Stars 2.0

« Jacques et Dominique, deux fans des années 2.0, dirigent une petite société de spectacle qui fait tourner des sosies dans toute la France. Entre déboires sentimentaux et caprices de leurs pseudo vedettes, l’affaire finit par péricliter. À la veille du dépôt de bilan, ils retrouvent de vieilles URL : Jean-Michel BILLAUT, Catherine CERISEY, Franck CHAUVIN, Isabelle BURDET, Denise SILBER, Dominique DUPAGNE, Jean-Daniel FLAYSAKIER, Jean-Pierre GICQUEL (c’est pas Roger?), Loïc ETIENNE, Hervé NABARETTE, Benjamin SARFATI, Jean-Marie VAILLOUD… tous les tubes des années 2.0 ! Immédiatement, l’étincelle jaillit : pourquoi ne pas faire remonter sur scène les vraies stars des années 2.0 ? Les deux producteurs partent alors en quête de ces vedettes oubliées, et montent une tournée de tables rondes qui débutera dans la galère avant de cartonner en province et triompher… à l’espace Eurosites ! »-Wikipédia.

Ils ont illuminé les années 2.0 avec des billets que tout le monde a encore en tête, sur la grippe, le HIV, les PSA…

Ils seront présents sur scène, en vrai, pour une représentation unique le 14 novembre prochain.

« Un duo à ne pas manquer »– Variety.

« L’affiche de Stars 2.0 est un bon exemple de ce phénomène: on est en terrain connu, celui des Blues Brothers, dès le premier coup d’œil.» Pas de Ray Charles, ni de James Brown dans cette version bien de chez nous, mais Dominique Dupagne et Jean-Daniel Flaysakier. […] On y gagne au change. »– 20 minutes

« Avec cette journée, ne vous attendez pas à rester assis, inerte, à la limite de la somnolence sur votre strapontin. Vous ne devriez pas être dérangé par votre voisin mangeant des popcorns, mais par une salle entière qui risque de se mettre à chanter, voire à danser, durant les tables-rondes. C’est en quelque sorte une réunion dont vous êtes le héros : la bande-son, c’est vous. (…) Vous aurez l’assurance de passer un bon moment si vous allez voir ce film. Allez-y entre amis de préférence. »– leplus.nouvelsobs.com

Sortie le 14 novembre prochain. Plus d’informations ici. Retransmission en direct sur Twitter: #etic2012

Atoute

docteurjd.com

xkcd est un grand génie

xkcd (sa page Wikipedia) est un grand génie, je ne vois pas trop quoi dire d’autre.

Je l’ai découvert, comme beaucoup de choses poétiques/surprenantes/belles/questionnantes/… grâce à @PUautomnale.(et son blog).

J’en avais déjà parlé ici. xkcd avait alors magnifiquement illustré le problème posé par les comparaisons multiples en biostatistiques.

Le xkcd du jour est immense, insensé, il invite à la poésie et à l’exploration.

Vous allez cliquer et glisser de longues minutes au fil d’un paysage champêtre, où les petits personnages en bâton s’ébattent et discutent de choses futiles, drôles ou sérieuses. Vous allez grimper sur le flanc de hautes montagnes, monter à bord d’un bateau pirate ou d’une fusée interplanétaire.

Vous allez aussi cliquer et glisser le long d’un tunnel, ou bien mieux en terme de perte de repères, au milieu d’un blanc immaculé ou d’un noir d’encre, pour peut-être (peut-être pas) arriver vers une petite saynète qui aura valu (ou peut-être pas) le temps passé.

Bref, la vie telle qu’on la vit seconde après seconde.

Explorer la vie/xkcd en écoutant les suites pour violoncelles de Bach…

Bon, maintenant, si vous êtes un homme sérieux, vous, et si vous ne vous amusez pas à des balivernes, l’ensemble du xkcd du jour est ici.

La pensine

L’ensemble de nos blogs et comptes Twitter forme une gigantesque pensine dans laquelle nous déposons des souvenirs, des émotions, que d’autres viennent recueillir un peu plus tard.

Nous sommes tous très différents, nous n’avons pas la même pratique, pas dans le même lieu, pas les mêmes patients, pas le même âge, pas la même éducation (je parle d’avant nos études de médecine), pas les mêmes croyances, pas les mêmes convictions, pas le même environnement familial, pas les mêmes goûts (certains d’entre nous ont des goûts…bizarres 😉 )…

Bref, nous n’avons rien en commun, hormis une éducation médicale vaguement commune pendant 6 ans et un cadre très flou: nous soignons des patients. Je crois aussi que nous les aimons, et c’est probablement là que réside la magie.

Parfois, ce n’est pas rare, nous ne sommes pas d’accord entre nous. Mais nous nous respectons toujours.

Malgré toutes ces différences:

Et c’est exactement ça.

