African scam

Hier, j’ai aussi regardé cette émission sur les escroqueries sur internet: gains faramineux au loto, transfert d’argent, héritage colossal, et extorsion par un amoureux du bout du monde.

Nous avons tous reçu ces messages sur nos boites électroniques.

J’en ai déjà parlé de nombreuses fois ( ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici), et le NYT leur avait consacré un petit article en 2007.

Cette escroquerie est donc presque aussi vieille que le monde et la ficelle semble énorme.

Le reportage a l’immense intérêt de pouvoir écouter le témoignage de victimes qui ont perdu parfois des sommes énormes, ainsi que leurs illusions quand elles pensaient avoir trouvé le grand amour. J’ai été effaré par l’importance de la fraude que j’avais totalement sous-estimée Un gendarme en poste à Abidjan reçoit environ une dizaine d’appels de plaignants par jour, c’est à dire probablement une infime part de tous ceux qui ont été escroqués.

L’émission montre aussi les fraudeurs, souvent jeunes et qui œuvrent presque à visage découvert et avec une quasi impunité, tant les moyens de la police ivoirienne sont dérisoires : il n’y a pas de connexion internet à la section cyber-criminalité de la police ivoirienne !  La scène de la descente de police dans un cybercafé est énorme. Le commissaire de police n’a de toute évidence qu’une connaissance très lointaine d’internet, et il est obligé de se faire guider par les jeunes qu’il est en train de contrôler!

Le credo des arnaqueurs est simple: le blanc est un poulet gras qu’il faut plumer sans scrupules, pour ensuite claquer l’argent en vêtements et dans les boites d’Abidjan. Leurs supposés gains quotidiens sont assez impressionnants. Il récupèrent l’argent sans trop de problèmes en graissant la patte d’employés locaux des sociétés qui gèrent les transferts d’argent internationaux.

Le reportage se termine en décrivant l’activité des croques escrocs qui contrecarrent l’activité des cyber-criminels en inactivant leurs boites électroniques, ou en leur faisant perdre leur temps à ferrer de fausses victimes. Pour cela, les croques escrocs créent de faux fac-similés de papiers d’identité, tout comme les cyber-arnaqueurs. J’ai trouvé ce bras de fer virtuel entre anciennes victimes et escrocs assez impressionnant du fait de l’utilisation des mêmes techniques. Œil pour œil, dent pour dent, cela me semble juste, même si c’est a priori illégal.

Bref, un reportage très intéressant qui m’a fait découvrir des tas de choses sur une escroquerie que je pensais pourtant bien connaître. De toute évidence, ce ne sont pas les autorités locales qui empêcheront quoique ce soit, et bien entendu, les autorités françaises ont peu de pouvoir.

Le moyen principal de lutte reste donc la prévention et l’information.

Pour mémoire, le site du Ministère de l’Intérieur.

L’homme fait Dieu

Hier au soir, j’ai regardé l’émission « Faut pas rêver » avec Laurent Bignolas.

Dans la série de reportages, celui concernant le culte du cargo m’a fasciné.

Le culte du cargo qui est pratiqué au Vanuatu a pour divinité John Frum, un homme blanc que les anciens affirment avoir rencontré, mais dont la description physique varie selon les récits.

Il est arrivé un jour dans un grand bateau, et a apporté d’immenses richesses. Il a aussi dit aux peuples du Vanuatu de reprendre leurs traditions qui étaient laminées par les missionnaires anglais et français, car à l’époque, le Vanuatu se nommait Nouvelles-Hébrides, et était un condominium franco-anglais.

Puis il est reparti en disant qu’il reviendrait.

Depuis, les adeptes de ce culte l’attendent au sens propre comme le messie.

Il semble en fait que ce dieu homme blanc à l’aspect si variable soit une déification des GIs débarqués aux Nouvelles-Hébrides durant la seconde guerre mondiale avec toute l’intendance de l’armée américaine. Imaginez comme cela a du être impressionnant pour les insulaires de l’époque!

PhotobucketSource.

Le nom John Frum viendrait de « John from (America) »: « Je suis John, d’Amérique« .

La croix rouge, vénérée comme symbole principal de ce culte viendrait des croix rouges du service de santé de l’armée américaine. Il vénèrent aussi le drapeau américain et construisent des avions en bois, représentations des véhicules célestes de John Frum. Certains adeptes s’habillent avec un semblant d’uniforme de GI.

PhotobucketSource.

Au fil du temps, au Vanuatu et ailleurs le choc originel des cultures s’est modifié, s’est nourri d’autres influences et a évolué vers de véritables cultes avec ses symboles, ses divinités…

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Pour en savoir plus:

– Article « John Frum » et « Cargo Cult » de Wikipédia.

-« In John they trust« , un article du Smithsonian.

-« For us, America is very good, says cult leader« , un article du Telegraph.

-« Cargo cult lives on in South Pacific« , un article sur BBC news.

– Deux vidéos sur Youtube: 1/2 et 2/2.