La tête sur les épaules.

Hier, la journée a été mouvementée et baroque et j’ai eu du mal à garder la tête sur les épaules.

Le matin, à l’hôpital, un monsieur d’un certain âge râle car je ne le prend pas assez rapidement pour un doppler. absolument non urgent. En fait, il n’a pas de rendez-vous, il s’est pointé comme une fleur à la consultation et il fulmine car il doit attendre la fin du programme. On lui explique gentiment. Il  insiste en arguant que sa femme « qui est dans le plâtre » l’attend dans le hall de l’hôpital. Il refuse d’attendre les 30 minutes que je lui annonce et s’en va avec un rendez-vous avec moi la semaine prochaine.

Je retourne dans ma salle d’examen, ce sont les infirmières qui me racontent la suite. Une dame apparemment en pleine santé arrive et demande si son mari, le monsieur en question, a passé son examen. Les infirmières lui répondent que non, car il était pressé car sa pauvre épouse attendait dans le plâtre. Grosse gène de cette dernière.

La semaine prochaine, je me les paye tous les deux. Gentiment, avec le sourire, et avec respect, mais à la Dr House.

L’après-midi, je vois en consultation un monsieur corse avec un dossier de 3 cm de haut, qui voulait que je décide si il fallait le ponter ou le dilater avec des stents. C’est une histoire corse, typique. Une prise en charge cardiologique exotique, qui aboutit à une situation bloquée, et un patient désemparé qui fait fonctionner le réseau corse: il a dîné un soir avec un chirurgien dont l’épouse est du même village, et « une personne » du service du chirurgien a appelé pour obtenir une consultation rapide. Le problème est qu’il aurait dû se retrouver en face d’un chirurgien, et pas d’un cardiologue non interventionnel. De plus, il est venu de Corse pour ça et repart dans la soirée. Le réseau corse est rapide, contrairement à l’image que l’on s’en fait, mais il est comme la télétransportation dans Star-Trek,  parfois, on n’arrive pas à l’endroit désiré, pas au moment voulu, voire pas dans le même état moléculaire.

Beam me up, Ange-Dominique.

Je lui ai dit qu’il a encore eu de la chance de ne pas tomber sur un proctologue (Faites « A »). J’appelle un copain chirurgien cardiaque, on regarde le film de coronarographie dans la foulée, il faut en effet le ponter. Ce sera fait en début d’année prochaine.

Au CHU, il y a plein de gens brillants, habiles et gentils, dont la valeur contrebalance le bordel colossal qui y règne. Je suis de plus en plus persuadé qu’une partie non négligeable de la valeur d’un médecin est basée sur la qualité de sa liste de contacts sur son téléphone portable. Je ne suis pas persuadé d’être un bon médecin, mais j’ai l’immense chance d’avoir un excellent carnet d’adresses.

Après, ça se corse, si j’ose dire, je vois une famille de réfugiés serbes. En fait, le père qui a fait un infarctus à Belgrade où il s’est pris 3 stents. Je suis étonné, pas tellement parce qu’il s’est pris du métal dans le buffet en Serbie, mais parce que je n’imaginais pas qu’ils avaient de la cardiologie interventionnelle là-bas. Pis encore, il s’est pris 5 stents de moins que le patient corse en Corse. Moralité, en Serbie, ça défouraille moins que dans le sud de la France. Pas reluisant.

Pour ceux qui se lamentent sur notre prise en charge des réfugiés, celle de cette famille est exemplaire. Aucun d’eux ne parlait français, mais ils étaient accompagnés d’une traductrice qui effectue à leur place toutes les démarches/prise de rendez-vous. Respect.

Entre deux consultations, j’apprends que l’on a débité sur mon compte professionnel une importante somme d’argent. La banque m’a appelé 3 fois en 1 heure. Ils ont l’air embêté. Pas tant que moi.