Quand je consulte la pensine, j’ai souvent l’impression que ces souvenirs et sentiments pourraient être les miens. Ce sont les mêmes, d’ailleurs. Des circonstances différentes, mais exactement le même ressenti. Nous faisons partie d’une communauté tellement informelle qu’elle n’a pas de définition, pas de hiérarchie, à peine quelques codes même pas secrets, pas de ressentiment ni de jalousie.

Pourtant, nous sommes tous indubitablement liés, et nous rentrons en résonance.

https://twitter.com/de_bakey/status/170944243240669184

https://twitter.com/Sous_la_blouse/status/169588096671813632

Et nous nous soutenons les uns les autres quand l’un de nous a des soucis ou a plus simplement besoin de quelque chose.

Ma première e-patiente

Je suis allé la voir presque par politesse, elle n’avait pas particulièrement besoin de mes services.

C’est une gentille petite dame, environ 65 ans, une « vieille mitrale ». La dénomination n’est pas très jolie mais je ne connais aucun cardiologue qui ne porte pas en son cœur ces patient(e)s dont la vie a été hachée, au sens propre comme au sens figuré, par le RAA.

Nous papotons donc, et en venons rapidement à parler de l’anticoagulation, des anti-vitamines K et de leur surveillance régulière par INR.

Elle est calée dur le sujet, il faut dire qu’elle doit se faire faire 1 INR par semaine depuis 20-30 ans…

Avec les yeux pétillants, elle me raconte aussi l’infidélité faite à son cardiologue traitant.

Depuis quelques mois, elle s’est acheté un appareil d’automesure d’INR. Elle se fait ses INR, 1 fois par semaine, ou plus quand elle a « un doute ». Bien sûr, pour que son cardiologue ne se rende pas compte de sa double vie, elle continue à se faire faire son INR mensuel au laboratoire d’analyses médicales (malins, les patients…). Ceux-ci et les siens sont parfaitement concordants. Tout est à sa charge, la sécu ne rembourse ni les bandelettes, ni les lancettes, ni bien sûr l’appareil.

Bon, je trouve l’utilisation qu’elle fait de cette automesure assez irrationnelle. Ses « doutes » ne correspondent en effet à rien de bien objectif. En définitive, elle a fait cette démarche pour se rassurer, par crainte des accidents hémorragiques.

Cette utilisation peu optimale est due au fait qu’elle n’a jamais parlé de sa démarche à quiconque, ni à son généraliste, ni à son cardio. Je lui ai demandé en souriant si elle n’avait pas peur que je la dénonce à ce dernier. Elle a fait un joli mot/lapsus en disant que le secret de la confession était sacré.

Je viens de vous exposer la limite de sa démarche qui n’a jamais été optimisée, sans même parler d’être visée, par un professionnel de santé. Ce sera ma seule critique.

Car j’ai admiré l’ensemble de sa démarche et sa quête de l’appareil idéal sur internet.

Elle m’a cité son point de départ, la métaanalyse du Lancet en donnant même correctement les OR pour la diminution des hémorragies majeures (!!). Elle a vite trouvé que la technique est surtout développée en Allemagne. Elle a donc ciblé son appareil sur un site marchand germanique en se faisant traduire les textes par l’ami prof d’allemand d’un membre de sa famille. Elle a comparé les prix, lu les critiques et commandé son appareil.

Je lui ai donné quelques conseils, et une excellente référence sur le sujet, le site d’Agnès Pelladeau, AVK Control (j’en avais déjà parlé ici). La HAS a par ailleurs publié en 2009 une très bonne synthèse sur le sujet.

Il ne faudrait pas que les patients aient peur de nous parler de leur quête d’indépendance. Car c’est finalement de cela qu’il s’agit. Certains patients veulent chercher des informations, voire des prises en charge, par eux-même, sans passer par leurs professionnels de santé. Parfois, nous nous conduisons a contrario en parents sur-protecteurs en interdisant à nos patients d’aller explorer le vaste monde par eux-mêmes, ou, ce qui revient au même, en leur faisant peur. Et eux se conduisent en gamins qui ont fait l’école buissonnière ou une connerie et n’osent pas le dire. J’emploie cette analogie parents/médecins et enfants/patients à dessein car bien que je m’y sois toujours opposé, c’est exactement ça. Et chacun joue parfaitement son rôle, même à son corps défendant…

Finalement, la santé 2.0, le e-patient et toutes ces nouveautés qui font les choux gras des organisateurs de congrès et des administrateurs de sites santé ne sont que la transposition d’un schéma ultra-classique.

Reste que le problème est quotidien et d’autant plus insoluble qu’il est atavique. 

Nous devons conseiller nos patients, pas leur ordonner, leur montrer les pièges, pas les faire disparaître, leur donner des outils, pas les produits finis, voire, niveau supérieur, les responsabiliser en stimulant leur désir d’indépendance.