Le drame pakistanais

C’est loin, le Pakistan.

Mais le sort des patients cardiaques décédés là-bas à cause d’une probable contamination de médicaments génériques distribués gratuitement aux défavorisés ne peut être que poignant.

L’enquête est en cours, mais on suspecte une intoxication aux métaux lourds. Les patients cardiaques meurent de pancytopénie, super.

Tous les ingrédients des catastrophes sanitaires sont présents: dérégulation de l’industrie pharmaceutique (l’autorégulation, ça les fait bien rire, là-bas aussi), recherche des profits maximaux, absence de contrôle sur l’ensemble de la chaîne de production, peut-être une pointe de corruption.

Bref, un drame.

Les molécules en cause sont ubiquitaires en cardiologie: aspirine, simvastatine, clopidogrel, amlodipine, ce qui explique l’étendue du désastre, pas loin de 100 morts.

Pour en savoir plus, il faut aller fureter dans les médias locaux ou Al Jazeera, ici, on s’en fout un peu.

Une exception notable, Shelley Wood, de theheart.org qui elle aussi a été remuée par cette histoire:

https://twitter.com/#!/ShelleyWood2/status/162665955703525376

Autres sources:

Sue Hughes. Contaminated cardiac drugs kill more than 100 in Pakistan . theheart.org. [Clinical Conditions > Clinical cardiology > Clinical cardiology]; Jan 27, 2012. Accessed at http://www.theheart.org/article/1344831.do on Jan 29, 2012

(J’adore l’intervention du syndicat pakistanais de l’industrie pharmaceutique)

FIA orders arrest of pharmacist, store keeper for selling fake medicines. The Daily Times. Sunday, January 29, 2012

Toujours prêt!

C’est une histoire que j’ai déjà rapidement racontée sur Twitter (pléonasme) mais je crois que ça vaut le coup de me répéter.

J’ai croisé un très gentil monsieur d’un certain âge qui voulait être « toujours prêt le matin ». Attention, soyons bien clairs, il n’avait pas de problème du tout, mais il voulait quand même être « toujours prêt le matin ». Au cas où.

Il ne souhaitait pas non plus prendre un comprimé « juste avant » (même quelques heures).

Il voulait juste prendre un truc régulièrement pour être « toujours prêt le matin ».

Alors il est allé sur internet pour rechercher une pilule miraculeuse digne de St Servier.

Là, vous pouvez déjà toucher du bout du doigt, si j’ose dire, le paradoxe du patient. Il préfère prendre un truc bizarre déniché sur internet tous les jours plutôt que de prendre un médicament raisonnablement sûr, une fois avant d’honorer Madame, c’est à dire probablement pas très souvent.

Oui, mais, il voulait juste prendre un truc régulièrement pour être « toujours prêt le matin »…

Rien que cela montre la quasi inutilité des messages de prévention que l’industrie pharmaceutique et les professionnels de santé font passer très régulièrement sur les risques à avaler des pilules achetées sur internet.

Ces messages s’adressent au cerveau, il faudrait qu’ils s’adressent au roi Kiki, qui s’assied sur la rationalité et le bon sens (belle image, non?).

Le patient (à l’époque il n’en était pas encore un) n’a pas mis bien longtemps avant de googler ça:

Kiki ne s’est pas mis à être du matin pour autant, mais le patient a présenté une fatigue grandissante et des douleurs un peu diffuses. Il a néanmoins continué à prendre consciencieusement ses pilules pendant 6 mois.

Second paradoxe du patient, il aurait présenté un dixième de ces effets secondaires, quarante-trois secondes après la première prise d’un médicament qui lui prolongerait la vie, il se serait rué le lendemain matin même au cabinet afin de le faire arrêter sur-le-champ (et il aurait jeté un sort à son médecin avec un regard mauvais, tout en crachant par terre).

Mais Kiki commande et fait accepter beaucoup de choses.  

Puis il a fait une embolie pulmonaire (le patient, pas Kiki), et a failli en mourir. Pire, il a failli survivre avec des séquelles terribles. Ben finalement non, il s’en sort comme un charme.

A force de se les toucher, il s’est mis à avoir de la chance.

Je ne sais absolument pas si il y a un lien de causalité entre la prise de ces pilules et l’embolie pulmonaire, ni même ce qu’elles contenaient effectivement. Je présume (et j’espère) que le centre qui l’a pris en charge initialement s’est chargé de les faire analyser.

Si tu achètes des pilules sur internet, ton kiki, y risque de se paralyser, de devenir tout froid, puis de tomber!

C’est clair, là ??