Sondage HONcode

Je mets en ligne ce petit sondage pour une (peut-être) future note. Durée du sondage=24 heures

Q1

Q2

Q3

 

La fin du stéthoscope

Le stéthoscope, instrument de mon cœur a 200 ans cette année. Vous trouverez ici le texte fondateur « De l’auscultation médiate » de RTH Laennec.

Chaque année, ou presque, quelqu’un, souvent un fabricant d’échographie portable d’ailleurs, comme c’est curieux, prédit la fin de l’utilisation de cet outil:

Pour les 200 ans, les défenseurs du stéthoscope ont fait feu de tout bois:

Je me suis dit que j’allais écrire quelque chose sur ce sujet qui m’est cher, d’autant plus que mon propre stéthoscope montre des signes de fatigue.

stethoPetite parenthèse, à partir du jour ou j’ai découvert que le tuyau de mon stétho commençait à se fissurer, pas un jour ne s’est passé sans que je lise des articles sur les stéthoscopes, le hasard est parfois étonnant… Fin de la parenthèse.

Je me suis quand même demandé si je n’avais pas déjà écrit quelque chose sur ce sujet, et en effet…

 Oups, je n’ai vraiment plus rien à dire, pire, je tourne en boucle comme Dory le poisson-chirurgien.

Étant donné le prix stupéfiant d’une tubulure Littmann (ils abusent), je me suis demandé si je n’allais pas passer au stétho électronique. J’ai initialement pensé au 3200 de Littmann. Le prix est bien plus stupéfiant qu’une bête tubulure, mais je n’ai jamais dit que l’excuse d’un changement de pièce détachée pour carrément s’acheter un gadget médical était robuste… J’ai un peu musardé et je suis tombé sur ce qui paraissait être une merveille, l’iPhone des stéthoscopes: le Thinklabs One.

Cette revue, très bien faite, m’a finalement dissuadé d’acheter l’un et l’autre:

Quel intérêt d’acheter très cher une technologie qui va me faire plaisir, mais ne va absolument pas modifier ma prise en charge? Quand j’entends un souffle, je jette un coup d’œil d’écho. Ce n’est certainement pas un stétho électronique qui va me permettre de m’en dispenser. Si je savais écouter un souffle, au lieu de l’entendre, cela se justifierai peut-être, et encore…

Cet article résume bien le problème.

Pour être complet, des problèmes de fiabilité et de mauvaise filtration des bruits m’ont aussi dissuadé.

 J’ai donc sagement commandé ma tubulure de rechange.

On verra dans quelques années si le Thinklabs Two est sorti…

😉

Ubérisation de la santé et deuxième avis médical – LC I-11Janvier 2016

Le Grand Secret.

La note de l’excellent Jean-Daniel Flaysakier sur le deuxième avis m’a donné à réfléchir.

Jean-Daniel l’a écrit, je l’ai aussi écrit, mais ça va mieux en le re-disant, il important que tout patient puisse avoir accès à un deuxième avis, de lui même, ou par le biais de son médecin traitant, généraliste ou spécialiste.

Je propose assez spontanément à mes patients, dans les cas difficiles d’aller demander un deuxième avis ailleurs. Je propose des noms, et je ne m’offusque pas si le patient veut aller voir quelqu’un d’autre.

La seule vraie question est de savoir qui aller voir.

Première réponse pertinente, les copains qui font du bon boulot, dans le privé ou le public. Je dis toujours aux patients que la qualité d’un médecin est certes intrinsèque, mais aussi largement dépendante de ses contacts sur son iPhone. Posons l’hypothèse que je sois un bon cardio (uhmm). Je diagnostique une sténose iliaque, parfait. Mais si je l’adresse à un boucher, le patient sera mal pris en charge et in fine je n’aurai pas fait mieux que le pire des cardios de la ville qui n’aura peut-être pas fait le diagnostic: certes, le patient claudiquera toujours, mais il aura toujours ses deux jambes. En vrai, j’ai de la chance, je connais un chirurgien vasculaire fabuleux.

 Deuxième réponse, plus généralisable, et c’est là qu’est mon secret.

(suspens)

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(hihihi)

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(point trop n’en faut…)

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Allez voir, ou adressez votre patient à un Assistant des Hôpitaux au CHU.

Voilà, c’est tout.

Cet assistant est en général un jeune qui en veut, choisi par son patron, qui deviendra un praticien du privé, ou en CHG/CHU ou un agrégé (voyez comme je ménage bien la chèvre et le choux). Il ne pratique pas de dépassement d’honoraires, et le délai d’attente n’est en général pas professoral. Certains vont me dire qu’il est « encore » en formation, et que seul un grand professeur peut gérer tel ou tel cas. Certes, mais devinez vers qui va se tourner votre Assistant si le cas le nécessite (et si il n’est pas trop con, car il y en a quand même, parmi les assistants…)? Vers le Professeur et le reste de l’équipe!

Autre chose très importante à comprendre, mais ça, les start-ups qui veulent tondre les patients ne le disent pas: un patient grave/délicat doit être pris en charge par une équipe, non pas par un expert isolé. La Médecine de maintenant est pour une immense part un travail d’équipe multidisciplinaire. Fini le temps du médecin démiurge qui par sa seule compétence soignait le patient grave monothéiste.

Vive le polythéisme!