Interchangeables

J’ai emprunté ce titre à une note de l’ami néphro puisque je me retrouve dans sa situation. J’arrête donc ma vacation au CHU après, pfff… une bonne dizaine d’années de bons et loyaux services.

J’ai bien lu sa note, qui m’a beaucoup touchée, et qui est tellement vraie, mais je n’ai pas eu le courage de dire à mes patients que je m’en allais.

C’est trop difficile.

J’ai été lâche et j’ai demandé aux soignants de la porte 6 de faire le sale boulot à ma place. Un des patients de ce matin m’a apporté une bouteille de Champagne et m’a souhaité bonne chance. Du Champagne, c’est la version moderne des 30 deniers, elle me nargue maintenant sur ma table de consultation.

J’ai été moins lâche avec les confrères, je leur ai envoyé un petit message pour leur dire que je partais. Travailler ensemble avec eux me manquera.

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Je pars sans aucune amertume, le CHU reste, et restera encore longtemps, je l’espère de tout cœur, le meilleur endroit pour se faire soigner et soigner.

Le spectacle continue, je serai remplacé et oublié, mais mes patients, qui ne sont pas interchangeables, me manqueront. Ils me manqueront individuellement et dans leur globalité.

Mon exercice va s’embourgeoiser, un peu comme moi. Je ne verrai plus de sans-papiers ou de malades du HIV.

J’espère ne pas oublier leurs histoires, j’espère ne pas perdre mon identité.

Petite musique de nuit

Cette nuit, un voisin s’est fait fracturer sa voiture. Les auteurs, particulièrement taquins et/ou fins mélomanes ont mis la radio à fond avant de se barrer en scooter.

Une douce et majestueuse mélodie s’est alors puissamment élevée dans la pas-encore chaude nuit phocéenne.

Des volets se sont ouverts et d’autres voisins sont allés réveiller les heureux propriétaires qui ignoraient posséder une boîte de nuit ambulante maintenant ouverte à tous les vents et diffusant du Radio Classique vers la voûte étoilée.

J’ai bien aimé le réveil. Je me suis même dit, à demi endormi, que je jouais très bien de la musique dans mes rêves.

Je pensais que c’était du Haydn. Puis après quelques recherches, j’ai retrouvé la référence, c’était le deuxième mouvement de la Symphonie n° 41 de Mozart:

Quel sera le programme musical de ce soir? Si c’est ma voiture que l’on fracture, ce sera du FAUVE≠. La programmation musicale du festival phocéen de vol à la roulotte est donc très éclectique cette année.

Conduis à l’oreille!

C’était l’objurgation (je n’avais jamais écrit ce mot avant) bougonne de mon grand-père quand il m’a donné mes premières leçons de conduite.

Conduis à l’oreille! Ne regarde pas le compte-tours, passe tes vitesses en fonction du bruit du moteur…

J’ai retenu ses leçons et j’ai toujours essayé de conduire en visant le bruit de moteur le plus harmonieux. Une conduite auscultatoire, en somme. Je déteste les sur et sous-régimes et me mords la lèvre quand je passe une vitesse trop tôt ou trop tard.

À part ça, j’ai toujours eu de petites urbaines (une Corsa puis plusieurs Yaris) et je considère la voiture comme purement utilitaire pour aller d’un point A à un point B.

Le concept de voiture hybride m’a toujours plu d’un point de vue théorique, pas tellement pour ses intérêts écologiques ou économiques. Mais la Prius de Toyota qui fut une pionnière me semblait démesurée pour une utilisation urbaine et par rapport à mes voitures précédentes. Faire un long tour dans la Prius de celui-qui-se-reconnaîtra et en parler avec lui (merci+++) m’a conforté dans l’idée que le système hybride était souple, et permettait une conduite agréable. Mais que en effet cette voiture est un paquebot.

Puis Toyota a sorti une Yaris Hybride.

J’ai sauté sur l’occasion et je l’ai commandée, sans lire les essais, ni même l’essayer. Ça, c’est de la confiance! Bon, d’un autre côté, Toyota, c’est pas le grand saut dans le vide…

Depuis que je l’ai récupérée, j’ai lu et ce matin je l’ai essayée tranquillement.

D’abord les essais des professionnels de la profession:

Ces essais largement concordants me semblent intéressants, même si je ne suis pas d’accord sur quelques points.

Commençons par le plus simple. Sur autoroute, c’est une voiture « normale ». Elle n’est pas particulièrement silencieuse, comme toutes les Yaris (qui ne sont pas de grandes routières…), mais n’est pas poussive comme je l’avais craint. Passer aux péages, ou faire la queue pour y passer y devient presque un plaisir, j’y reviendrai. Donc, très bonne surprise.

Sur les petites routes des Alpilles, elle peine un peu en montée. Par ailleurs, le moteur fait le fameux bruit que certains ont comparé à une machine à café en grains, qui pour moi est plutôt turbinoïde, quand on appuie un peu sur l’accélérateur pour faire avancer la bête.

