Le Maître du Haut Château

Haut ChâteauIl faisait déjà chaud ce matin, mais un bon café brûlant n’aurait pas été mal venu pour le sortir de sa nuit poisseuse. Devant sa cafetière à sec, il se rappela qu’il avait bien commandé les capsules, mais qu’elles étaient arrivées sur son lieu de travail. Il ouvrit alors Twitter, une galette de riz dans la bouche et vit que Grange Blanche avait publié une note. Il en commença la lecture.

Le seul livre de Philip K. Dick, que j’avais lu jusqu’à présent était Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui a inspiré le cultissime Blade Runner. J’en avais gardé un impression un peu pénible d’un texte parfois écrit sous l’effet de substances psychotropes. Or, j’aime bien qu’il subsiste un minimum de logique, même dans des œuvres fantasmagoriques et irréelles. Puis j’ai vu passer récemment ce genre d’article qui annonce une adaptation en série TV d’une autre œuvre de Philip K. Dick,  Le Maître du Haut Château.

Englué dans la vacuité triste de cet été, je me suis dit, pourquoi pas?

PKD-high_castle-penguinclassicsJe n’ai pas lâché ce bouquin très surprenant pendant les trois derniers jours. Ce n’est curieusement pas l’uchronie en elle-même qui m’a séduit, alors que je l’ai justement choisi pour cela.

J’ai aimé la finesse de description des rapports humains étouffés par une lourde ambiance d’oppression totalitaire. J’ai aussi aimé la mise en abyme magistralement orchestrée par Philip K. Dick: je lis un livre dans lequel les personnages en lisent un autre, et tout le monde regarde par dessus son épaule.

Grasshopperliesheavy(Source)

Tout au long du roman, les personnages décident de leur avenir en utilisant un système de divination chinois millénaire, le Yi Jing. C’est d’ailleurs cet oracle qui va leur révéler la vérité finale…

Or, Philip K. Dick  a lui-même utilisé ce système pour écrire ce roman:

VERTEX: Do you use the I Ching as a plotting device in your work?

DICK: Once. I used it in The Man in the High Castle because a number of characters used it. In each case when they asked a question, I threw the coins and wrote the hexagram lines they got. That governed the direction of the book. Like in the end when Juliana Frink is deciding whether or not to tell Hawthorne Abensen that he is the target of assassins, the answer indicated that she should. Now if it had said not to tell him, I would have had her not go there. But I would not do that in any other book.

(Source)

Abyme vertigineux, non?

Bof, moyenne cette note. Par ailleurs, il n’avait jamais aimé Philip K. Dick. Allons voir si d’autres ont écrit des notes. Quelle drôle d’idée que nous ne soyons que des personnages issus d’une imagination, ailleurs.

Il faut que je pense à aller chercher ces satanés capsules.