J’ai donc suivi ma première leçon d’équitation hier.
J’avais besoin de me libérer l’esprit pendant quelques heures, et commencer quelque chose de nouveau. Et aussi faire un peu l’exercice que je conseille si libéralement à mes patients….
Mes enfants, notamment le cadet en font depuis des années, ils ont donc guidé mes premiers pas et aidé à préparer le cheval. Pour la première fois, ils ont endossé le rôle de passeur, et nous en étions tous très fiers. En parlant de partage, mon fils aîné m’a prêté ses affaires d’équitations, qui me vont très bien…
Finalement, dans cette histoire, ce qui me rebutait le plus, toute la préparation, est devenu un véritable plaisir de partage avec mes enfants et avec le cheval.
Un cheval, c’est quand même clairement pas serein comme animal… Et c’est aussi incroyablement puissant. D’où tout un tas de règles à respecter… Tant mieux, c’est ce que je recherche.
Second cours d’essai la semaine prochaine, après on verra, mais c’est bien parti pour que je suive les pas de mes enfants 😉
Aujourd’hui je suis allé à l’enterrement d’un de mes anciens co-internes, décédé dans des circonstances tragiques.
Nous avions le même âge. Comme je l’ai déjà écrit dans un tweet, c’était un chouette co-interne, un homme bien et un cardiologue très doué.
La cérémonie s’est déroulée dans le très impressionnant cimetière Saint-Pierre, véritable ville dans la ville. Les voitures circulent entre les tombes, les haies de cyprès et les différents carrés réservés. Certaines tombes sont de véritables mausolées ou oratoires plus ou moins décorés, d’autres sont de simples stèles. Quelques tombes, dans un style rocaille qui a eu sa vogue dans les années 20-30, se sont transformées avec le temps en récifs morts et lépreux. Memento mori dans le fond et la forme.
Dans ce cadre, j’ai rejoint une bonne partie de la cardiologie de la ville qui était venu se souvenir.
Nous avons reformés des groupes de co-internes, comme à la grande époque. En fait, chaque génération d’interne est une grande époque. L’Internat est une épopée permanente et il est un peu vain de penser que seule sa génération a marqué au fer rouge, ne serait-ce qu’un service.
Les cheveux se font fait plus rares, ou ont blanchi, ou sont devenus artificiels (comme les fleurs qui nous entouraient), les rides se sont creusées,… Mais nous sommes tous habillés comme des milords. Même nos inoubliables histoires de chasse sont devenues floues. Tu te souviens de… c’est quoi son nom? Non, pas vraiment…
Nous avons tous pu constater le passage du temps. Nous ne sommes pas encore assez âgés pour nous demander qui sera le prochain, mais ça viendra, aussi , en son temps.
Aujourd’hui, j’ai enterré un très chic type qui aurait bien rigolé de nous voir tous ainsi, et mes années d’internat.
WofT ou World of Tanks pour les non-intimes est une simulation de chars de combat massivement multijoueur. Jusqu’à présent, les petits et moi jouions sur la version tablette. Et c »était moyen…
Seul le grand s’accrochait et était capable de citer les différentes évolutions de son char.
Puis hier, nous avons découvert la version PC.
Et depuis, ce n’est plus la même chose…
Nous avons réparti trois postes clé: chef de char, artilleur et conducteur en alternance entre les 3 Vailloud, et ça fait des étincelles.
Ce jeu est immensément plus intense lorsque nous sommes à plusieurs à conduire le char: pilote à gauche, artilleur à droite et chef de char derrière (avec ou sans café).
Le jeu en lui même est gratuit, mais tout, absolument tout pousse à mettre la main au portefeuille. C’est un peu comme dans une secte: 10 niveaux de chars, de plus en plus difficiles à passer, sauf si on paye…
Mais en fait, si les « gros » chars nous attirent par instinct, on s’éclate vraiment bien avec les petits, que l’on peut améliorer en modifiant une foultitude de paramètres. Un petit char bien équipé est souvent bien plus redoutable et jouissif à conduire qu’un plus gros char mal équipé.
Pour vous donner une idée de la façon de jouer:
Ce matin, je me suis mis à crier sur mon grand car il bougeait le char chaque fois que j’essayais de viser un ennemi…
A tel point qu’il m’a dit: « Mais papa, ce n’est qu’un jeu… ».
Le monde inversé, d’habitude c’est moi qui leur dit ça chaque fois qu’un des deux boude car il a perdu. Le coup d’après, c’est lui qui m’a braillé dessus, et tout c’est terminé en fou rire (et notre char carbonisé…)
– « Tu m’as pas dit pour le graffiti », me dit négligemment mon épouse en entrant dans la maison.
– « Quel graffiti? ».
– « Celui-là »!
– « Ah oui, ah oui, pfffffff! »
Première réaction de geek abonné à @PUautomne: merde, un Bansky, il va falloir faire garder mon mur!
Bansky en liberté à Marseille, ce serait possible. D’autant plus que l’absence de faute d’orthographe ou de grammaire semble indiquer une origine étrangère, au moins à la cité.
Mais Bansky est anglophone et son style est un peu plus… graphico-onirico-ironique (comme on dit en toute simplicité dans les galeries).
Quand même, ce français correct m’a vraiment surpris.
Alors je suis allé chercher cette phrase sur le net.
Et j’ai alors confirmé ce que le A entouré en haut et à gauche indiquait pourtant de manière évidente, mais ma culture anarchiste est totalement cachectique (Pour moi, un anarchiste est un type qui a un téléphone qui fonctionne sous Androïd):
Les anarchistes (Léo Ferré 1956)
Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes
Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu’ils peuv’nt gueuler encor
Ils ont le coeur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l’âme toute rongée
Par des foutues idées
Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu’on ne les voit jamais que lorsqu’on a peur d’eux
Les anarchistes
Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l’amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l’air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu’ils peuv’nt frapper encor
Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s’il faut commencer par les coups d’ pied au cul
Faudrait pas oublier qu’ ça descend dans la rue
Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l’Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l’Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu’y’en a pas un sur cent et qu’ pourtant ils existent
Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
Par contre, le E entouré en bas, je cale… Des idées?
Bon bah, une phrase anarchiste du grand Léo sur un mur de cardiologue, ça me plait bien…