Dans les petits villages, comme Mouriès, la conduite est un délice. La voiture avance à 30 ou 50 en émettant seulement le bruit de ses pneus. On profite du paysage tout en détaillant les harmonies subtiles de The Boxer de Paul Simon. En fin de village, petite accélération pour atteindre les 90, bruit turbinoïde. Une fois que la vitesse est stabilisée, le bruit disparaît.

Ce bruit n’est pas assourdissant comme je l’ai lu dans certaines critiques. Mais il est dysharmonieux, c’est pour cela que j’ai évoqué mon grand-père en début de note. Et malheureusement pour lui (le bruit, pas mon grand-père), il se remarque car il fait suite au silence de la motorisation électrique. C’est pas de chance, ce bruit pas très agréable est de faible intensité, mais il est monté en épingle (à cheveux) par le silence qui le précède.

En ville, la conduite est aussi agréable que dans les petits villages, mais comme la vitesse est limitée à 50, le bruit est très limité. La grande force de cette voiture est dans les embouteillages en ville ou avant un péage d’autoroute. Cul contre cul, la motorisation est exclusivement électrique. Pas d’embrayage, un frein, un accélérateur, un confort de conduite incroyable, consommation d’essence nulle, le rêve.

Je ne me suis pas encore intéressé à ma consommation en ville. Ce matin, entre Les Baux et Marseille intra-muros, 86 km (autoroute surtout, un peu de petites routes et de ville), 5l/100km avec la clim et en déconnectant le Mode Eco.

L’intérieur, notamment les compteurs surlignés de lumière bleue, est très très sympa (mais j’adore le bleu). La caméra de recul est parfaite.

L’écran tactile est à des années lumières d’un iPad en terme de qualité d’image, de toucher et d’ergonomie intuitive, mais bon, il fait son boulot honnêtement. La clim est nettement meilleure que celle de ma précédente Yaris.

Beaucoup critiquent la qualité des plastiques. C’est une Yaris, pas une Golf, et le prix payé l’est pour la motorisation hybride, pas pour les plastiques. Néanmoins, je trouve l’ensemble de bonne qualité, à l’exception notable de la fermeture de la boite à gants qui ne fait vraiment pas rêver. À quelque chose malheur est bon, l’incongruence de la fermeture permet de laisser passer le fil de connexion USB de mon iPhone.

Quelle idée aussi de mettre la connectique (port USB et prise jack) au fin fond de la boite à gants, qui plus est, sans gouttières de sortie??? Mouhahahahahahaha!

La carrosserie extérieure et ses lignes soignées sont superbes, surtout en robe noire.

Au total, absolument aucun regret, j’aime beaucoup ma nouvelle titine.

Le seul point noir est le bruit turbinoïde. Je ne parle pas du léger manque de punch qui est inhérent à la philosophie hybride. Il faut être zen pour la conduire avec plaisir.

Par contre, si j’ai un seul conseil, qui est un truisme, sauf pour moi qui suis parfois très irrationnel, essayez-la avant de l’acheter.

C’est le genre de modèle qui ne laisse pas indifférent, on peut facilement aimer ou détester.

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Petit ajout, Marseille intra muros avec ses côtes et ses pentes, c’est 5l/100 aussi:

Ah DéSoLé!

Depuis toujours j’ai un abonnement ADSL Orange, avec un forfait de mobile de la même société.

Depuis des années je suis satisfait.

Puis j’ai commis l’irréparable, j’ai écouté, pour être exact j’ai cédé aux demandes incessantes de mon épouse pour unifier ces deux abonnements, y adjoindre le dégroupage de notre ligne de téléphone fixe et en prime la TV d’Orange.

Cette merveille de tout en un s’appelle Orange Open.

Ça doit faire 3 semaines que j’ai donc demandé à jouir (vous verrez, le mot est faible) de ce service.

Premier truc bizarre, la migration nécessite la suspension du service ADSL pendant 10 jours. Même opérateur, même ligne téléphonique, mais 10 jours de migration quand même.

Au bout des 10 jours, et après avoir récupéré notre abonnement téléphonique de chez SFR, je me suis dit enfin, de retour sur internet.

Et bien non, l’ADSL ne fonctionnait toujours pas: ni internet, ni TV, ni téléphone fixe.

Je vous passe les détails, mais après 10 jours d’appels incessants, la visite de 2 techniciens, les partie de ping-pong endiablées entre service technique et service commercial, un diagnostic différent fait chaque jour, voire plusieurs diagnostics faits sur un seul jour, j’ai enfin pu récupérer à la maison un accès internet après bien 3 semaines.

On n’a ni téléphone fixe, ni Orange TV (mais je m’en fiche pour les deux), mais j’ai enfin internet, d’où mes billets sur Grange Blanche.

Moralité:

  • Ne jamais jamais jamais jamais écouter son épouse quand ça concerne internet. Ne faites même pas semblant d’écouter, c’est déjà trop.
  • Quand un truc marche, n’y touchez pas à moins vraiment que ça en vaille le risque.
  • Ne jamais penser qu’un truc apparemment simple le soit.
  • L’ADSL, c’est paranormal.
  • Orange a été en dessous de tout sur le coup.
  • Internet m’a vraiment manqué.