Je vois aussi une charmante dame qui habite dans un coin un peu reculé. Elle me raconte que son cardiologue a « disparu » sans trop laisser de traces. Le nom du village m’a rappelé une histoire datant d’il y a quelques années. A l’époque, « on » (encore un réseau) m’avait proposé de prendre la succession un cardiologue qui venait de se tuer au cours d’un accident de voiture. Sa mort avait été précédée du suicide de son associé. Le cabinet, drainant une zone géographique considérable est une véritable mine d’or, et probablement aussi de médecine, car là où il n’y a pas de médecin, on voit en général des choses passionnantes. J’avais poliment décliné, l’énorme chiffre d’affaire ne compensant pas dans mon esprit la vie difficile d’un médecin-forçat. Je n’ai pas envie de me retrouver en fin de vie avec des lauriers de cendre. J’avais aussi été un peu refroidi par ces deux disparitions successives. Celle que m’a apprise hier cette gentille patiente serait donc la troisième, puisqu’il s’agit du même cabinet!

Uhmmm, cette histoire me rappelle pas mal « l’Île aux 30 cercueils« , feuilleton qui a aussi terrorisé toute mon enfance. Je crois que j’ai bien fait de refuser cette proposition…

Retour à la maison.

Une super bonne nouvelle vient égayer cette journée (mais pas de la banque).

Puis dans la soirée, je me suis mis un peu plus sérieusement à Google Wave avec l’incomparable Nine et un geek, un vrai (pas comme Nine et moi). Le problème c’est que le geek travaillait sur un EeePC.

Google Wave sur EeePC, c’est un peu comme d’essayer de courir les 24 heures du Mans avec une voiture à pédales.

Quelques réflexions basées sur une expérience de 3 heures:

  • C’est pas ergonomique ni intuitif pour un sou, et plutôt lent quand on commence à utiliser plusieurs extensions à la fois (mais comme me l’a fait remarquer le geek, c’est un « beta-testing sur invitation »).

Photobucket

(Google Wave, c’est en bas)

  • S’en servir comme d’un logiciel de chat comme WLM n’apporte rien de plus, plutôt moins.
  • Il faut être plus de deux sur une wave pour commencer à entrevoir un intérêt à la chose.
  • Ce sont les extensions qui vont en faire la valeur en permettant un travail collaboratif (GoogleMap modifiables, graphiques statistiques, sondages…). D’autant plus que le système est ouvert et que les développeurs s’en donnent déjà à cœur joie.
  • Il ne faut pas se détourner de ce bouzin lourdaud sur une première mauvaise impression, Wait and See.

Invitations Google Wave

J’ai 7 invitations Google Wave pour ceux qui sont intéressés.

Pour les demander, deux conditions:

  • Avoir commenté au moins une fois sur Grange Blanche (tant pis pour les grands timides!).
  • Me contacter directement sur ma messagerie électronique habituelle, et pas via les commentaires.

 

Twitter, combien de divisions? (2)

De plus en plus d’informations que je trouve « intéressantes » proviennent des quelques 40 comptes Twitter que je suis.

Au début, je ne voyais aucun intérêt à ce système de microblogging, puis, en sélectionnant ces fameux comptes, je me suis rendu compte que j’avais mis en place, sans m’en rendre apercevoir, une veille sanitaire particulièrement efficace.

D’un point de vue quantitatif, puisque ces 40 comptes en drainent eux-même des dizaines, voire des centaines d’autres et que leurs auteurs en extraient les tweets les plus intéressants grâce au système du re-tweet (RT).

Choisir des personnes qui ont les même points d’intérêts que vous, augmente sensiblement la chance de tomber sur des RT utiles/intéressants.

La nécessaire concision des tweets permet par ailleurs aux utilisateurs de tweeter parfois jusqu’à 10 fois par jour.

En conséquence, la masse d’informations ainsi drainée en devient presque handicapante. D’où l’intérêt, encore une fois, de bien choisir les comptes suivis.

Ma cette veille est aussi assez remarquable d’un point de vue qualitatif.

