Anarchie murale

[Cette note n’est pas celle dont parle Jean-Daniel:

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– « Tu m’as pas dit pour le graffiti », me dit négligemment mon épouse en entrant dans la maison.

– « Quel graffiti? ».

– « Celui-là »!

anarchie– « Ah oui, ah oui, pfffffff! »

Première réaction de geek abonné à @PUautomne: merde, un Bansky, il va falloir faire garder mon mur!

Bansky en liberté à Marseille, ce serait possible. D’autant plus que l’absence de faute d’orthographe ou de grammaire semble indiquer une origine étrangère, au moins à la cité.

Mais Bansky est anglophone et son style est un peu plus… graphico-onirico-ironique (comme on dit en toute simplicité dans les galeries).

Quand même, ce français correct m’a vraiment surpris.

Alors je suis allé chercher cette phrase sur le net.

Et j’ai alors confirmé ce que le A entouré en haut et à gauche indiquait pourtant de manière évidente, mais ma culture anarchiste est totalement cachectique (Pour moi, un anarchiste est un type qui a un téléphone qui fonctionne sous Androïd):

Les anarchistes (Léo Ferré 1956)

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent

La plupart Espagnols allez savoir pourquoi

Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas

Les anarchistes

Ils ont tout ramassé

Des beignes et des pavés

Ils ont gueulé si fort

Qu’ils peuv’nt gueuler encor

Ils ont le cœoeur devant

Et leurs rêves au mitan

Et puis l’âme toute rongée

Par des foutues idées

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent

La plupart fils de rien ou bien fils de si peu

Qu’on ne les voit jamais que lorsqu’on a peur d’eux

Les anarchistes

Ils sont morts cent dix fois

Pour que dalle et pourquoi ?

Avec l’amour au poing

Sur la table ou sur rien

Avec l’air entêté

Qui fait le sang versé

Ils ont frappé si fort

Qu’ils peuv’nt frapper encor

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent

Et s’il faut commencer par les coups d’ pied au cul

Faudrait pas oublier qu’ ça descend dans la rue

Les anarchistes

Ils ont un drapeau noir

En berne sur l’Espoir

Et la mélancolie

Pour traîner dans la vie

Des couteaux pour trancher

Le pain de l’Amitié

Et des armes rouillées

Pour ne pas oublier

Qu’y’en a pas un sur cent et qu’ pourtant ils existent

Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous

Joyeux et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout

Par contre, le E entouré en bas, je cale… Des idées?

Bon bah, une phrase anarchiste du grand Léo sur un mur de cardiologue, ça me plait bien…

Et le graffiti?

Avec le temps…

Le bureau

Aujourd’hui, j’ai réinstallé mon grand bureau, un verre épais posé sur deux tréteaux de bois, acheté chez Habitat au début de mon internat dans une pièce qui sera désormais mon bureau.

bureau

J’ai essuyé les 11 ans de poussières qui s’étaient accumulées sur lui dans le garage.

Depuis 2003, faute de place dans la maison, je me contentais d’un coin de bureau, au sens propre du terme, bricolé astucieusement par les doigts d’or de mon beau-frère. Ce coin suffisait à peine à contenir mon PC et mes flots de paperasse. Il faut bien le dire, même si il m’a bien rendu service toutes ces années, je ne pouvais plus le voir ces derniers temps.

J’ai donc récupéré bien plus qu’une table en verre, une véritable pièce pas très lumineuse, mais qui abritera une bibliothèque qui recueillera elle-même tous mes bouquins, prisonniers eux aussi de cartons depuis 11 ans. Les pierres apparentes dorées des murs me rappellent la maison familiale dans le Dauphiné.

La technologie permet de s’affranchir de l’espace en permettant d’amener son bureau partout.

Au travail, mon bureau virtuel me suit entre deux cliniques, d’ordinateur en ordinateur. Je pourrais sans problème prescrire un traitement à des kilomètres de distance du lit du patient. D’ailleurs, je n’ai jamais examiné un patient autrement que dans un lieu commun. Je lis et réponds à mes messages électroniques sur tablette ou portable. Mes trois ou quatre agendas sont totalement dématérialisés.

A la maison, tout se synchronise avec le reste.

Ma bibliothèque s’est, elle aussi, en partie dissoute dans les nuages. Ce processus est allé au terme de sa logique pour mes livres de médecine. Le Stockley, le Hurst, le Martindale et des dizaines d’autres livres de référence sont à portée de doigt dans mon iPad. Et encore, je ne les balaye même pas du doigt. Le seul endroit où je consulte le Stockley est à l’ANSM, institution totalement imperméable aux réseaux (électromagnétiques). À vrai dire, à quoi bon avoir encore une bibliothèque de médecine chez soi ou au cabinet, hormis pour l’esthétisme? La science avance tous les jours et tout est sur internet. Ce qui était une marque de connaissance scientifique serait presque devenu une marque de sclérose, d’immobilisme.

Cabinet 70

Pourtant, si le fait de ne pas avoir de bureau durant toutes ces années m’a poussé dans les bras des nuages, je suis content de retrouver un espace à moi où le papier et la pierre vont côtoyer le virtuel.

A Playmobil’s Story

Les Vailloud, père et fils sont des fanatiques de Playmobil, ce n’est pas une nouveauté…

Il y a quelques mois, je leur ai fait voir une série de vidéos sur Youtube, un peu comme celle-ci:

Aujourd’hui, nous avons décidé de lancer notre propre production cinématographique 😉

Nous avons donc tourné 3 ou 4 scénettes.

Mais mes enfants sont exigeants, et ils ne se sont pas contenté d’en faire profiter le seul cercle familial. En digne fils de blogueurs, ils m’ont demandé de publier notre production sur Grange Blanche. Twitter ne leur a pas suffit…

J’espère que ça vous plaira; nous, nous nous sommes bien éclatés!

Le bétisier:


Daft Punk ft. Panda Bear – Doin’ It Right

La vie est pleine de connexions, de choses qui rentrent en résonance.

Un objet, et une histoire m’ont marqué aujourd’hui.

Un objet commun avec quelqu’un, à la fois fascinant et inquiétant, avec qui je n’avais justement rien de commun. Un objet, des ressentis communs, un bref instant de communion dont il restera nécessairement quelque chose.

Une histoire commune avec un patient. Autres âges, autres lieux, mais la même histoire, à un objet près, toujours le même. Très impressionnant d’entendre raconter sa vie par quelqu’un d’autre. Je crois que le patient a été aussi impressionné que moi.

Je commence à croire, comme Michel Tournier, que tout est lié, tout se réplique.

De façon statistiquement significative ? (merci @PotardDechaine)

If statistical significance is all you want, just increase your sample size.