8 et 3,2.

Rappel : Le pourcentage moyen de temps passé dans la zone cible dans l’étude RELY (PRADAXA) avait été de 64,4 % (médiane 67 %) ce qui était proche des précédentes études où les patients avaient été traités par warfarine [SPORTIF-V (59%), SPORTIF III (66%), ACTIVE-W (64%), AMADEUS (63%) et AFFIRM (62%)].

Cela pose le gros problème du manque d’optimisation du traitement de référence dans les études de non infériorité.

Comme je l’ai déjà dit, beaucoup de sorties d’étude, entre 22 et 23% pour les deux groupes… Cela tend à égaliser l’effet des traitements dans les deux groupes.

Donc deux points négatifs qui diminuent un peu la pertinence de cette étude de non-infériorité.

  • Traitements concomitants

Autant de statine que d’aspirine dans les deux groupes

  • Effets indésirables

L’analyse des évènements hémorragiques ne montre pas de différence sur le critère composite principal de sécurité: 1475 (20.7%, soit 14.9%/an) dans le groupe rivaroxaban, et 1149 (20.3%, soit 14.5%/an) dans le groupe warfarine. HR à 1.03 (0.96-1.11), p=0.44. Ça saigne donc pas mal, de façon identique dans les deux groupes.

Les commentateurs mettent néanmoins en exergue les types de saignements pour lesquels le rivaroxaban fait mieux:

  • saignement « critique » (intra cavitaire, dont cérébral ou rétropéritonéal): 1.3% (91 évènements) contre 1.9% (133 évènements), 0.69 (0.53-0.91) p=0.007
  • saignement fatal 0.4% (27 évènements) contre 0.8% (55 évènements), 0.5 (0.31-0.79), p=0.003
  • saignement intra cérébral 0.8% (55 évènements) contre 1.2% (84 évènements), 0.67 (0.47-0.93), p=0.02

Ce ne sont que des critères secondaires, comme d’habitude ne l’oublions pas. Regardons aussi le faible nombre d’évènements dans chaque critère.

III. Conséquences de ce travail pour la pratique médicale.

L’étude ROCKET-AF me paraît méthodologiquement de bonne qualité. Je garde néanmoins en mémoire le nombre de sorties d’étude et l’INR assez peu optimal (pour une étude de cette taille) qui gâchent un peu le tableau. J’apprécie beaucoup le double aveugle et les INR factices alors que les auteurs de EINSTEIN-PE n’avaient pas fait cet effort. Le choix de la non-infériorité, dicté par des motifs économiques et stratégiques me semble aussi discutable que pour EINSTEIN-PE:

Les auteurs ont choisi de tolérer une moindre efficacité du rivaroxaban en échange d’une plus grande facilité d’emploi: pas de relai HBPM/AVK, pas contrôle d’INR, pas d’équilibration parfois délicate.

Mais, en fait, est-ce que le rivaroxaban est plus simple à utiliser?

[…], il faut aussi faire attention à la fonction rénale et aux interactions. En cas de surdosage symptomatique ou de nécessité d’une chirurgie non programmée, il n’existe pas d’antagoniste et la dialyse ne paraît pas être une panacée (Cf. les commentaires de cette note).

L’ANSM a récemment mis en garde les prescripteurs sur l’utilisation des nouveaux anticoagulants, dont le rivaroxaban.

Si on prend en compte tout cela, je ne suis pas certain que le maniement du rivaroxaban soit plus « simple » que HNF/HBPM puis AVK.

Pour moi, cela rend le choix d’un essai de non-infériorité problématique.

Comme pour EINSTEIN-PE, le bénéfice observé sur certains types de saignement a été largement mis en avant par les commentateurs. Mais je retiens de l’étude que le critère principal de sécurité est atteint de façon identique par la warfarine et le rivaroxaban. Le reste, c’est du secondaire…

Donc égalité globale en terme de diminution du risque embolique et en terme de risque hémorragique. Vous ne serez pas un assassin de vieilles dames si vous ne remplacez pas les AVK d’un patient, surtout bien équilibré, par du rivaroxaban. L’absence d’antagoniste et le coût de ce traitement peuvent aussi légitimement faire réfléchir.

Un peu de lecture pour compléter cette analyse:

N’hésitez pas à faire des remarques!

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Maintenant pour vous détendre, j’ai retenu deux articles bien rigolos:

L’information médicale comme on les aime, avec de toute évidence une intense recherche journalistique, et des morceaux de science dedans: «Les malades atteints de fibrillation auriculaire nous les réclament, mais il n’y a pas encore d’autorisation dans cette indication en Europe, et cela prend beaucoup de temps».

Un peu de science-floue avec « une analyse per protocole fait même ressortir une supériorité du rivaroxaban sur la warfarine » que même les auteurs n’ont pas osé mettre en avant dans leur papier et une certaine difficulté à appréhender les différences entre analyse per-protocole et analyse en intention de traiter.

Ah oui, c’est l’analyse per-protocole qu’il faut privilégier dans le cadre des essais de non-infériorité. Si les deux analyses donnent les mêmes résultats, c’est encore mieux. Le petit tour de main du Chef en fin d’article est excellent, lui aussi.

Bisous.