Au départ, je suivais donc des « particuliers » ou des sites d’informations médicales, , de journaux scientifiques ou non, puis je me suis rendu compte que des institutions comme la NHS, la FDA, l’AHA, l’ESC… avaient elles-aussi leur compte twitter. Cette mixité a l’avantage de combiner le point de vue « officiel », et la plus value apportée par les commentaires de cette même information.

Bien entendu, cela sous-entend que Twitter n’a de valeur que par les liens qu’il permet de découvrir.

D’un autre côté, savoir que untel s’est fait exploser un comédon devant la glace ne m’a jamais intéressé, même si il s’agit du comédon d’une célébrité plus ou moins auto proclamée.

J’utilise donc plutôt Twitter comme une antenne réceptrice que je braque vers la toile qui m’intéresse. Cette antenne me semble plus maniable qu’un agrégateur de flux RSS. En tout cas, ces deux types de veille sont très complémentaires.

Pour m’amuser à connecter des réseaux sociaux entre eux, plus que par utilité, j’ai couplé à mon compte ce blog dont chaque nouvelle note est signalée automatiquement par un tweet et mon compte Delicious.

Le chien a encore vomi sur la banquette arrière!

La division produits vétérinaires de Pfizer a lancé sur la toile une campagne de communication efficace (car elle fait parler d’elle) pour le Cerenia®, son anti vomitif maison pour les chiens atteints du mal des transports.

Elle a notamment envoyé un message électronique aux auteurs du WSJ’s Health Blog, ventant les mérites d’emmener son chien pour les vacances de Thankgiving car l’animal favori de la famille va aider cette dernière à évacuer le stress engendré par des conditions économiques actuelles difficiles.

Le chien anti stress en pleine récession, il fallait y penser!

Et tant pis si le toutou déteste voyager, car ça le perturbe dans ses petites habitudes, qu’il ne peut plus renifler le derrière de la jolie chihuahua de la voisine, et qu’en plus ça lui donne une nausée de tous les diables…

Le problème est qu’un chien sur six dégueule (pour le coup, le terme est tout à fait correct) de partout dans la voiture, ça fait quand même 7.2 millions de grosses catastrophes à éponger, simplement aux EU.

D’où le Cerenia®.

D’où les 7 conseils suivants:

1. Start the conversation. Ask the host of your family holiday celebration if you can bring your dog. Be sure to check if other guests may be bringing pets or are allergic to animals.

2. Reassure your host that you have a plan to manage your dog’s holiday visit. Review the American Veterinary Medical Association tips on Traveling with Your Pet.

3. Help make your dog – and your host – comfy. Your dog may need a break from playtime. Think about bringing a gate, crate, or comfortable bed. If using your host’s backyard, be sure the area is properly fenced and secure.

4. Bring on the Food! But make sure it’s your dog’s own food. Review the American Kennel Club’s holiday safety tips as certain food or plants your dog might find during the holidays can be harmful.

5. Be responsible. Some relatives or friends may not be comfortable around your dog. Keep an eye on your dog to ensure your dog’s interactions with others stay positive. Some children may not know how to safely play with your dog.

6. Before you travel, talk with your veterinarian. Make sure your dog’s vaccines, paperwork and dog tags are up-to-date. Be sure to ask about flea control, heartworm prevention and canine motion sickness medication like CERENIA™ that is non-sedating and easy-to-administer when traveling this holiday season.

7. Share your experience with others. Go to http://www.Twitter/DogOnBoard to share thoughts on how you and your dog enjoyed this year’s family holiday celebration.

 

 D’où, donc  un superbe compte Twitter.

Ce monde est merveilleux.

D’ailleurs, grâce à Twitter (l’excellent DrVes), j’ai aussi découvert ce cliché sur le superbe blog Iconic Photos.

 

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Jabob Goldstein. Why Pfizer Wants You to Take Your Dog Home for Thanksgiving. The WSJ’s Health Blog. November 19, 2009.